‹ Œuvres complètes de Massillon, évêque de ClermontChapitre 113 sur 191 · SUR LA DIVINITE DE JESUS-CHRIST · texte numérisé non relu

SUR LA DIVINITE DE JESUS-CHRIST

NOTICE HISTORIQUE

La station de l'Avent de 1699 se termine au sermon pour la fête de Noël. Les sermons suivants n'appartiennent pas à cette célèbre station, mais ils y ont été joints par le premier éditeur pour en être la suite et le complément. Le sermon pour le jour de la Circoncision fut prononcé devant Louis XIV. Au reste, ce discours, du genre apologétique, dans lequel excellait Massillon, doit être rangé parmi ses chefs-d'œuvre. Par la parfaite soliJité du raisonnement et l'exquise justesse de l'expression, on croirait un sermon de Bourdaloue. C'est une inébranlable réfutation de cette dédaigneuse incrédulité, toujours ancienne et toujours nouvelle, qui révère Jésus comme homme afin de lui mieux refuser le titre de Dieu.

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Division. — L'éclat et l'esprit du ministère de Jésus-Christ prouvent également la gloire de sa divinité. Si Jésus-Christ n'était qu'un pur homme : 1° L'éclat de son ministère serait pour nous une occasion inévitable d'idolâtrie , et Dieu même serait coupable de Verreur de ceux qui l'adorent ; 2° l'esprit de son ministère deviendrait le pièyc funeste de notre innocence.

Pbf.mikrk partie. — 1° Le premier caractère éclatant du ministère de Jésus-Christ, c'est d'avoir été pré'lit et promis aux hommes depuis la naissance du monde. A peine Adam est-il tombé qu'on lui montre de loin le Réparateur. Dans les siècles suivants, Dieu ne parait, ce semble, occupé qu'à préparer les hommes à son arrivée. Les circonstances dans lesquelles Jésus-Christ a été prédit sont encore plus merveilleuses que les prédictions mêmes. En eflet, il est prédit par tout un peuple, annoncé pendant quatre mille ans par une longue suite de prophètes, figuré par toutes les cérémonies de la loi, attendu par tous les justes, montré de loin dans tous les âges; ce n'est pas pour un événement particulier; c'est pour être la ressource du monde condamné, le législateur des peuples, la lumière des nations, le salut d'Israël. Quel piége pour la religion de tous les siècles, si des préparatifs si magnifiques n'annoncent qu'une simple créature, et dans des temps surtout où la crédulité des peuples mettait si facilement au rang des dieux les hommes extraordinaires !

D'ailleurs, au lieu que Jean-Baptiste, pour empêcher que le seul oracle qui l'avait prédit ne devint une occasion d'idolâtrie a sa nation, ne fait point de miracles, ne cesse de dire : Je ne suis pas celui que vous attendez; et n'est attentif, ce semble, qu'à prévenir des honneurs superstitieux ; Jésus-Christ, au contraire, que quatre mille ans de figures et de prophéties avaient annoncé avec tant de magnificence à la terre, vient en grande vertu et puissance; il fait des œuvres et des merveilles que personne avant lui n'avait faites; et, loin de prévenir la superstition des peuples à son égard, il se dit égal à Dieu même, et soufire qu'on lui rende des honneurs divins. Si c'était là un culte idolâtre, les hommes en seraient-ils responsables ?

De plus, tous les justes de la loi et de l'âge des patriarches, tous ces hommes si vénérables et si miraculeux , n'étaient pourtant que les ébauches du Messie à venir; chacun d'eux ne représentait que quelque trait singulier de sa vie et de son ministère; mais ôtez à Jésus-Christ sa divinité et son éternelle origine, la vérité n'a plus rien au-dessus de la figure, au moins au jugement des sens.

2° A l'éclat des prophéties qui ont annoncé Jésus-Christ, il faut ajouter celui de ses œuvres et de ses prodiges ; second caractère éclatant de son ministère. Parut-il jamais un homme plus merveilleux, plus divin dans ses œuvres et dans ses prodiges?

Je dis dans ses œuvres et dans ses prodiges. Je sais que dans les siècles qui l'avaient précédé, il avait paru sur la terre des hommes extraordinaires que le Seigneur semblait rendre dépositaires de sa vertu et de sa toute-puissance ; mais quand on y regarde de près, daus leur puissance même tous ces hommes miraculeux portaient toujours des caractères de dépendance et de faiblesse. Jésus-Christ au contraire opère les plus grands prodiges avec une facilité toule-puissanle et une souveraine indépendance.

3° Enfin le dernier caractère éclatant de son ministère, ce sont les circonstances merveilleuses et jusque-là inouies qui composent tout le cours de sa vie mortelle. Conçu par l'opération du Très-Haut, il nait d'une Vierge pure. A peine est-il né que des légions célestes font retentir dans les airs des cantiques d'allégresse, et nous apprennent que cette naissance rend à Dieu sa gloire et la paii aux hommes. Peu après un astre nouveau conduit à son berceau des sages du fond de l'Orient ; un juste et une sainte femme annoncent sa grandeur future. Les docteurs assemblés voient avec étonnement son enfance plus sage et plus éclairée que la sagesse des vieillards. A mesure qu'il avance, sa gloire se développe; Jean-Baptiste s'abaisse devant lui; le ciel s'ouvre sur sa tête; les démons effrayés ne peuvent soutenir sa présence; le Père céleste déclare qu'il est son Fils bien-aimé, et le propose tomme la loi vivante et éternelle en commandant de l'écouter. Si du Thabor nous passons sur le Calvaire, ce lieu où devaient st

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