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paraison qui lui parut injurieuse, par l'hommage le plus éclatant que la mémoire de l'auteur du Cid pût recevoir, et par un éloge de son génie, dont tous les panégyriques de Corneille n'ont été que le commentaire.
De tous les grands hommes du siècle de Louis XIV , Racine était peut-être le seul qui pût rendre une justice complète à madame de La Fayette sous le rapport de la délicatesse des sentimens , du mouvement intérieur des passions , des luttes secrètes entre le penchant et le devoir, et de la pudeur de l'expression. Le peintre de Moninie et d'i/^/wg^^zz/e devait sentir mieux que personne le mérite de la Princesse de Cleves.
La Princesse de Montpensier et la Comtesse de Tende sont deux nouvelles où le talent de madame de La Fayette se fait aisément reconnaître. C'est encore l'amour avec toutes ses faihlesses ; les deux héroïnes succomhent ; mais l'auteur ne cherche point à excuser leur chute ; et la violence des remords est le seul moyen d'intérêt qu'il ail trouvé dans ses principes
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de morale et dans son imagination. On a remarqué celte situation de la comtesse de Tende, infidèle à son époux, et osant lui révéler un secret qui doit la perdre. Madame de La Fayette répondait ainsi aux critiques qui lui reprochaient de n'avoir pu sauver la vertu de la princesse de Clèves , qu'en lui faisant choisir son époux pour confident d'une passion adultère. Si la comtesse de Tende avait eu la même force d'âme, elle fût restée lidèle à ses devoirs. Les écrivains de cette époque ne concevaient pas qu'une composition sans hut moral pût être digne d'estime ^ cette découverte nous était réservée.
Nous devons encore à madame de La Fayette deux ouvrages historiques assez iniportans. Le premier intitulé , Mémoires de la cour de France , contient le récit des événemens qui se sont passés pendant les années 1688 et 1689. Louis XIV commençait alors à porter péniblement le fardeau du pouvoir absolu ; l'Europe protestante et l'Europe catholique se réunissaient contre l'orgueil de ses ministres et ses
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propres idées de prééminence. La révocation de l'édit de Nantes plongeait dans le deuil plusieurs de ses provinces ^ les autres gémissaient sous le poids des impôts ; une femme sans capacité , un prêtre sans religion , enchaînaient sa conscience , et le montraient en spectacle aux nations comme un prince du Bas -Empire. Pendant qu'il s'occupait des misérables querelles du jansénisme, et qu'il dépeuplait son royaume par la persécution, Guillaume,, prince d'Orange, lui enlevait l'Angleterre^ et faisait descendre du trône la maison de Stuart, vendue à sa politique. 11 est curieux de voir , dans l'ouvrage de madame de La Fayette , de quelle inanière les contemporains jugèrent de telles révolutions. C'est elle qui nous a conservé le mot caractéristique de Le Tellier, archevêque de Reims , qui , voyant sortir Jacques II de la messe, dit avec un ton d'ironie : « Voilà un fort hon homme • il a quitté trois royaumes pour une messe. » Belle réflexion, ajoute madame de La Fayette ;^ dans la Louche d'un archevêque I
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L! Histoire de madame Henriette d^Anf^leterre^ première femme de Philippe de France, duc d'Orléans, est le second ouvrage historique de madame de La Fayette. Il est d'autant plus précieux^ qu'il a été écrit, selon le témoignage même de l'auteur, sous la dictée de la princesse. Il fait hien connaître l'intérieur de la cour de Louis XIY, les intrigues et les faihlesses des filles d'honneur, les galanteries des courtisans, les petitesses des grands seigneurs , et le despotisme civilisé du monarque. La lecture des derniers momens de madame Henriette est d'un grand intérêt 5 tout porte à croire qu'elle mourut par le poison ; elle en était elle-même persuadée , et l'on voit que madame de La Fayette penche vers cette opinion. Elle ne quitta pas un instant la princesse pendant sa cruelle agonie, et conserva religieusement le souvenir de son amitié.
Si le caractère des écrivains se peignait toujours dans leurs ouvrages, je pourrais me dispenser de chercher à connaître celui de madame de La Fayette. On se la repré-