‹ OEuvres complètes de Mesdames de La Fayette, de Tencin et de Fontaines, précédées de notices historiques et littéraires (volume 4)Chapitre 16 sur 41 · I 7<^ I' ES M A L H E L R S · texte numérisé non relu

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nuit-là; et, le cinquième jour de mon arrivée, elle fut si violente, que l'on commença à désespérer de sa vie. M. d'IIacqueville connut son état plus tôt que les médecins. Loin d'en ê(re alarmé, la vue du péril lui donna une tranquillité et un repos dont il avait été bien éloigné jusque-là : je ne voyais que trop que ce repos et cette tranquillité étaient l'effet de la plus affreuse douleur, et mon cœur en était déchiré. Quels reproches ne me faisais-je pas de l'imprudence de ma conduite! j'aurais évité le malheur où je touchais, si je n*avais point caché ma dernière aventure. L'amitié que, malgré ma malheureuse inclination , j'avais ressentie pour mon mari , se réveillait dans mon cœur : je ne pouvais penser que j'allais le perdre, sans être pénétrée de douleur. J'étais sans cesse baignée dans mes larmes : la nécessité de les lui cacher m'obligeait, malgré moi , de m' éloigner de temps en temps du chevet de son lit.

J'étais retiré dans un cabinet qui touchait à sa chambre, lorsqu'il demanda à me parler. La mort , me dit-il lorsqu'il me vit seule auprès de lui , va nous séparer ; elle fera ce que je n'aurais peut-être jamais eu la force d'exécuter. Ah! m'écriai-je en versant un torrent de larmes, que me faites-vous envisager? le comble de la honte et du malheur. Est-il possible que je vous sois.

dcvctiiic si odieuse? C'est par un scnlimcnt tout contraire, reprit-il, que j'aurais dû vous aiïiancliirdu malheur de vivie avec un mari que vous n'avez pu aimer, et qui vous a mise eu droit de le haïr. Innocente ou coupable, les olï'enses que je vous ai faites sont de celles que l'on ne pardonne jamais.

L'état où vous me voyez, lui dis-je, répond pour moi : je rachèterais votre vie de la mienne propre. Qu'en ferais-je? reprit-il; elle ne serait qu'une source de peines. Ma fatale curiosité m'a «té l'illusion qui me rendait heureux. J'ai vu par moi-même votre tendresse pour cet enfant. Je n'ai rien ignoré de ce que vous avez fait pour lui : je vous ai soupçonnée. Que sais-je si je ne vous soupçonnerais pas encore ? que sais-je si vous pourriez vous justifier pleinement , et quelle serait la destinée de l'un et de l'autre? toujours en proie à mon amour et à ma jalousie, je finirais peut-être par ce que je crains le plus, par être votre tyran. Adieu, madame, continua-t-il, je sens que ma fin s'approche. Par pitié , ne me montrez point vos larmes ; laissez-moi mourir sans faiblesse.

Il se retourna, en prononçant ces paroles, de l'autre côté de son lit; et, quelque effort que je fisse, il ne me voulut plus entendre. Sa tête, qui avait été libre jusqu'alors, s'embarrassa

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dés la mêiut; nuit; la connaissance ne lui revint plus, et il expira dans mes bras.

Ma douleur était telle, que l'horreur du spectacle ne trouvait rien à y .ajouter. Je perdais un mari le plus honnête homme du monde , qui m'avait adorée, à qui je devais toute sorte de reconnaissance, que je regardais comme mon ami , pour qui j'avais la plus tendre amitié ; et c'était moi qui causais sa mort, c'était moi qui lui avais enfoncé un poignard dans le sein.

Il y a des douleurs qui portent avec elles une sorte de douceur; mais il faut pour cela n'avoir à pleurer que ce qu'on aime, et n'avoir pas à pleurer ses propres fautes. J'étais dans un cas bien différent. Tous mes souvenirs m'accablaient : je ne pouvais supporter la vue de moimême , et je ne pouvais me résoudre à me montrer dans le monde : il me semblait que mes aventures étaient écrites sur mon front. Je ne m'occupais que de la perte que j'avais faite. Barbasan même ne me faisait aucune distraction.

Je ne pensai à lui dans les premiers momens que pour m'affermir dans la résolution d'y renoncer pour toujours : je trouvais que je devais ce sacrifice à la mémoire de mon mari. Mais ce n'est pas de la solitude qu'il faut attendre un remède contre l'amour. Ma jjassion se réveilla insensiblement; la mélancolie où j'étais plongée

y contribua encore. Mes rêves se sentaient de la noirceur de mes idées : Barbasan y était toujours mêlé. J'en (is un où je crus le voir tomber à mes pieds tout couvert de sang; et, lorsque je voulus lui parler, il ne me répondit que ces mots : Vous vous êtes donnée à un autre.

Quelle impression ce rêve fit-il dans mon cœur! je crus qu'il m'annonçait la mort de Barbasan , et je crus qu'il était mort plein de ressentiment contre moi. J'allais porter cette nouvelle matière de douleur, peut-être la plus accablante de toutes, dans un bois de baute-futaie, qui Taisait ma promenade ordinaire. La solitude et le silence qui y régnaient y répandaient une certaine borreur conforme à l'état de mon âme. Je m'accoutumai insensiblement à y passer les journées presque entières : mes gens m'avaient vainement représenté cju'il était rempli de sangliers ; (ju'il pouvait m'y arriver quelque accident. Les exemples qu'on me citait de ceux qui y étaient déjà arrivés ne pouvaient m'inspirer de la crainte. Je trouvais que ces sortes de malheurs n'étaient pas faits pour moi ; et puis, qu'avais-je à perdre? une malheureuse vie dont je souhaitais à tout moment la fin.

J'étais restée un soir dans la forêt encore plus lard qu'à fordinaire. Dans le plus fort de ma rêverie, je me sentis tout d'un coup saisie par un

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homme qui, malgré mes cris (t mes elforls, m'emportait, quand un autre, sorti du plus épais du bois, vint à lui l'épée à la main : je profitai de la liberté que leur combat me donnait pour fuir de toute ma force : mes gens , que mes cris avaient appelés, coururent au secours de mon défenseur. J'étais si troublée et si éperdue, qu'on fut obligé de me mettre au lit dés que je fus arrivée.

Peu de temps après, j'appris que celui qui m'avait secourue avait blessé à mort l'homme qui voulait m'enlever; mais qu'il l'avait été luimême d'un coup de pistolet par un autre homme venu au secours du premier; que mon défenseur avait eu assez de force pour aller sur cet homme; qu'il lui avait passé son épée au travers du corps , et l'avait laissé mort sur la place ; que ceux qui gardaient, à quelque distance de là, des chevaux et une chaise , apparemment destinée pour moi , avaient pris la fuite.

J'ordonnai qu'on portât au château mon défenseur, et je fis en môme temps monter à cheval plusieurs personnes pour aller chercher les secours dont il avait besoin. Mon homme d'affaires, par humanité, et dans la vue de tirer quelque éclaircissement sur les auteurs de cette violence^ y fit porter en môme temps l'autre blessé, et cette précaution ne fut pas inutile.

Cet bomme , à qui les ajîprochcs de la mort

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faisaient seiitii- l'énormité de son crime, apprit

à mon homme d'aflaires que le due de M ,

mon beau-père, était l'auteur de cet enlèvement; que son dessein était de me conduire dans un vieux château qui lui appartenait, situé dans les montagnes du Gévaudan; que les biens considérables que l'on m'avait reconnus quand je m'étais mariée, lui avaient fait naître le dessein de s'en rendre maître, et que, pour y parvenir, il avait voulu s'assurer de ma personne , pour m'obliger, le poignard sur la gorge, de faire une donation à mon frère. Cet homme ajouta que mon beau-père ne m'eût pas laissé le temps de révoquer ce que j'aurais fait ; mais que je n'avais plus rien à craindre, et que c'était lui qui avait été tué par celui qui m'avait secourue.

Mon homme d'affaires, qui me rendit compte de ce qu'il venait d'apprendre , me glaça d'effroi. Le péril que j'avais couru augmentait encore ma reconnaissance et mon inquiétude pour mon défenseur : j'en demandais des nouvelles à tout moment. Mes gens, qui voyaient que j'avais besoin de repos, me cachèrent, le plus longtemps qu'il leur fut possible, le malheureux état où il était. La connaissance ne lui revint que lorsqu'on eut sondé ses blessures : il voulut savoir son état, et le demanda de façon que les chirurgiens furent contraints de lui avouer qu'il

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n'avait pas vinjijt-qnatre heures à vivre. Un homme, que l'on jugea son valet de chambre, vint dans la nuit; dès qu'il le vit, il pria qu'on les laissât seuls.

Ce ne fut que le lendemain qu'on m'annonça ces affligeantes nouvelles ; et, peu d'heures après, on m'apprit qu'il allait expirer. On pense aisément à quel point je fus touchée de la mort de quelqu'un à qui je devais la vie. J'étais encore dans le saisissement, quand on me dit que l'homme qui avait passé la nuit auprès de lui demandait à me voir : il s'approcha de mon lit, et voulut me présenter une lettre qu'il tenait, mais je n'étais pas en état de la recevoir. J'eus à peine jeté les yeux sur lui que je perdis toute connaissance : elle ne me revint qu'après plusieurs heures, et ce ne fut que pour quelques momens : je passai de cette sorte tout le jour et toute la nuit.

Dès que je pus parler, je demandai à revoir cet homme : malgré les effets qu'on en craignait, on fut contraint de m'obéir; ce fut alors qu'il me remit la lettre que voici:

« Daignerez - vous , madame, reconnaître le » caractère de ce maliieureux que vous devez » regarder comme le plus coupable et le plus )) perfide de tous les hommes? Ilélas! madame, » je me suis peut-être jugé plus rigourrusement

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» que vous ne m'auriez jugé vous-même. IVIon » repentir et ma douleur m'ont fait un supplice » de tous les instans de ma vie. Je me suis cru » indigne de porter à vos pieds ce repentir et )) cette douleur, et ce n'est que dans ce moment, » où je n'ai plus que quelques heures à vivre, )) que j'ose vous dire que , tout criminel que je » suis, je n'ai jamais cessé un moment de vous )) adorer. Je ne serai plus, madame, quand » vous recevrez cette lettre. Si vous vous ressou- » venez quelquefois du misérable Barbasan , » souvenez-vous aussi quel a été son repentir. »

A peine pouvais-je discerner les caractères au travers des pleurs dont mes yeux étaient remplis. Il est mort! m'écriai-je après l'avoir lue; je ne le verrai plus ! Je ne pourrai jamais lui dire que je l'ai toujours aimé. Pourquoi m'a-t-il sauvé la vie? Que je serais heureuse si je l'avais perdue!

Beauvais (car c'était ce fidèle domestique) pleurait avec moi : sa douleur me le rendait nécessaire; je ne voulais voir que lui; je passais les jours et les nuits à lui parler de Barbasan et à m'en faire parler. Je l'obligeais de me dire ce qu'il ni'avait dcjà dit mille fois.

Il me conta qu'il avait été joindre son maitie à Francfort; qu'il lavait trouvé plongé dans la plus profonde (listesse; ([u'autorisépar ses longs

services , il avait pris la liberté de lui en demander la cause plusieurs fois, et long-temps sans succès ; qu'enfin Barbasan , accablé de ses peines , n'avait pu se refuser la consolation de les lui dire.

Beau vais me répéta alors ce que je savais de la fille du geôlier : il ajouta que Barbasan m'avait vue dans une église ; qu'il avait été d'abord fort éloigné de penser que ce fût moi ; mais que la seule ressemblance lui avait fait une impression si vive, et avait augmenté ses remords de telle sorte, qu'il ne lui avait plus été possible de supporter la vue d'IIippolyte; qu'il avait été se réfugier chez un Français de sa connaissance ; et que, pressé par son inquiétude, il avait envoyé Beauvais s'informer de cet étranger.

Beauvais, après plusieurs recherches inutiles, avait enfin découvert, par hasard, la femme chez qui j'avais logé. Les détails qu'il apprit d'elle éclaircii'ent pleinement Barbasan. Cette nouvelle marque de ma tendresse , si singulière, si extraordinaire, augmenta sa confusion et son désespoir à un tel point, qu'il était prés d'attenter sur sa vie : il voulait me suivre : il voulait s'aller jeter à mes pieds ; il trouvait ensuite qu'il n'était digne d'aucune grâce. Que lui dirai-je? disait-il; que tandis qu'elle faisait tout pour moi , je la trahissais d'une manière si in-

digne ! M'en croira-t-elle quand je lui protesterai que je l'ai foujours adorée?

Enfin, après bien des irrésolutions, le désir de me voir l'emporta : il se mit en chemin , bien résolu de me suivre en France. Loin qu'il fût arrêté par le péril qu'il y avait pour lui d'y paraître, il y trouvait au contraire de la satisfaction : c'était du moins me donner une preuve du prix dont j'étais à ses yeux. Il suivit la route que j'avais prise : sa diligence était si grande, que, malgré l'avance que j'avais sur lui, il m'aurait jointe infailliblement sans l'accident qui le retint.

Le gouverneur de Philisbourg venait de recevoir ordre d'arrêter un homme de grande importance, qui avait quitté le service de l'empereur pour passer dans celui de France. Les instances que Barbasan fit à la poste pour avoir des chevaux , et plus encore sa bonne mine , firent soupçonner qu'il était celui que cet ordre regardait. On l'arrêta, et on le conduisit chez le gouverneur, homme exact et incapable de se relâcher sur ses devoirs. Tout ce que Barbasan put lui dire fut inutile : il l'envoya prisonnier à la citadelle.

Il y fut retenu pendant plus d'une année , et il n'en sortit que quand la place fut prise par le maréchal d'Estrées.

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JBarbasan en cHait connu, et en était particulièrement estimé. Le maréchal lui conseilla de passer au service du roi de Suède. Mon mariage, qu'il apprit dans le même temps, le détermina à prendre un parti où il espérait trouver la fin de ses maux. Il fit , en cherchant la mort , des actions si héroïques, que le roi de Suède crut ne pouvoir trop le récompenser ; mais il refusa constamment tout ce qu'on lui offrit, et ne voulut point sortir de l'état de simple volontaire.

Beauvais me dit encore que Barbasan , toujours plein de son amour et de sa douleur, était revenu en France, sans autre projet, sans autre espérance que de me voir, ne fût-ce même que de loin ; qu'il était arrivé à Paris précisément dans le temps que j'en étais partie pour aller joindre mon mari en Gascogne ; que , persuadé de la part que le commandeur de Piennes et Eugénie avaient à mon mariage, il n'avait voulu les voir ni l'un ni l'autre; mais que, sans leurs secours , il avait été instruit de tout ce qu'il avait intérêt de savoir; qu'il n'avait pas hésité de me suivre en Gascogne ; qu'il s'était arrêté à Marmande, petite ville à un quart de lieue de la terre où j'étais, et que c'était là qu'il avait appris la mort de mon mari, et mon extrême aniictioii ; que , comme je ne sortais point

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du clintoaii , il avait cliorclu' à s'y inlrodiiiro, et qu'il m'avait vue plusieurs fois, poiul.inf la messe, dans la chapelle du château, et (oiijoiu\s avec un nouveau saisissement; que, lorsque je commençai à aller dans la forêt , il quitta iMarmande, et vint se lop;or dans une petite maison attenante à cette même forêt; qu'instruit par son hôte du péril où j'étais exposée, il me suivait avec encore plus de soin ; que l'épaisseur du bois lui donnait toutes sortes de facilités âv se cacher; qu'il fut cent fois au moment de se jeter à mes pieds, d'obtenir son pardon ou de se donner la mort; mais que les larmes qu'il me voyait l'cpandre, et qu'il croyait que je donnais au seul souvenir de M. d'Hacqueville , le retenaient et lui faisaient éprouver en même temps ce que la jalousie a de plus cruel; qu'enfin ce jour fatal , ce jour qui devait mettre le comble à toutes les infortunes de ma vie, le malheureux Barbasan, qui ne pouvait plus soutenir l'excès de son désespoir, s'avançait vers moi, lorsqu'il entendit mes cris, et qu'il vit le péril où j'étais.

Ce récit que me faisait Bcauvais, me perçait le cœur, et c'était pourtant la seule chose que j'étais capable d'entendre.'

Le corps de Barbasan avait été mis, par mon ordre, dans un cercueil de plomb; j'allais l'ar-

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roser de mes larmes. Je nourrissais ma douleur de l'espérance que du moins un jour la même terre nous couvrirait tous deux.

J'aurais passé le reste de ma vie dans cette triste occupation, si le commandeur de Piennes n'était venu m'arracher de ce lieu. Ses prières et ses instances eussent cependant été inutiles, si le désir de revoir cet enfant , que la mort de son père m'avait rendu mille fois plus cher, et qui était devenu mon unique bien, ne m'avait rappelée à Paris. Je trouvai que la mort du

duc deN y était déjà oubliée. Sa famille , qui

avait voulu cacher la honte de son aventure, avait pris soin de publier qu'il était mort d'apoplexie dans ses terres du Gévaudan.

J'allai m'enfermer avec ma chère Eu<<^énie ; et, sans m'engager par des vœux, je renonçai au monde pour jamais. Mes malheurs m'ont fourni, pendant un grand nombre d'années, assez d'occupation pour vivre dans la solitude. Le temps a enfin un peu affaibli la vivacité du sentiment ; mais il m'est resté un fonds de tristesse et de mélancolie qui m'accompagnera jusqu'à mon dernier moment. La fortune de ce malheureux enfant est la seule chose qui a pu faire quelque distraction à ma douleur. Je l'ai mis de bonne heure dans les troupes; il y jouit d'une réputation brillante : il est actuellement

d.'iiis les premiers grades. J'ai cru devoir lui laisser toujours ignorer ce qu'il est. II ne sait pas même d'où lui vient le bien (ju'il reçoit : j'ai mieux aimé renoncer à sa reconnaissance que de lui donner la mortification de se connaitre.

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