DEUXIÈME PARTIE
Le premier devoir que la loi de la charité envers nos frères exige de nous, est le devoir de vérité. Nous ne devons pas à tous les hommes des soins, des prévenances, des empressements ; nous leur devons à tous la vérité. Les différentes situations que la naissance et les dignités nous donnent dans le monde, diversifient nos devoirs à l'égard de nos frères; celui de la vérité dans toutes les situations est le même. Nous la devons aux grands comme aux petits; à nos maîtres comme à nos sujets; à ceux qui la haïssent comme à ceux qui l'aiment; à ceux qui veulent s'en servir contre nous comme à ceux qui désirent en faire usage pour eux-mêmes. Il est des conjonctures où la prudence permet de cacher et de dissimuler l'amour que nous avons pour nos frères; il n'en est point où il nous soit permis de leur dissimuler la vérité : en un mot la vérité n'est point à nous; nous n'en sommes que les témoins, les défenseurs et les dépositaires : c'est la lumière de Dieu dans l'homme, qui doit éclairer tout le monde; et, lorsque nous la dissimulons , nous sommes injustes envers nos frères à qui elle appartient comme à nous, et ingrats envers le Père des lumières qui l'a répandue dans notre âme.
Cependant, le monde est plein de dissimulateurs de la vérité. Nous ne vivons, ce semble, que pour nous séduire les uns les autres; et la société dont la vérité devrait être le premier lien, n'est plus qu'un commerce de feinte , de duplicité et d'artifice. Or voyons, dans la conduite des Prêtres de notre Evangile tous les di-