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res; ou je l'y accompagnais, ou j'allais l'y chercher; mais je n'osais troubler ses rêveries, ui lui en marquer ma peine; je craignais des repi'oches que bien souvent il ne pouvait retenir. Je les méritais trop pour m'en offenser.
Je m'en faisais à moi-même de bien cruels. Quel était le finit de mes tromperies et de ma folle passion ? Je m'étais précipitée dans un abîme de malheurs, et, ce qui est encore audessus des malheurs , je m'étais couverte de honte. Les nuits entières étaient employées à pleurer. Hélas! aurais-je pu penser que je regretterais un état si affreux? Comment m'imaginer que des malheurs mille fois plus grands m'attendaient encore?
Un jour, que, malgré la vue d'une mort prochaine, je ne puis encore me rappeler qu'avec douleur, je sortis pour aller à l'église; M. de iiarbasan y vint un moment après moi : je crus m'apercevoir qu'il avait l'air distrait et (juelque nouvelle inquiétude. Je me fis elFort pour lui dire quelque bagatelle; il n'y répondit point, et sortit le premier. Une femme de ma connaissance m'arrêta quelques momens, et m'empêcha de le suivre. Lorsque je rentrai dans la maison, j appris qu'il n'y était pas encore revenu : je 1 attendis une partie du jour;, je le fis chercher et le cherchai moi-mê;îie dans tous les endroits
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«m il pouvait être , et même dans ceux où il n'allait jamais. Le jour et la nuit se passèrent sans que j'en apprisse aucune nouvelle.
Grand Dieu! (juel jour et quelle nuit! Mon inquiétude et mon impatience me causaient une douleur presque aussi sensible que celle que je ressentis en lisant la fatale lettre qu'un inconnu remit le lendemain à une femme qui me servait.
La voici, me dit Ilippolyte en me présentant eetle lettre; je la pris en tremblant, et j'y lus ees paroles :
« Les remords dont je suis déchiré, que je » n'ai cessé de sentir, même dans les momens » où je me rendais le plus coupable, me forcent ji de vous abandonner. L'abime de njalbeurs où » je vous ai précipitée achève de me rendre le » plus indigne de tous les hommes : si je vous » avais montié mon cœur, si vous aviez connu » la passion dont il était rempli , si je vous » avais appris par combien de liens j'étais atta- » ohé à ce que j'adore , vous auriez surmonté » une malheureuse inclination qui nous a per- » dus tous deux. Adieu pour jamais, je vais » dans quelque coin du monde, où le souvenir » de mon crime me rendra aussi misérable que » je mérite de l'être. «
Quelle révolution cette lettre et ce (jue je venais d'entendre produisirent en moi ! Quelle
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tendresse se réveilla dans mon cœur ! Barbasan se présentait à mon imagination^ accablé de douleur pour une faute qui n'en était plus une , que je ne lui reprochais plus, puisqu'il m'avait toujours aimée ; et, quand il eût été le plus coupable de tous les hommes , quel crime un repentir tel que le sien n'aurait-il pas effacé? Moi seule je restais chargée de son malheur et du mien.
Cette femme, que j'avais regardée d'abord comme une rivale odieuse , devint pour moi un objet attendrissant. Je plaignais son malheur, j'excusais ses faiblesses , je sentais même de l'amitié pour elle. Pouvais-je la lui refuser? Elle semblait n'avoir aimé Barbasan que pour me donner des preuves qu'il ne pouvait aimer que moi.
J'exhortai à mon tour le curé de donner tous ses soins pour le soulagement de la malade : je l'assurai des secours dont elle aurait besoin. Je me fis apporter cet enfant malheureux : je le considérais avec attendrissement; je sentais qu'il me devenait cher. Ma tendresse pour le père se tournait au profit du fils. Nul scrupule ne me retenait; il me semblait au contraire que la simple humanité aurait exigé de moi tout ce que je fiiisais.
La malade me pria de faire emporter cet enfant : Je sens, dit-elle en répandant quelques