PAR LE P. BOUGEREL, DE L'ORATOIRE
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Jean-Baptiste Massillon naquit dans la ville d'Hyères, en Provence, le 24 de juin 1003, de François Massillon, notaire et d'Anne Marin. Il fit ses premières études à Marseille chez les prêtres de l'Oratoire et entra dans cette congrégation, à Aix, le 10 octobre 1681 '. Envoyé à Arles l'année d'après, il y étudia en théologie sous le père Quiqueran de Baujeu, qui a été ensuite évèque de Castres. Il s'y distingua et par la solidité et par la pénétration de son génie, et eut parmi ses condisciples le môme rang qu'il a eu dans la suite parmi les prédicateurs *. Un homme de mérite, que Louis XIV envoyait dans le Languedoc prêcher la controverse, passant par Arles, s'arrêta quelques jours dans la maison de l'Oratoire : charmé du jeune Massillon, il eut de fréquentes conversations avec lui, et lui dit, en le quittant, qu'il n'avait qu'acontiniter com i.e il mail commencé, et qu'il deviendrait un des premiers hommes du royaume. Des espérances aussi (laiteuses ne furent pas vaines. Ce fut aux collèges de l'ézenas et de Montbrison qu'il enseigna la grammaire, les humanités et la rhétorique d'une manière qui lui fil honneur. Le 17 août 1G89, il écrivit au P. de Sainte-Marthe, général de l'oratoire ' : « Je considère, lui dit-il, que je ne suis « dans la congrégation que pour être utile ; et « comme mon talenl et mon inclination m'éloi- « gnent de la chaire, j'ai cru qu'une philosophie « ou une théologie me conviendraient mieux. » Le mois de novembre de la même année, allant en Provence, il passa par Vienne où le Père Ville,
1 Cette vie, par un contemporain, an confrère et un compatriote de Massillon , a paru nuit ou neuf ans après la mort de l'évèque de Clermont Elle ett très-rare et se trouve seulement dans un petit recueil intitulé : Mémoires pour tervir à l'histoire de plusieurs hommes illustres de Provence (sus nom 'l'auteur;. Paris, 1752.
* Rcgist. de la maison de l'Ordre, d'Aix. — » Mita, particuliers— * Lett. maausc. de Massillon au P. de sainte Marthe.
supérieur du séminaire, l'arrêta, et le 13 du même mois il commença à y professer la théologie qu'il a enseignée jusqu'en 1690 exclusivement avec une grande réputation. Il avait été ordonné prêtre en 1692. Henri de Villars, archevêque de Vienne, étant mort, il prononça son oraison funèbre : ello lut écoutée avec des applaudissements extraordinaires, auxquels il ne s'attendait pas '. Il était le seul à ne pas connaître ses talents; et vivement frappé de la difficulté de réussir dans le ministère de la chaire, il prit le parti de se retirer a Septfonds, ou quelque temps après, instruit que le Père (François) Parères de la Tour, avait été élu le 14 juillet 1096, supérieur général de l'Oratoire, il lui écrivit et ce Père le fit revenir dans le sein de sa congrégation : il lui donna la maison de Lyon et lui conseilla de ne pas enfouir ses talents. Oiielques mois après, appelé au séminaire de Saint-Magloire pour en être un des directeurs, il y fit des conlérences si belles, si touchantes, si solides, qu'elles y attirèrent un nombre infini d'auditeurs. Il connut alors que le Seigneur bénissait son travail, et ne fil plus de difficulté de se préparer sérieusement à annoncer sa parole.
L'année 1098 il alla prêcher le carême à Montpellier; on n'a pas encore oublié dans cette ville le grand succès qu'il y eut. Repassant par Lyon , il y fut arrêté pour faire l'oraison funèbre de Camille de Neuville de Villeroy, archevêque de cette ville et commandant du Lyonnais, du Beaujolais et du Forés, qui venait de mourir âgé de quatrevingt-douze ans. Il remplit parlaitement l'attente du public.
Un plus grand théâtre lui était destiné , c'était Paris: il y fut appelé pour prêcher le carême de 1099, dans l'Eglise de l'Oratoire de la rue Saint- Honoré, où le Père (Jean-Joseph) Maure, venait de prêcher l'Avent avec un applaudissement extraor-
1 Mém. particuliers.
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