AMITIÉ, SES MOTIFS ORDINAIRES
jL:«£S trois principes les pliis i^nunntiâ qui lient les hommes les uns avec les autres , et qui (or-^ iaent toutes la» unioRs et les amitiés humaines^ sont le gout^ la cupidité, et la vanité. Le goàt. On suit un certain penchant de la nature , qui nous faisant trouver en quelques personnes plus de rapports avec nos inclinations, peut-^re aussi {dus de complaisance pour nos défauts , nous lie à «lies , et fait que nous trouvons dans leur société une douceur qui se change en un ennui avec le reste des hommes. La cupidité. On cherche des aniris utiles ^ ils sont dignes de notre amitié , dès qu'ails deviennent nécessaires à nos plaisirs on à notre fortune :; rintérét est un grand attrait pour la plupart des coeurs^ les titres qui nous rendent puissans, se changent, bientôt en des qualités qui BOUS font paroltre aimables ^ et Ton ne manque jamais d^amis , quand on peut payer Famitié d< ceux qui nous aiment. Enfin la vanité. Des amis qui nous font honneur, nous sont toujours chers ^ il semble qu^en les aimant nous entrons en part avec eux de la distinction qu'ils ont dans lé pionde; nous cherchons à nous parer, pouràin^ dire, de leur réputation ^ et ne pouvant atteindre à leur mérite, nous nous honorons de leur société, pour faire penser du moins qu''il n''y a pas loin d]eux à nous, et que nous n'^aimons que nos semblables. cakêue, i.
ZÈLE INGOirSlDÉKlI. 169
ZÈLE mCONSIDÉSÉ-
\Js voit tous les jonrs des mmîslres qu'Hun zèl« inconsidéré jette dans des inconvénîens capables d^anéantir tout le fruit de leurs fonctions , et où i'bonnear même de leur caractère est avili. Ils entrepreanent tout ^ tout ce qui a Tapparence du lien les àntmeetles met en mouvement^ rieh ne leur paroit impossible , et rien ne leur sembla 4 la placé où il doit être i ils voudroient tout changer, = tout déplacer : ils commencent par mettre tme confusmu universelle à tout ce qu ils touchent , sous prétexte d'y rétablir Tordre. Esprits inquiets\5 bornés ^téméraires , entreprenans ^ pourvu ;qu**îls s'^agîtent, ils sont contens d'euxmêmes, «t croient remplir toute justice : ils vont hardiment heurter de front à tous les inconvé— mens les plus délicats, les plus dignes d'être ménagés, les plus exposés à des suites grandes et fâcheuses^ les plus capables d'arrêter la prudence et iliâbileté la plus consommée : et au sortir de cet écueil, où ils viennent de se briser, et de ddùner au public une scène toujours désagréable au ministère, ils vont avec la même sécurité tenter- une autre entreprise qui ne leur offre pas moins de péril , et ne leur promet pas moins dé confusion. conférences, i.