‹ Œuvres complètes de Massillon, evèque de Clermont (volume 5)Chapitre 31 sur 184 · INCERTITUDE DE LA VIE · texte numérisé non relu

INCERTITUDE DE LA VIE

X^ui vous a répondu que la mort viendra lentemeut^.et qu^ellelne fondr^; pas inopinément sur ,vous^ comme un Vaiitour cruel sur une proie tranquille et inattentive P D^où avez— vous appris que le Seigneur vous avertira de loin^ qu'ail en^ jverra toujours ^n auge pour vous préserver^ et qu^une chute soudaine^ un naufrage imprévu^ un édifice écroulé sous vo» pieds ^ un coup conduit par le hasard ., un lâche ennemi ^ un dômes* tique infidèle ^ et tant d^àutres accidens ^ ne couperont pas en un clin-d^odlle fil de votre vie , et ne vous précipiteroi^ pas dans Fabîme^ au milieu de vos plus beaux jours? Qui peut vous garantie

MfCERTIT-VOB DC LÀ Tlt* 6^

fu^iine révolution subite d^humenrs^ ne tous, fera pas expirer sur-le-champ entre les bra» de vo« amis et de vos proches , sans mettre ^ entre une santé parfaite et le tr^^, que le dernier soupir dWetvalle? Ces malheurs sont-ils irapoasibles^.? ces accidens soat-ils fort rares? s^est-41 passe une lenle année ^ un seul jour presque^ où Dieu ne TOUS ait averti par quelqu^'un de ces grands exem^ plesP les têtes les plus illustres en ont-eUe^ été à cittu^ert? Combien de fois vous est--ou venu annoncer avec alarme. : Un tel vient d^expirer au sortir de table ^ du jeu*, du crime quelquefois.? Le ministre de Jésus-Christ s*est présenté ^ maïs OQ n'a pu tirer du mourant aucun signe. Quelle consternation alors ! quels retours sur vous-même ! \quelles réflexions sur Tinconstance de la vie et de toutes les choses humaines ! quelles résolutions secrètes de prendre de loin vos mesures ^ de peur d'être surpris à vot^re tour î Ëtiez-vous alors imprudent ou trop timide ^ de craindre? Combien de (cas peut-être ces terrrîbles accidens sont-ils ; arrivés à vos yenx? et sans sortir de votre famille, a'*avez-vous pas eu là-dessus quelque leçon domestique ? Or , je vous demande , quels ont pu être les desseins de la miséricorde de Dieu , en vous ménageait des spectacles si èffrayans? IS^est- ce pas peut^tre de vous avertir que votre fin seroit semblable? Que sais-je » la disposition même de xotre tempérament ne vous laisse riea à craindre là-dessus^ si vous ne portiez pas déjà la mort dans le sein^ et si au premier jour yolre

6ft tvttiCrirviït éi la vfi^

fin soudaine et surprenante rië l'éj^ànîirâ pkÉ fe

deuil parmi n6ùs ^ et de fi>uf nifa pas^^ à' ceux qiu

m^écoufèût^ de gratldes^ m!aîs d'iriurtilés ré-

fiexîôniâ sur raâ>tis dtr xhôÀdè et de sël éspé^

iftiûces?

Quel est dofec Virt^e âvéugletilènt , de faîrfr

dépendre votre salùt éternel de la chci^è dii monde

dont vous pottvez moins; voUs répondre? Si Vou^

exemptiez sur lé succès de quiélque grande èûtréK

prise ^ k sagesse de \ds mesiiresy lé secours de

Vos aitti^ ou dë^Tôs^ sujets, '«être rang, Vos bîèt»'^

votre crédit y Vot'i^e puissancef, pômrroJéiif vô'ife

en répoitdre : diâîs Vous dottf^té^ ^î le feirip».

Eh ! qui peut' être ici Votre gàf-àtit?' WS ^tf Ui

jours éf lès amiëë^ d'épiéridënt-îls ? qui est celicfi

qui fait lever et couChér^ lé soïèîî sur nos't'êlés*?^

Gom^Uiandérei^rVoàs à cet àiti-e ,' côôimé éécheT

du peuple di^ fiieu' , de s'^ari'étîér ,' de j^rôlôfij*;»

4c jour dé vdtre vie^ p6ûr voté léfissèV lélèisir

â^achevér Itt' Victoire,' et de dompféf vi6^ ^assîdhs?

•lies titrés, fë rang,- là putssàfiibeNj tèê scéptrdj^

^ux4iiéniesy nous doiiheiitHrs difôît sur un seul

^é ubè momèns? ceux qui côm'ûian*âerit ai la ticrrè

^éuvéïir-ils répoiïdre d'*éttx-mémes poûif riusiaiit

qui suit ? N^est-ce pas ici du Dieu veut nous fa^re

seiitii* qn-il est le maître, quîl tient" nos destinées

Ctttre ses raaîns , et que noùs^^ sommes- bien peu

«xcusablès d'e nous atlacliifr avec taiit d'ardeur à

wri monde, aiiqnèr nous »esaurionsjainaîs tenir

que poiu" Tiustant prrsient, qui rî^est déjàf ^liè ?

O vous^ mou' Dîeii I qui seul' aVez

Il^CERTITUDE »E tA TiE« 69

bom^ à la vie de chacun de nous : tous qiii dès le ccmuneircement^ avez compté mes jour$^ comme mes cheveux ^ vous qui présidâtes i^i moment de ma naissance^ et qui dès-Icrs marquâtes sur mon front celpi de ma mort^ voi^s seul ^ Seigneur ^ qui avez écrit daQS le Kvre étemel les jours de n^on eidl et de mon pélerinagiQ^ vous seul voyez si je suis encore loin de ma coursq , ou si je touche déjà au terme fatal au delà du* quel est la mort et le jugement.

CARÊME^ II

La surprise de ce dernier jour^ que youâav^ à craindre^ n^est pas un de ces accidens raresr^ iimques ^ qui ne tombent que sur quelques mal* ieureusLyet qu^ii est. plus prudent de mépriser que de prévoir. Il ne sVgit pas ici ^; pour que la mort- yo^is surprenne ^ que la. foudre tombe sur vous^ que vous soyez ensevelis^ sous les ruines de vos palais ^ qu'un naufrage vous engloutisse sous les eaux ^ ni de tant d'autres malheurs^ que lei^r âiigularité rend pW l^erribles^ et cependant moios appréhendés : c^est. ùa m^heitr, familier^ il n^estpats de jo^ qui ne vous en foumi^e des exemples \ presque tous les hommes sont surpris de la mort ; tous Tout v^i^ approcher^ lorsqu'ils la miyoient encore loin ^ tous se disoient à eux^ mêmes ^ comme Fiosensé de TEvangile r Mof^ àme ^ reppsez'-vous ; vous avez du bien pour plusieurs années. Ainsi sont .morts vos proches , vos amis ^ tous ceux presque que vous avez, v^

j'o rTfci1i¥î¥t»È è* iÀ Vit.

mourir ; totï^ Votis 6tit laissé Votts-nk^me itôivié de ta prdmptîlude dfe leufr fiÉkùvt : Voàs eu avez diérché dést'aisons daiïs rimpVndeâce idki toakdé^ dans' l^fgtforaàoe de Y^tt , dàitâ lé choi^ dés remèdes ^ tnâië la hiëilleUrie et la âènlë, c'^ést que le jothr du Seigtiettr nètu iUhprétiid toujours. La terré est cbmttiè un Tâ&tè et^âi^p dé bkitàUfe où Vdà èil tèhs lés jbQrs à\ix privés tîVéb l'ènhéiiii : Vous eii êlw éorti heii:rèiisë!heniiftilj6ii5rd^litti^ maïs vous y avez vu j^érîr dès gens q^ ^e promiçttoient d^en is'ôktir comme vous : il faudra demain rentrer en lice ^ qui vous a dit que le sort , si bizarre t>our les autres, sera tôùj durs teottstamment heurteui pouf vbus seul? et ^uisqii''ehfki vOus devez y périr ^ ' étéS-^vem^ irdi^dnoàblé d\ * bâtir ttAé defaaéuré stable el pèriîiaiiénte ^ sUr le liéû ikiêmë dèstîiié'pèùtMtrè ar votis sèriiîr dè'èêf)ùlturè? Mettéz-tôûs danS telle situation ctti^îl vous pJaîrà^^'ftiiVst point de ^ioihëtit qui tfe puisse être pour tikts le dcriiîér , et qui lie Y Ai été k v6a yeux de qudques-uns de vos frères : point d'^attîoti d'^édat qui m puisse être tenninëe par lés téfièbrès éternelîés -du tombeau:; et Hftrodé est ftappé au iiiUlèu dès applâudissemeHs insènifes de Sert peuplé : point dé jour solennel qui ne puisse finir par votre pompe funèbre ^ et ' Jézabel fut précipitée lé j6ur iriêmé qii'eiïë àvbît ' choisi pour Se mîântrer avec plus de fàsfè et . d'^oslefitatièh aux fenêtres dé soir palais : po'ilt de festin déKcîeùx (JUi ne pitissé èfrè pour vous taie Bourritài-è de HK)rt^>t Baltlûnar ex^ircf aù^)ifr

ÎKCB^f IT0D,^ DMs- I,A, VIE. JI

d!un> ^bl^ spipptv^i^ : pçipt de. sopimciL qui np p)ii^ vpu^ çoaduire à if|f ^pium^il étci;ii(fl^ et Ifolppl^er^e:, au oiUiçti de.spf) armçe, vaii)qii^ur des rojâjnm^ et 4k^. R'^Py^^P^S'A ^?Pi^®. ?^"?. ^ j[]aiv€ d'un§ sjoiple. ff^mei d'Isfraëi : gqii^J» de cpme (jui n^.ppis^ç.fiiijb: vo^ crioae^^ eJt ^^ipbri t^uv;e. i|Qç. mpr^t iii^àfpe daju^ Ij^ t^at^si ^l^'^a^ dçs^Ues d(Ç JV^dlaïf , : ppint de.mal^jîi^ qui ne pïii^e être Iç tenup, fyjaj dp vçs jf prs,^ ^l vous voyez tous 1^, jours, liçs iufîrmit^^ lejs.plûs légères tipo^çr, les, i^aaj|E^;ture$ de fart e\ Tattente des . njalfii^eç, ^t topru^ tpiit^ 4 W} coup à la morU 60 up,ifl/^l, r€gprés^jt^i^yQu$ da.n^. quelque circçQst^ce de» yQ\vf >îe ou, vous puissiez jamais VQtts Irguj^^ijr^ i^.peiae pourr-ez-rvous con^pter ceux qniy oi|f,cté,snrg):if.^, fît iiea ne ççul vous §araufir qt)C|,^j^u& ife Je serezpas yçius^niême. Vous ladites^ \qu^ ei} qoçY^nez^ et ce^t aveu si terl'ible q^€^ qu.^iua. 4i?P9,^r^. ^H^ vous donnes à ^^^^e^ £t^ Qje voj^s fonid^it jamais à une seule précaution qui.piUçis^. vpu^ mettre à couvert du

péril» CABÊME , H.

JIAI*I,DITÉ PE LA VIE.

ui nous avions à vivre une longue suite de siècles sqt-la terre , ce, tfgqips., U.est^ vrai ^ sçrpit encoij^ trpp cQiv1;,pç«ir êtge enxplojé à niériter un bonliei^r in^mortel ^ mais, du ,moins ^ nous pourrions reçaguùr sur U longueur ces perles £Kassiagères 5

J% -RâPtDITé DB LA TIB.

du moins ^ les jours et les momeos perdus ae fep«^ meroient que comme un point imperceptible dans cette longue suite de siècles (jue nous aurions k passer ici-bas. Mais^ hélas ! toute notre vie n^'est eQe-méme quW point imperceptible : la plus longue dure si peu^ nos jours et nos amiées ont été renfermés dans des bornes si étroites ^ qu'ECU ne voit pas ce que nous pouvons encore en perdre dans un espace â court et si rapide. Nous ne sommes^ pour ainsi dire^ qu^un instant sur la terre : semblables à ces feux errans qu^on voit dans les airs aii milieu d^une nuit obscure ^ nous ne pâroissons que pour cBsparoUre en un dind^oeil ^ et nous replonger pour toujours dans des ténèbres étemelles : le spectacle que nous Aon-^ nous au monde n'^est qu'Hun éclair qui s'^éteint.eu naissant^ nous le disons tous les jours nousmêmes. Hélas l où prendre des jours et des mo-> m'èns de reste dans une vie qui n'^est qu'Hun moment elle-même? Et encore^ si vous retrandiea de ce moment ce que vous êtes obligé d^accorder aux besoins indispensables du corps ^ aux devoirs de votre état ^auxivénen^ens imprévus^ aux bienséances inévitables de la société : que reste— t-il jpour vons^ potir Dieu^ pour rétemîté?

' .CARÊME ^ JII.

Hélas , mes Frères î ce qui doit finir , peut-il vous paroitre long? regardez derrière vous ^ où sont vos premières années? que laissent-elles de réel dans votre souvenir? pas plus qu un songe

de

ItAjPIDITé QE LA VIK. 7$

de la nuit : vous rêvez que vous avea vécu, voilà . tout ce qui vous en reste : tout cet iatervalie qui s^e^t écoulé depuis votre uaûsance jusque» au-* jouid'hui ) ce u'^est qu''un trait rapide qu'^à peiu« .vous.aveK vu passer : quaod vous auriez com-* mmeék vivre avec le monde ^ le passé ne vous paroitroit pas plus long ni plus réel : tous les âécles qui ont coulé jusqu^à nous ^ vous 1$;$ regarderiez coinme des instans fugitifs : tous les peuples qui ont paru et disparu dans Tunivers ^ toutes les révolutions d^eînpires et d^e royaumes^ tous ces grands é véaemetis qui embellissent nos liis«. tdres ^ ne seroîeut pour vous que les différentes sçëpes d'^un spectacle que vous auriez vu finir en un )o\u. Bapp^ez seulement les victoires, les prises déplaces ^ les traités glorieux ^ les magnificences^ Ie$évéaemens pompeux des premières années de |0 xègu.e ;; vous y touchez encore : vous en avez été la plupart , uon-^eulement spectateurs ^ mais tous en avez partagé les périls et la gloire : iU pstsseront dans nos annales jusqu a nos derniers ûeveux ^ mais pour vous , ce n^est déjà plus qu'un songp , qu'*un éclair quia disparu, et que chaque jour efface mên^e de votre souvenir. Qu'est-ce 4onc que/ le peu de cUemin qui vous reste à faire? croyons-nous que les jours k venir aient plus de réalité que les passés P les années paroissent longues quand elles sont encore loin de nous: ftrnivée^ , elles disparaissent , elles nous échappent ea un instant ;; et nous n'aurons pas tourné la tète , que nous nous trouverons ^ comme par uu Totne XIL. MaacEAux cbûjsis, . . . ^

^4 RAPIDITé DE LA Y I E.

enchantement , ^u terme £ital qui nous parott encore si loin ^ et ne devoir jamais arriver. Re- ' gardez le monde tel que vous Favez vu dans vos premières années ^ et tel que vous le voyez aujonrd%ui : une nouvelle cour a succédé à celle que vos premiers ans ont vue ^ de nouveaux personnages sont montés sur la scène; les grands rôles sont remplis par de nouveaux aeteura; ce sont de nouveaux événemens ^ de nouvelles ior* trigues ^ de nouvelles passions ^ de nouveaux héros dans la vertu comme dans le vice ^ qui font la sujet des louanges ^ des dérisions , des <:ensures publiques : un nouveau monde s^est élevé insenfiblement ^ et sans que vous vous en soyez aperçu ^ sur les débris du premier : tout passe avec vous et comme vous : une rapidité que rien n'arrête ^ entraîne tout dans les abîmes de rétemité ^ nos ancêtres nous en frayèrent hier le chemin:^ et nous allons le frayer d^a[iain à ceux qui viendront après nous. Les âges se renouvellent ;; la figure du monde passe sans cesse:; les morts et les vivans se remplacent et se succèdent continuellement; rien ne demeure; tout change^ tout s''use , tout s'^éteint; Dieu seul demeure toujours le même; le torrent des siècles qui entraîne tous les hommes ^ coule devant ses yeux:; et il voit avec indigna*' 1 de foibles mortels , emportés par ce cours dde , Tinsulter en passant ; vouloir feire de ce il instant tout leur bonheur; et tomber au tir de là entre les mains de sa colère et de sa

i^eance.

RAPIDITÉ I^E LA TI«; jS

Cependant^ quelle impres^oa fait sur nous Finstabilité de tout ce qui passe? la mort de nos proches ^ dé nos anils ^ de nos concurrens ^ de lios maUres? Nous ne pensons pas que nous les allons suivre de près ^ nous né pensons qu''à nous revêtir de leurs dépouilles : nous ne pensons pas au peu de temps qu^ils en ont "joui :; nous ne pensons qu'au plaisir qu^ils ont eu de les posséder ; nous nous hâtons de profiter du débris les uns des «utres : nous ressemblons à ces soldats insensés ^ qui au fort de la mêlée ^ et dans le temps que leurs compagnons tombent de toutes parts à leurs c6tés sous le fer et le feu des ennemis ^ se char— geni avidement de leurs habits:; et à peine eu soot-ils revêtas , quW coup mortel leur 6te avec la vie cette folle décoration dont ils venoient de se parer. Ainsi le fils se revêt d^ dépouilles du père ^ lui ferme les yeux^ succède à son rang ^ à sa fortune , à ses dignités , conduit Tappareil de ses funérailles^ et se retire plus occupé^ plus touché des nouveaux titres dont il est revêtu^ quHnstruit des derniers avis d'ua pèie mourant ^ ^^idKgé d»«rp«rtr^ cru Ai moins désabusé das dioses d^ici--bas par un spectacle qui lui en met ismts les yeux le néant ^ et qui lui annonce inceS" samment la même destinée. La mort de ceux qui nous environnent n^est pas pour nous une instruc^ tion plus utile ^ un tel laisse un poste vacant ^ et on s^empresse de le demander^ un autre vous avance d^un degré dans le service :; celui-ci finit avec lui des prétentions qui vous auroieot inconir

j€ RAPIDITÉ BB LÀ VIE*

mode ^ celui-là \ous kisse Toreille et la fayeur du maître ^ et c^étoit le seul qui pouvoit \ou5 l4 ^isputer : un autre enfin vous approche d''une dignité ^ et vous ou\re les voies à une élévatioii où vous nVuriez pu prétendre qu'^après lui ^ et la-dessus , on se ranime , on prend de nouvelles mesures ^ on fait de nouveaux projets ^ et loîu de se détromper par Texemple de ceux que Fca voit disparoltre^ il sort de leurs cendres mêmes des étincelles fatales qui viennent rallumer tous nos désirs , tous nos attachemens pour le monde • et la mort ^ c^tte image si triste de notre misère ^ la mort ranime plus dépassions parmi les hommes que toutes les illusions mêmes de la vie. Qu^y at-il donc qui puisse nous détacher de ce monde misérable^ puisque la mort même ne sert qu^à resserrer les liens ^ et nous affermir dans Terreur qui nous y attache? CARÊatE , n.

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