‹ Œuvres complètes de Massillon, évêque de ClermontChapitre 112 sur 191 · EN PRÉSENCE DE LA DUCHESSE D'OBLÊANS · texte numérisé non relu

EN PRÉSENCE DE LA DUCHESSE D'OBLÊANS

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Ce fragment ne se trouve pas dans l'édition originale. C'est Renouard qui l'a donné le premier; l'abbé d'Hesmivy d'Auribeau l'a reproduit dans son précieux petit recueil sur Massillon. « Ce court fragment, dit M. Renouard, est conservé à la bibliothèque impériale en deux feuillets de la inain de Massillon. »

F:auçoise-Marie de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV, épousa Philippe-d'Orléans, le 18 février 1692.

Mass. -■ Tome 1. 16

AVENT

Les Quinze-Vingts était un hôpital fondé par saint Louis pour trois cents pauvres aveugle?. Le règlement de 1522, donné p«r M. G. de Pompadour, évèque du Puy et grand aumônier, porte que « les frères et les sœurs des Quinze-Vingts auront tous les dimanches et toutes les fêtes annuelles, ainsi que toutes les fêtes de Notre-Dame et des Apôtres, un prédicateur qui leur prêchera la parole de Dieu. » Massillon prêcha plusieurs fois dans l'église des Quinze-Vingts.

Grand Dieu, c'est aujourd'hui qu'en faisant naître votre Fils d'une race royale, vous nous apprenez que vous ne rejetez pas les grands et les puissants, puisque vous êtes grand vous même !

Répandez donc l'abondance de vos grâces sur la princesse pieuse qui est ici prosternée aux pieds de vos autels, et que vous avez réservée à un siècle où la vertu a besoin plus que jamais de grands exemples I

Laissez longtemps à votre peuple un modèle qui, au milieu de la corruption de nos mœurs, honore encore la piété, et donne une nouvelle force aux vérités saintes que vous mettez dans nos bouches. Faites passer à ses augustes enfants les vertus qui la rendent si respectable ! Sanctifiez le prince illustre qu'un lien sacré lui a uni 1 Rendez-lui, des richesses de votre miséricorde, les attentions et les soins infatigables qu'il donne sans cesse au soulagement des peuples, à la paix de l'Eglise, au salut de la Monarchie. Que les prières, grand Dieu, que nous vous offrons ici pour lui, trouvent auprès de votre trône le même accès que les supplications des peuples trouvent, tous les jours, auprès d'un prince si humain et si bienfaisant ! Prodiguez en sa faveur les trésors de la grâce, comme vous lui avez déjà prodigué les talents

et les trésors delà nature ! Rendez-le aussi saint qu'il est grand ; aussi digne de vos bienfaits qu'il est digne de nos cœurs; aussi immortel dans le livre de vie qu'il le sera dans nos histoires; faites d'un prince selon le cœur des hommes, un prince selon votre cœur. Prolongez les jours de la princesse auguste à qui il doit la naissance '. Conservez aux peuples leur protectrice; à la cour celle qui en est l'ornement ; à tous une maîtresse plus touchée de notre amour que de nos hommages.

Et, si les vœux d'un pécheur et d'un ministre indigne pouvaient être exaucés, recevez, grand Dieu, ces dernières effusions de mon cœur; et que les souillures secrètes que vous y connaissez, n'ôtent rien devant vous à la force et au mérite de ma prière * 1

1 Elisabeth-Charlotte, fille de Charles-Louis, électeur du Palslinat, épousa Monsieur, frère de Louis XIV, en 1671. 6.11e distingua Massillon. L'orateur fit son oraison funèbre en février 1723.

* On peut comparer celte dernière phrase aui lignes par lesquelles se termine le sermon du jour de Pâques , qui se trouve dans le grand Carême : « lit si les vœux d'un pécheur et d'un ministre indigne pouvaient être écoutés, recevez, grand Dieu, ces dernières effusions de mon cœur, et que les souillures que vous y découvrez n'ôtent rien à la vertu et au mérite de ma prière. » Par l'expression dernières effusions, l'orateur indiquait la fin de sa mission. Kn effet, le sermon pour la fêle de Noël clôt la station de l'Avent comme le sermon pour le jour de Pâques met un terme à la station du Carême.

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