‹ OEuvres complètes de Mesdames de La Fayette, de Tencin et de Fontaines, précédées de notices historiques et littérairesChapitre 28 sur 37 · TOME 1. iG · texte numérisé non relu

TOME 1. iG

perds Zayde dans le même moment que je la retrouve. Quand je la voyais, et que je lui parlais dans la maison d'Alphonse , elle ne pouvait m'entendre; lorsque je l'ai rencontrée à Tortose , et que j'en pouvais être entendu, je ne l'ai pas reconnue; maintenant que je la vois, que je la reconnais , et qu'elle pourrait m'entendre, je ne saurais lui parler, et je n'espère plus de la revoir, il demeura quelque temps dans ces diverses pensées , puis tout à coup se tournant vers ceux qui le conduisaient : Je ne crois pas, leur dit-il , que vous craigniez que je puisse vous échapper ; je vous demande la grâce de me laisser approcher du bord d.e la rivière pour parler pendant quelques momens à des personnes que je vois dans cette barque. Je suis très-fàché , lui répondit Oliban , d'avoir des ordres contraires à ce que vous désirez ; mais il m'est défendu de vous laisser parler à qui que ce soit , et vous me permettrez d'exécuter ce qui m'a été ordonné. Consalve sentit si vivement ce refus , que cet ofilcier , qui remarqua la violence de ses sentimens , et Cjui craignit qu'il n'appelât à son secours ceux qui étaient dans la barque , ordonna à ses gens de l'éloigner de la rivière. Ils s'en éloignèrent à l'heure même , et conduisirent Consalve au lieu le plus commode pour passer la nuit. Le lendemain ils prirent le che-

HISTOIRE ESPAOXOL n. 2 /p

min de Léon , et marchèrent avec tant de diligence , qu'ils y arrivèrent en peu de jours. Oiiban envoya un des siens avertir le prince de leur arrivée , et attendit son retour à deux cents pas de la ville. Celui qu'il avait envoyé apporta l'ordre de conduire Consalve dans le palais par un chemin détourné, et de le faire entrer dans le cabinet de domGarcie. Consalve était si afili^jé, qu'il se laissait conduire sans demander seulement en quel lieu on le voulait mener.

Page 1