LE MAUVAIS RICHE
rotici BisTomoci.
Celle homélie, prêchée à la cour très-probab'ement en 1704, doit être regardée comme on des plus purs chefs-d'œuvre de l'orateur Devant les grands, Massillon plaide chaleureusement et chrétiennement la cause des pauvres et des petits, qu'il aime de la tendresse de l'Evangile. Il faut rapprocher de cette touchante homélie le substantiel sermon de Bourdaloue sur les Richesses, et l'incomparable discours de Bossuet sur Céminente Dignité des pauvres de l'Eglise. Ces grands hommes, ces nobles cœurs, ont pour les pauvres un amour que donne la seule charité du bon Pasteur. Dans le monde, les puissants, les riches, sont et doivent être les premiers ; mais dans le royaume de Dieu, les premiers-nés, les privilégiés, ce sont ceux qui sont pauvres et souffrants Cependant, fait remarquer saint Augustin, les riches ne doivent pas s'attrister. Car si le pauvre est emporté par les anges, il est emporté dans le sein d'un riche, dans le sein d'Abraham. Quo sublatus est? In sinum Abrahœ. Après avoir lu dans Massillon, dans Bourdaloue , dans Bossuet et dans saint Augustin , l'explication autorisée , la généreusa interprétation de celle instructive parabole do mauvais riche, il est triste de se reporter à la glose d'un philosophe de nos jours qui reproche aux paroles de Jésus une tendance cominuuiste, ennemie de la société établie. « Plus tard, dit M. Renan (p. 175), au sujet de cette parabole, on appela ce a la parabole du « mauvais riche ». Mais c'est purement et simplement la parabole « du riche». 11 est en enfer parce qu'il est riche, parce qu'il ne donne pas son bien aux pauvres, parce qu'il dine bien tandis que d'aulres à sa porte dînent mal ». Mais cette divine parabole n'a pas ce sens. Quoi ? Le riche qui non-seulement laisse mal diner le pauvre à sa porte, mais qui ne lui donne même pas les mieltes de ses festins dont l'infortuné a besoin, cet homme sans entrailles n'est pas un mauvais riche T K» initia» •/npta.aOn'V.1 tbro Tùv ijiixtuv riiv jrjTrrovTtiv àxo lii; rpunc^rn toû 7t*su»iou' xsù oùitU iiiiov xjtù. 0 vulgaire philanthropie du naturalisme, que vous êtes peu de chose auprès de l'infinie chanté de l'Evangile ! D'ailleurs Jésus ne dit-il pas ue le pauvre après sa mort, fut emporté dans le sein d'Abraham, eij tov xilnov 'Aflpxi/j., c'est-à-dire d'un homme dont l'Ecriture célèbre lei immenses richesses? a Venez donc, ô riches, faut-il conclure avec Bossuet, venez dans son Eglise, la porte vous est enfin ouverte; mais elle vous est ouverte en faveur des pauvres et à condition de les servir ». — On peut lire aussi l'homélie xi de saint Chrysostome sur la Richesse et sur la Pauvreté. — Nous donnons, au bas de la page, le texte de 1705. Cette date est importante, car l'orateur s'élève contre des mœurs, contre une incrédulité et uue vie déréglée qu'on croirait appartenir à la Régence. Voyez surtout la page 521, colonne 2.
mua.
Division. — 1° Dans le portrait que nous fait Jésus-Christ du mauvais riche, vous verret la peinture d'une vie molle et mondaine, qui ne parait accompagnée ni de vice ni de vertu ; 2° dans le récit de son supplice, vous en verrez la condamnation et ta déplorable destinée : c'est le sujet de cette homélie.
Phkmiere partie. — 1° 11 y avait dans Jérusalem, dit Jésus-Christ, un homme riche : il semble que ce soit ici son premier crime; il était né heureux. Jésus Christ n'ajoute rien à cette circonstance : on ne vous dit ni qu'il se fut élevé lui-même a ce point d'abondance et de prospérité; ni qu'il eut joui avec insolence d'un bien qu'il eût acquis avec bassesse. Cependant, voilà le premier degré de sa réprobation : il était riche.
2» Il était vêtu de pourpre et de lin : la pourpre était une étoffe précieuse ; mais on ne nous dit point qn'en cela il passât les bornes que l'usage prescrivait à son rang, ni que son bien ne pût pas suffire à sa dépense : on ne dit point que dans sa parure il entrât des desseins de passion et de crime. 11 était vêtu superbement : voilà ce que lui reproche Jésus-Christ
DEUXIÈME JEUDI : LE MAUVAIS RICHE. 517
3« Il «e traitait tons les jonrs magnifiquement : mais la loi de Moïse ne défendait que les excès ; et il semble qu'on était autorisé a goûter les douceurs d'»ne abondance qui avait été proposée comme la récompense de la fidélité. D'ailleurs, cet homme riche n'est point accusé d'avoir usé de viandes défendues par la loi, ou d'avoir violé l'observance des abstinences et des jeûnes qu'elle prescrivait. A la vérité, il faisait tous les jours bonne chère ; mais on ne dit point qu'il y eût de l'excès et de la débauche ; on ne le taxe ni de discours dissolus, ni de jeu, ni d'assemblées profanes ; sur la religion et la foi de ses pères, on ne trouve rien a redire en lui ; sa probité n'est point attaquée, et on ne lui reproche aucun de ces défauts qui blessent et intéressent la société.
Or, tel que Jésus-Christ vous dépeint ce riche, vous paralt-il fort coupable ? De quoi s'agit-il ? il était riche, bien vêtu, faisait bonne chère : ai j'en juge par vos mœurs et vos maximes, non-seulement je ne le trouve point coupable, je le trouve même vertueux. Que dites-vous tous les jonrs de ceux qui lui ressemblent? un tel vit noblement, il mange sou bieu avec honneur.... 4» Vous m'opposerez peut-être la dureté du mauvais riche, et vous prétendrez avoir en cela quelque avantage sur lui. Mais je pourrais vous dire, après saint Paul, qn'en vain vons donneriez tout votre bien aux pauvres, si vous n'avez dans le cœur celle charité qui croit tout, qui espère tout, qui souffre tout. D'ailleurs, quel est le crime du mauvais riche? rapprochons les circonstances, et vous verrez que Jésus-Christ n'a pas tant voulu nous représenter ce riche comme un monstre d'inhumanité, que comme un homme indolent et trop occupé de ses plaisirs. Aussi, lorsqn'Abraham apprend a ce riche le sujet de sa condamnation, il ne lui dit pas comme Jésns-C.hrist le dira an grand jour aux réprouvés : Lazare était nu, et vous ne l'avez pas revêtu ;-il avait faim, et vous ne l'avez pas rassasié. Mais, que lui ditil? Mon fils, souvenez-vous que vous avez reçu des biens dans votre vie ; vous n'avez rien souffert sur la terre : ce n'est pas ainsi qu'on arrive au repos promis à ma postérité ; vous avez cherché votre consolation sur la terre : vous n'appartenez donc plus an penple de Dieu ; les larmes de Lazare sont essuyées ; mais vos ris et vos consolations se changent en des tourments qui ne finirout jamais.
Vous en êtes surpris, mes Frères? Vous ignorez donc que c'est un crime pour nn chrétien de n'avoir point de vertn? ? Un disciple de Moïse, vivant sons une loi encore imparfaite, est condamné pour avoir mené une vie molle et délicieuse ; et nn disciple de l'Evangile, nn membre de Jésus-Christ crucifié, serait traité plus favorablement en ne refusant rien à ses sens et en s'abslenant simplement des plaisirs injn-tes et honteux ! Cest une vérité de salut, que vous ne pouvez être prédestiné, si vons n'êtes rendu ici conforme a l'image de Jésns-Cbrist. Or, pour ressembler à Jésus-Christ, suftit-il de n'être ni fornicateur, ni impie, ni injuste ? le grand modèle de toutes les vertus reconuallra-l-il pour son disciple un homme qui n'en a aucune ? et cependant vuus ne craignez rien pour votre destinée, pourvu que vous viviez dans une régularité que le monde approuve. Il est si vrai que cet état ne vous laisse point d'alarmes pour le salut, que. lorsque nous vons proposons la pratique des vertus chrétiennes, vous nius répondez que vous ne voulez pas le prendre si haut, et que vous croyez qu'il est plus sage d'éviter ces prétendus excès. Saint Augustin se plaignait que certains païens de son temps refusaient de se convertir à la foi, parce qu'ils menaient une vie réglée selon le monde ; et voilà précisément la réponse de ces chrétiens voluptueux et indolents, de ces vertueux du siècle, lorsque nous les exhortons a une vie plus conforme aux maximes de l'Evangile Mais écoutez la réponse de ce Père. Leur conduite est irréprochable selon le monde ; mais ils ne sont pas chrétiens ; pourquoi ? parce qu'ils n'ont pas crucilié leur chair avec ses désirs ; parce que les chrétiens sont spirituels, et que ces moodams sont encore tout charnels. Si, pour être chrétien, il suffisait de ne pas donner dans les excès, le paganisme nons a fonrni des hommes sages, attachés an devoir par des principes de gloire et d'honneur ; ce ne sont il .ne pas les désordres évités qui font les chrétiens, mais les vertus de l'Evangile pratiquées ; c'est l'esprit de Jésus-Christ crucifié. Decxièhe partie. — Lazare meurt et est porté dans le sein d'Abraham ; le riche meurt et il est enseveli dans l'enfer. Quel nouvel ordre de destinées ! le riche est enseveli ; le mot est remarquable : le corps de Lame abandonné trouve à peine un peu de terre qui couvre son corps. Lazare meurt, et on ignore à Jérusalem qu'il ait vécu ; le riche meurt, et sans dnnte la pompe et la magnificence le suivent jusqu'au tombeau ; mais à quoi lui sert tout cet appareil ? son âme, précipitée sous le poids de ses iniquilés, s'est déjà creusé un lieu profond dans l'anime éternel : Sepultut est in in/erno. Mais il faut suivre les circonstances du supplice que soutire cet infortuné dans le lieu des tourments. i* A peine le riche se Uouve-t-il dans le lieu de son supplice, qu'il lève les yeux en haut : quelle surprise pour un homme qui n'a jamais soupçonné que la voie où il marchait, sûre selon le monde, pût conduire a la perdition ! Il lève les yeux et voit de loin La-are revêtu de gloire et d'immortalité : première circonstance de son supplice. Quel parallèle alors? quels désirs de lui avoir ressemblé ! quelle rage de ne lui ress inbler pas ! Voila, mes Frères, ce qui, au fond de ce gouffre, rongera éternellement le pécheur : la vue des âmes bienheureuses et la pensée qu'i était né pour le même bonheur. S* La présence d'un bien auquel jamais on n'a eu de droit, touche moins des malheureux qui en sont privés ; mais ici un mouvement rapide portera le cœur de l'homme vers le Dieu pour lequel seul il était ciéé; et une main invisible le repoussera loin de lui. Le Dieu de gloire même, pour augmenter son désespoir, se montrera à lui dans to te sa grandeur, sa clémence, sa bonté ; et cette vue le tourmentera plus cruellement encore que le sentiment de la fureur et de la justice de Dieu. Nous semons faiblement ici-bas l'amour naturel que notre âme a pour son Dieu , parce que les faux biens qui nous environnent nous occupent et nous partagent : mais l'âme séparée du corps, tons ces fantômes de bien s'évanouiront, toute cette capacité d'aimer se portera vers Dieu ; tandis que le poids de l'iniquité du pécheur le fera sans cesse retomber sur lui-même, et le repoussera dans l'abîme, où, sans pouvoir cesser d'aimer, il se verra pour l'éternité l'objet de la haine de son Dieu. Quelle affreose destinée! être éternellement malheureux par l'im.ige toujours présente de la félicité qu'on a perdue ! 3» Le riche dans l'enfer est malheureux par le souvenir des biens qu'il avait reçus durant sa vie : autre circon>tance de son supplice. Quel triste parallèle pour celle aine de ce qu'elle avait été, avec ce qu'elle est ! ces jours passés ne sont plus, et ne fout que rendre plus affreuse l'amertume de sa condition présente. Ajoutez à ce souvenir celui des biens de la giace dont elle a abusé ; c'est ici où le réprouvé, repassant sur toutes les facilités du salut que la bonté de Dieu lui avait ménagées , entre en fureur contre lui-même.
4» Autre malheur du riche réprouvé : les peines présentes qu'il endure. Je souffre , dit-il , d'extrêmes tourments dans cette flamme. Il demande une goul'e d'eau, non pour éteindre, mais pour adoucir l'ardeur vengeresse qui le brûle ; et elle lui est refusée. Nous ne savons pu ce qu'il souffre ; mais nous savons qu'il souffre tout ce que Dieu lui-même peut faire souffrir à un coupable qu'il veut punir.
Vons nous dites tous les jours, avec nn air déplorable de séenrilé, que vons voudriez voir quelqu'un revenir de l'autre vie , pour nous dire ce qui s'y passe. Eh bien ! répondait autrefois saint Chrysostome aux grands de Constanlinople , contentez aujourd'hui votre curiosité ; écoutez cet infortuné que Jésus-Christ en rappelle, et qui vous raconte le détail adieux de ses mallie irs. &* Ce n'est pat tout : ses souffrances sont d'autant plus affreuses, qu'on lui fait connaître qu'elles ne nuiront jamais. Ainsi finie
GRAND-CARÊME
réprouvée perce dans ta durée de tous les siècles ; l'avenir est la plus affreuse de ses pensées ; et l'éternité toute seule est la mesure de ses tourments.
6° Enfin le dérèglement de ses frères qui vivaient encore, et auxquels l'exemple de sa vie molle et voluptueuse a été une occasion de scandale fait la dernière circonstance de ses peines. Il souffre pour les pécliés d'autrui ; t)us les crimes, où sei fières tombent encore, augmentent la fureur de ses flammes, parce que ses scanlales durent encore : et il demande leur conversion , comme un adoucissement à ses peines. Combien croyez-vous qu'il y ait d'aines réprouvées dans l'enfer , avee lesquelles voui avez vécu autrefois, dont vous avez malheureusement écouté les discours, dont vous avez imité les exemples, et que vousavet suivies dans le goût empoisonné qu'ils vous inspiraient pour le plaisir?
Mais quelle réponse fait-on du sein d'Abraham à toutes ces âmes réprouvées ? Vous avez Moïse et les prophètes : si les vérité» de l'Ecriture ne vous corrigent pas, eu vain un mort ressusciterait pour vous convertir ; et ce mort ressuscité à vos yeux laisserait encore à votre cœur corrompu mille raisons de douter. Lisez donc les livres tainls; commencez par là vos journées, et finissez-les toutes par là , puisque c'est là le seul moyen que Jésus-Christ vous propose aujourd'hui , pour éviter la destinée du réprouvé de notre Evangile. Là vous trouverez les vérités les plus simples et les premiers fondements de la doctrine du salut.
Cruclor in hac ttamma.
Je mi» tourmenté dc.ns cette flamme. Luc, xvi , 24.
Quels sont donc les crimes affreux, mes Frères , qui ont creusé à cet infortuné ce gouffre de tourments où il est enseveli, et allumé le feu -vengeur qui le dévore ? Est-ce un profanateur de son propre corps ? a-t-il trempé ses maius dans le sang innocent ? a-til fait de la veuve et de l'orphelin la proie de ses injustices? est-ce un homme sans foi , sans mœurs, sans caractère, un monstre d'iniquité?
Ecoutez-le, vous qui croyez qu'une vie douce et paisible , où l'on n'accorde rien aux passions extrêmes , mais où l'on accorde tout à l'amour-propre , est une vie chrétienne ; et que ne pas faire le mal , c'est tout l'Evangile. Ce réprouvé, qui sort aujourd'hui de l'abîme pour vous instruire, était riche, dit Jésus- Christ ; il était vêtu de pourpre et de lin ; il faisait tous les jours bonne chère ; du reste, moins attentif qu'il n'aurait dû, aux besoins de Lazare qui languissait à sa porte : voilà tous ses crimes. En vain en voudrions-nous chercher d'autres dans la dissolution de ses
Quels sont donc les crimes affreux, mes Frères, qui ont allumé le feu vengeur qui dévore cet infortuné ? Est-ce un adorateur de Baal ? Est-ce un contempteur du Dieu de ses pères? A-t-il trempé ses mains dans le sang innocent? A-t-il fait du bien de la veuve el de l'orphelin, la proie de ses injustices? Est-ce un homme sans mœurs, sans foi, sans probité?
Ecoutez-le, vous qui croyez qu'une vie molle et mondaine où l'on n'accorde rien aux passions criantes ; niais où l'on accorde tout aux sens et à l'amour-propre, est une vie toute chrétienne, et que ne pas faire le mal, c'est tout l'Evangile. Ce réprouvé, qui sort de l'anime pour vous instruire, était riche, dit Jésus- Christ ; il était vêtu de pouipie et de soie, il faisait tus les jours bonne chère; du reste il élait moins attentif que dur aux besoins de Lazare, qui languissait à sa porte : voilà tous ses crimes. En vain voudrions-nous en chercher d'autres dans une dissolution nioustn ei.se de sa vie, ou dans son inhumanité
mœurs ; ce n'est pas ce qu'on lui reproche. Il avait reçu de grands biens ; il en goûtait toutes les douceurs. Abraham ne cherche point ailleurs le sujet de sa condamnation ; nous serions téméraires de lui prêter des désordres que son histoire tait, dont Jésus-Christ l'absout par son silence ; nous contredirions même les intentions du Sauveur en détournant le sens et l'esprit de cette histoire, et détruisant tout le fruit qu'il se propose d'en retirer.
(Ju'cût-il été besoin, en effet, mes Frères , que Jésus-Christ vînt nous ouvrir l'abîme, pour nous faire voir dans les tourments un impudique, un sacrilège, un pécheur déclaré? On sait assez que les fornicateurs, les impies, les ravisseurs du bien d'autrui n'auront point de part dans son royaume : toute l'Ecriture est une prédiction continuelle du malheur qui leur est préparé. S'il nous ouvre donc aujourd'hui le sein de l'enfer , c'est pour nous y montrer un réprouvé que nous n'y attendions point, et dont le plus grand vice a été de n'avoir point de vertu ; c'est pour nous apprendre que la vie mondaine toute seule, quand vous en demeureriez-là et que vous ne
envers les pauvres ; ce n'est pas là ce qu'on lni reproche. Il avait reçu de grands biens et il en goûtnit toutes les douceurs. Abraham ne cherche point ailleurs le sujet de sa condamnation ; et nous serions téméraires de lui prêter des désordres que son histoire tait, et dont Jésus-Christ l'absout par son silence ; ce serait détourner le sens de cette histoire et détruire tout le fruit que le Sauveur se propose d'en tirer, en nous l'exposant dans l'Evangile.
En effet, qu'était-il besoin que Jésus-Christ vint nous ouvrir l'abîme de ce réprouvé pour nous persuader qu'après avoir commis des crimes si énormes, c'était là sa malheureuse destinée ? Qu'était-il besoin qu'il exposât à nos yeux ce gouffre de tourments pour nous y faire voir un barhaie, un impie, un injuste, un sacrilège, un pécheur déclaré? Ne sait on pâtisse! que les fornicateurs, les impies, les iojns.es, le> piofaimeors, n'ont point de part à l'héritage de Jésus-Christ, ni de place
DEUXIÈME JEUDI : LE MAUVAIS RICHE
tomberiez dans aucun excès , est une vie criminelle à ses yeux, digne de l'enfer et de ses flammes '.
Voilà l'esprit et la fin de l'histoire que Jésus- Christ nous raconte aujourd'hui ; et c'est à cette vérité, la pins importante peut-être qu'on puisse traiter dans la morale chrétienne, que je vais ramener, par des réflexions édifiantes, toute la suite de notre Evangile. Dans le portrait que nous fait Jésus-Christ du mauvais riche , vous verrez la peinture d'une vie molle et mondaine , qui n'est accompagnée, ni de vice, ni de vertu ; dans le récit de son supplice, vous en verrez la condamnation et la déplorable destinée. C'est-à-dire, l'innocence du monde exposée et condamnée: c'est le sujet de cette homélie. Implorons, etc. Ave, Maria.