NEUF ANS APRÈS
Katrina est toujours enfermée au couvent de Chandernagor. Elle a trouve une sorte de bonlieur dans la monotonie des petites habitudes de la vie claustrale. Deux compagnes, frappées comme elle par une fatalité domestique, sont devenues ses amies intimes et l’accablent de prévenances et de soins : le couvent est l’honorable suicide des femmes.
Les deux amis sont rentrés dans la vie réelle ; ils ont découvert un autre genre de bonheur en vivant dans un milieu bourgeois qui leur donne les vives émotions des contrastes. Le dimanche, ils vont mémo s’installer chez le châtelain de Seine-et-Oise, où ils se pâment d’aise en écoutant des essais de romance, en visitant récuric et en jouant au trente-ct-un. Ils fré-
quentcnt la Bourse ; ils sont . membres d’un club et abonnés à TOpéra. Ils font ce que fait tout le monde et ils ressemblent à des gens heureux. Cette ressem- 1 lance est tout ce qu’on peut désirer ici-bas.