‹ OEuvres complètes de Mesdames de La Fayette, de Tencin et de Fontaines, précédées de notices historiques et littéraires (volume 4)Chapitre 29 sur 41 · REG\F · texte numérisé non relu

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monarque , en le faisant détester du peuple ; la comparaison du sort du duc de Lancaslre avec celui de sa sœur, mademoiselle de Lancastre , morte d'une mort naturelle , et qui méritait bien plus justement le supplice ; les malheurs de l'état , en proie à toutes les divisions ; le roi détrôné enfin et livré à la mort par la reine elle-même; cette criminelle princesse dépouillée à son tour de son autorité par son fils Edouard III , l'un des plus grands hommes que l'Angleterre ait vus sur le trône ; la détention de Mortimer; l'inconstance de la reine et les nouveaux scandales donnés à la nation par son amour pour le comte de Kent ; le supplice de ce dernier ; et enfin l'emprisonnement de la détestable Isabelle par l'ordre du roi son fils ; les vertus naissantes de ce jeune prince ; l'espoir qu'il donnait d'un règne plus heureux; tous ces événemens , pressés et multipliés, faisaient le sujet ordinaire des entretiens de madame de Cornouaille et du comte de Pembrocke , qui s'était absolument retiré des affaires et de cette odieuse cour. Ils survécurent tous deux à presque tous les acteurs principaux de ce régne : ils apprirent la mort d'Isabelle , après vingt-huit ans de captivité daus le château de Wising. IMalgré l'oubli profond où elle était tombée , ils regardèrent en-

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rovo sa fin comme un boiilicur pour W'inl et j)(>iii- \c roi. Us lui! !ii (émoins do la grandeur de ce monarque, et se fi'licilèrent d'avoir assez vécu pour voir des temps plus heureux ([ue ceux (jui avaient aHli."/' leur jeunesse. Tel fiil enfin pour eux le pouvoir de la raison , de la sagesse, de la vertu et de la constante amitié , (pie , malgré les infoitunes affreuses et accablantes de madame de Cornouailîe , malgré la passion toujours malheureuse de M. de Pembrocke, l'un et l'autre, sans faiblesse comme sans remords, passèrent une vie douce dans les temps les plus orageux, et parvinrent au seul bonheur qu'on puisse espérer dans la dernière vieillesse, celui du témoignage d'une ame pure, de la considération de ses proches , et des douceurs d'un attachement inaltérable.

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