AMOUR DE SOI-MEME
1 ouTE votre vie, vous que ce discours regarde^ est une recherche étemelle de vous-même. : et de là , tout ce qui plaît , tout ce qui flatte , tout ce qui nourrit la vie des sens , devient un besoin dont vous ne pauvez plus vous passer : de là , les plus saintes lois de TEglise ne sont plus comptées pour yien , dès qu**!! faudroit prendre tant soit peu sur ^i pour les observer : de là , vous vous établisseas comme le centre des créatures qui vous environnent ^ on diroit <|ue tout est fait pour vous j que tout vit pour vous, que tout subsiste pour vous, que tout le reste n^est iJQ%que par rapport à vous ^ que le monde entiwr'''3bit se bouleverser^ ou pour vous ménager un plaisir , ou pour vous sauver la plus légère peine : de là tout ce qui vous approche n^est attentif qu^à s^accommoder à vos. désirs, suivre vos caprices, entrer dans le plan de votre amour^ropre : on éthdié vos goûts, ©n de\îne vos penchans ^ on ne s^insinue dans votre bienveillance qù^à la faveur de vos foiblesses : rien ne vous gêne , rien ne vous contredît ^ vos kiclinations décident toujours de tout ce qui vous regarde , on prévient même vos souhaits.
* CARÊME, I
ILLUSK05S DE l'^AMOUR-PROPRE. i8S