KHOMMÉ PRÈS DE MOURIR
(^""est dans ce dernier moment que toute votre \îe' sWrîra à vous , sous dés idées bien différentes de celles que vous en aVez aujourd'hui. Vou&corop^ iez maintenant les services rendus à Fétat ^ lesplaces que vous avez occupées:; les actions oà' v©us vous êtes distingués;; les plaies qui rendent encore témoignage à votre valeur^ le nombre de vos campagnes^ la distinction de vos comman-' démens : tout cela vous paroît réeL Les applau-' dissemens publics qui Taccompagnent ^ les récom- * penses qui le suivent ^ la renommée qui le publie ^ • les distinctions qui y sont attachées : tout cela ne • vous rappelle vos jours passés ^ que comme des ' jours pleins ^ occupés ^ marqués chacun par des • aelions mémorables ^ et par des événemens dignes ■ d'être conservés à la postérité. Vous vous distinguez même dans votre esprit de ces hommes oi- * seux de votre rang ^ qui ont toujours mené une ' vW obscure ^ lâche , inutile ^ et déshonoré leur nom par Poisiveté et par des mœurs efféminées , ; qui les ont laissés dans la poussière. Mais au lit de la mort^ mais dans ce dernier momejit on le monde s'enfuit et Téternité approche , v(^ yeux s'ouvriront ^ la scène changera ; rillusiou qui vous grossit ces objets ^ se dissipera : vous verrez
tout
L^HOMUE PRÈS tZ MOtTRIH. IQJ
tout au naturel; et ce quî tous paroîssoît si grand, comme vous ne Taviez/fait que pour le monde , pour la gloire , pour la fortune , ne vous ' pjtroitra plus rien : Aperiet oculos suos , dit Job , ' et nikU inveniet. . .
Hélas ! on se plaint souvent durant la vie qu'ion a la mémoire infidèle , qu^on oublié tout :; il faut • qii'un confesseur supplée à notre inattention et ' nous aide à nous juger et à nous connoître nousmêmes. Riais dans ce dernier moment le pécheur mourant n'^aura pas besoin de ce secours ; la justice de Dieu qui Tavoit livré durant la santé à toute la profondeur de ses ténèbres, Téclairera alors dans sa colère» Tout ce qui environne le lit de sa mort fait revivre dans son souvenir quelque nouveau crime :; des domestiques qu'il a scandalisés ;[ des enfans qu'il a négligés; une épouse qu'il a contristée par des passions étrangères ; des ministres de l'Eglise qu'il a méprisés ; les images criminelles de ses passions enqore peintes sur ses murs; les biens dont il a abusé ; le luxe qui l'ert^^ toure , dont les pauvres ef.?es créanciers ont souffert; l'orgueil de ses édifices, que le tien de là veuve et de l'orphelin, que la misère publique a' peut-être élevés ; tout enfin , le /ciel et la terre , dit Job, s'élèvent contre lui, et lui rappellent Thistoire affreuse de ses passions et de ses crimes.