‹ Œuvres complètes de Massillon, évêque de ClermontChapitre 33 sur 191 · ANALYSE · texte numérisé non relu

ANALYSE

s, c'est l'image de l'humeur et du carao

. 2° l'ennui est plus à charge; — 3» la bizar-

Fa-orde. - L'esprit immonde et inquiet qui cherche partout le repos et ; ne U , trouve pas,

," ...Vi, ,,„.,.„ jx, nii'ik«c livrent i leurs passons et qu ils abandonnent Dieu ,

pi S.SÏ tfffAïi Pl« on est malLrcu* si l'on ne vit point avec Lneu DmsioN. - Dans l'élévation, en effet : 1° ta passions sont plus violentes; - 2" / ennui es lo Z%SYo*X™t tentes. - Tout favorise, chez les grands, les passions qui sont la source des malheurs de l'homme :

la volupté, l'ambition, la jalousie, etc^ s'abandonnent au vice, tout est bientôt usé; et leur jeunesse éprouve

3° La bizarrei ie ,

c'est-à-dire le caprice vicieux, viliosa libido,

mêmes les grands sans religion font peser sur ceux qui les environnent le Péroraison. — Prière a Dieu pour qu'il donne au jeune roi la sagesse, la

nt le poids de leur humeur et de leurs chagrins.

crainte de Dieu, la justice.

Cum immundus spiritus exierit de homme , ambulat per loca inaquosa, quaerens requiem, et non invenit.

Lorsque l'esprit immonde est sorti d'un homme, il s'en va par les lieux arides, cherchant du repos, et il n'en trouve point.

Luc, u, 24.

Sire,

Cet esprit inquiet et immonde , qui sort et rentre dans l'homme d'où il était ' sorti, qui change sans cesse de lieux, qui essaie de toutes les situations 2 et ne peut se plaire et se fixer dans aucune, qui court toujours pour découvrir des sentiers agréables et délicieux, et qui ne marche jamais que par des lieux tristes et arides, qui cherche le repos et ne le trouve pas : c'est l'image de l'humeur et du caractère des grands de la terre, toujours plus inquiets, plus agités et plus malheureux que le simple peuple , dès que , livrés à leurs passions et à euxmêmes, ils ont abandonné Dieu.

C'est la figure naturelle de cet état d'élévation et de prospérité, si envié dans le monde 3 et si peu digne d'envie selon Dieu. Le bonheur, Sire, n'est pas attaché à l'éclat du rang et des titres : il n'est attaché qu'à l'innocence de la vie ; ce n'est pas ce qui nous élève au-dessus des autres hommes qui nous rend heureux , c'est ce qui nous réconcilie avec Dieu. Vous portez la plus belle couronne de l'univers ; mais si la piété ne vous aide à la soutenir, elle va devenir le fardeau môme qui vous accablera. En un mot , point de bonheur où il n'y a point de repos; et point de repos où Dieu n'est point.

Ainsi l'élévation toute seule ne fait pas le bonheur des grands, si elle n'est accompagnée de

1 D'où il est, 1745 et Renouard.

2 Quelques éditions portent à tort situations. Renouard a écrit comme de toutes les situations.

• Invideuda aula, si envié du monde, 174

: qui essaie toutes les le manuscrit: qui essaie

etHenouard.

la vertu et de la crainte du Seigneur : au contraire, plus on est grand , plus on vit malheureux , si l'on ne vit point avec Dieu.

Vérité importante qui va faire le sujet de ce discours. Implorons, etc. Ave, Maria.

Sire , si l'homme n'était fait que pour la terre, plus il y occuperait de place, et plus il serait heureux.

Mais l'homme est né pour le ciel : il porte écrits dans son cœur les titres augustes et ineffaçables de son origine ; il peut les avilir, mais il ne peut les effacer. L'univers entier serait sa possession et son partage qu'il sentirait toujours qu'il se dégrade et ne se satisfait pas en s'y fixant : tous les objets qui l'attachent icibas, l'arrachent, pour ainsi dire, du sein de Dieu, son origine et son repos éternel , et laissent une plaie de remords et d'inquiétude dans son âme, qu'ils ne sauraient plus fermer euxmêmes : il sent toujours la douleur secrète de la rupture et de la séparation ; et tout ce qui altère son union avec Dieu, le rend irréconciliable avec lui-même.

Cependant nous nous promettons toujours ici-bas une injuste félicité. Nous courons tous dans cette terre aride, comme l'esprit de notre Evangile , après un bonheur et un repos que nous ne saurions trouver. A peine détrompés, par la possession d'un objet, du bonheur qui semblait nous y attendre, un nouveau désir nous jette dans la même illusion ; et passant sans cesse de l'espérance du bonheur au dégoût, et du dégoût à l'espérance, tout ce qui nous fait sentir notre méprise, devient luimême l'attrait qui la perpétue.

Il semble d'abord que cette erreur ne devrait être à craindre que pour le peuple. La

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