scène comme celle-ci cette Amélie a
des accents qui me déchirent.... Blanche, soignez-la, consolez-la, dites-lui bien que je ne veux pas sa mort.... dites-lui... JNon , ne lui dites rien , et laissez-moi partir. » Alors , se détournant du touchant objet qu'elle avait devant elle, elle a monté dans la voiture qui l'attendait, et est partie aussitôt. On a reporté Amélie dans son appartement. Je n'entrerai dans aucun détail sur les moments qui ont succédé à celui-là; ils seraient inutiles, et je n'en ai pas le temps : qu'il vous suffise de savoir que votre sœur, en revenant à elle, et en apprenant que madame de 'Woldemar avait résiste à ses prières, n'a formé aucune plainte, n'a versé aucune larme , et est demeurée dans une morne tranquillité dont rien n'a pu la tirer jusqu'à présent.
INIa mère....! faut-il avoir de pareils reproches à adresser à une mère! ma mère, plus insensible que madame de Woldemar, s'il est possible, a vu Amélie sans pitié; elle m'ordonne de quitter cette infortunée; le départ de ma tante
est, dit-elle, un ordre de sortir d'ici ; elle craindrait de l'offenser en ne l'imitant pas, et dès demain nous retournons à Geysa. ^lon père n'est point ici; on a éloigné mon bon père, de peur qu'il ne se laissât fléchir par mes prières.... J'ai passé la nuit à écrire; je vois venir le jour : dans un instant il faudra partir, et partir sans revoir Amélie.... Hélas! la reverrai-je jamais! 0 mon Albert! quelle était mon erreur en croyant que vous consacrer ma liberté c'était la perdre ! Si je vous appartenais , si je ne dépendais que de vous, je pourrais rester ici, suivre tous les mouvements de mon cœur, et , en secourant l'infortune , en m'élevant contre l'oppression , et en repoussant l'injustice , je serais sûre de votre approbation.