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faux, jaloux de tout, qui , n'ayant que de Irèsj)etits moyens pour être en place , veut miner tout ee qui est autour de lui pour n'avoir j)as de rivaux à craindre. H voudrait que ses collè- /^ues fussent encore plus ineptes que lui , pour paraître quelque chose. C'est un poltron , qui crie toujours qu'il va tout tuer, et qui s'enfuit en vovant l'ombre d'un homme qui veut lui résister ; il ne fait peur qu'à de petits enfans. De même , îMaurepas ne sera nn jjrand homme qu'avec des nains; il croit qu'un bon mot ou qu'une épigramme ridicule vaut mieux qu'un plan de guerre ou de pacification. Dieu veuille qu'il ne reste pas long-temps en place , pour nos intérêts et ceux de la France ! Je vous manderai plus au long tout ce que j'apprendrai. Adieu, mon cher duc; malgré toutes nos peines , nous ne parviendrons jamais à faire voir les choses au roi avec des yeux éclairés ; il est entouré de gens qui abusent continuellement de son autorité, et on dirait qu'il a juré de ne pas s'en apercevoir.
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LETTRE y.
Paris, ce 1 3 août iji^-
Je vous écris par un courrier du maréchal. Il m'était bien nécessaire de pouvoir vous parler en liberté, mon cher duc ; j'ai amassé bien des choses différentes qu'il faut que vous sachiez. Je les écrirai comme elles se présenteront à mon esprit : je commence. L'abbé de Brogiie a écrit à d'Argenson cjue la pénitence de son frère était assez longue , qu'il fallait lui permettre de venir à la cour, et que , si on ne le lui permettait pas, il y viendrait tout de même. D'Ar-ïenson , étonné de ce style, alla chez M. de Châtillon pour l'engager ;i faire prendre patience au maréchal de Brogiie. On lui a promis qu'il reviendrait en septembre. Il me semble qu'il faut en conclure que le maréchal a des lettres des ministres qui lui disent de ramener son armée , ou qu'il en a de son frère autorisé par les ministres. L'inquiétude , le trouble même que d'Argenson montra à la réception de la lettre de l'abbé, me fait croire qu'il a eu part, aussi-bien que les autres ministres , à la pitoyable conduite du maréchal. Si le roi était servi fidèlement par ceux qui sont com-
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mis à la poste, il serait instiiiil de tout ce qui s'est fait sur cela et sur bien d'autres choses. Les plaintes contre d'Argenson sont (Jjénérales. l^e comte de Saxe est un des plus forts plaignans. On dit tout haut qu'il ne sait pas un mot de sa besogne , qu'il est sec , glorieux et inabordable. Je vous écrivis hier par le courrier, sur Amelot. Je crois qu'il faut attendre votre retour pour frapper de grands coups. Je crains avec raison qu'on ne travaille pour quelque autre que celui que vous voudriez. L'union ne peut L'Ire trop grande entre mou frère et le maréchal de iNoailles. Il n'y a que cette union qui puisse les mettre à couvert de la mauvaise volonté des ministres. C est à vous, mon cher duc, à la maintenir et à l'augmenter. M. d'Aumont a écrit ici qu'il était dans la plus parfaite union avec M. d'Ayen. J'ai cru devoir vous en informer ; mais vous sentez bien qu'il ne faut rien dire qui puisse faire des tracasseries, et que si vous montriez que vous êtes instruit, on remonterait bien vite à la source. Les ministres décrient le maréchal de Noailles autant qu'ils peuvent. Il doit être assuré qu'ils n'oublieront rien pour le culbuter.
Ce que je vous avais mandé sur le besoin que madame de La Tournelle avait d'argent, na eu aucune suite. Sur la réponse qu'on lui fit de ma
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part, qu'il y avait plusieurs moyens, et tous faciles, de lui en faire avoir, mais qu'il fallait que le roi dit un mot, elle répondit qu'il fallait attendre ; que le moment n'y était pas propre ; que peut-être la chose se ferait tout naturellement de la part du roi. Je n'ai pas été fâchée de ce retardement, parce que j'aime mieux, si la négociation a lieu, qu'elle passe par vous.
Rien dans le monde ne ressemble au roi; il a peur que mon frère ne lui fasse faire ce qu'il voudrait, s'il venait à lui parler; du moins, je ne puis attribuer qu'à cette crainte la conduite singulière qu'il a avec lui. Les lettres vont toujours entre eux ; il y répond assez régulièrement, et même plus qu'il ne faisait; et tout cela n'aboutit à rien , ou du moins à pas grand'chose.
Les ministres sont très-contens ; aucun ne s'embarrasse de la chose publique : le maréchal et mon frère sont les seuls qui s'y intéressent. Il faut bien se servir de votre d'Argenson, quoique vous le connaissiez pour mauvais, quand vous êtes parti. Il n'est pas devenu meilleur; mais il faut prendre patience et dissimuler : l'éclat serait encore pis , et votre position plus désagréable. Il n'est pas douteux que le roi s'accommode et s'est accommodé de ce qu'il trouve de bon et à sa bienséance dans les lettres de mon frère ; vous en trouverez la preuve^ si vous vous sou-
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voïK'z (le ce (jue vous y avez vu, et qui apj)at'tenait au duc d'Ayen. Les droits de l'amirauté dt'liuits ont fait un tr(S-!)ou clVol dans le public. M. de Maurepas a dit à un de ses conlldens que c'était le roi qui lui avait dit le premier qu'il voulait les supprimer en totalité; mais que lui, IMaurepas , avait réglé la chose comme elle parait. On lui a représenté qu'il avait eu grand tort de ne pas consentir à l'abolition entière de ces droits; il a répondu que c'était pour le bien , et a appuyé son sentiment, ou plutôt son dire , par un sophisme. Il est bien aisé de voir qu'il a voulu faire sa cour à madame de Toulouse ; aussi lui a-t-elle écrit qu'elle n'oublierait jamais ce qu'il avait fait pour son fds , et qu'un ami tel que lui ne pouvait être conservé avec trop de soin. On parle toujours de Chavigny : je ne crois pas cependant qu'on le me(te à la place d'Amelot; mais je crois qu'on le fera travailler. Il sera aisé de s'en apercevoir; rien n'est si obscur que ce qu'il écrit. ^ ous savez qu'il s'est tenu des conseils à Choisy.
Les lettres ont fait sûrement impression à madame de La Tournelle ; j'en juge parce qu'une des choses qu'on lui conseillait a eu lieu. Votre défunte poule est très - bien à la cour de Maurepas ; elle y soupe souvent, et a