CHAPITRE XVr
AGITATIONS, CONFIDENCKS , EXPLICATIONS.
Le lendemain elle persista dans sa résolution, ne descendit point; et, pour
Qu'ai -je vu? Un être a-t-il tant de pouvoir sur un autre? Pourquoi celui-là vient-il éveiller dans mon cœur des
émotions si puissantes? Aimerais-
je? Non , non , je n'aime pas ; je le crois, j'en suis sûre : je n'ai point de plaisir à le voir; au contraire, je le fuirais plutôt Oh ! pars , pars , Edmond ! délivre-moi de ta cruelle vue ; j'ai bien assez de ton image. >- Après un moment de silence, elle continua : « N'est-ce point un rêve? étais-tu là tout à l'heure ? Là , devant moi , tes regards ont rencontré les miens ; mon cœur bat violemment à
sir Edmond , elle fit dire qu'elle était un peu indisposée. En vain retarda-t-il son départ de quelques heures , dans l'espérance de la voir, elle ne parut point; et il fallut qu'il se décidât à quitter cette maison sans avoir revu celle qui était devenue la souveraine de sa destinée.
Ce ne fut point sans peine qu'il s'y détermina; mais, blessé du manque de parole de Malvina , et plus encore de lui voir la volonté de résister et la force de le pouvoir, il partit sans s'être présenté chez elle , et sans lui avoir fait dire un mot de simple politesse. Elle
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ne s'y attendait point; en se souvenant de ce qu'il lui avait exprimé la veille , il lui semblait impossible qu'il ne fit pas quelques tentatives pour la voir; et durant toute la matinée , malgré elle son cœur battit chaque fois que quelque bruit se faisait entendre à la porte; et, en se voyant trompée dans son attente, malgré elle encore elle éprouvait un mouvement d'impatience contre la personne qui avait causé ce bruit. Bientôt le roulement fatal de la voiture retentit à ses oreilles, et lui ôta tout espoir; mais elle se rattacha à l'idée que sir Edmond , craignant que sa porte ne lui fdt fermée , avait préféré lui écrire un billet : aussi , chaque fois que miss TomUins entrait dans sa chambre, elle épiait tous ses gestes , suivait tous ses mouvements , espérant toujours que le billet attendu allait lui être présenté; et ses regards interrogatifs avaient une telle expression, que miss Tcmkins en fut friippée au point de lui demander à plusieurs reprises ce qu'elle désirait.
Enfin , quand la nuit arriva, et que la triste Malvina ne put plus douter que sir Edmond ne fut parti sans penser à elle , un sombre découragement s'empara de son ame; malgré les devoirs qui l'enchaînaient, elle n'avait pu cesser de s'occuper de lui ; et lui , qu'aucun motif ne retenait , partait connue s'il l'eût oubliée ; il fallait donc qu'ils fussent bien différemment affectés, car, dans sa situation , elle n'eût pas agi comme lui. Voi'à ce que pensait Malvina , et ce fut la première épreuve qui lui apprit qu'une fenune tendre qui s'attend à recevoir autant qu'elle donne, et qui juge du cœur des honnnes d'après le sien , est dans une erreur que l'expérience doit lui arracher tôt ou tard.
L'indisposition qu'e!le avait prétextée le matin lui servit d'excuse pour rester renfermée tout le jour : la crainte de la déranger empêcha M. Prior de monter chez elle; mais qu'il eut de peine à s'en abstenir ! Un jour passé sans voir Malvina n'était plus un jour pour lui , c'était un siècle , une éternité ; rien au monde
ne pouvait remplacer ce qu'il perdait ; et cependant , tout en sentant que l'air qu'il respirait lui était moins précieux qu'un mot , un regard de son amie , il était loin de s'alarmer sur les suites de cette anntié : l'impossibilité de prétendre à un autre sentiment l'empêchait de le craindre; ses vœux, sa religion, lui semblaient une barrière imprescriptible et insurmontable que nulle puissance ne pouvait briser : tranquille sous un abri si chancelant , il ne voyait pas qu'un simple fil l'attachait au ciel , tandis qu'un gouffre était à ses pieds. L'idée d'obtenir plus que de l'amitié de IMalvina lui était absolument étrangère, je doute même qu'il l'eût supportée; il est des biens si vifs qu'ils nous causent comme une sorte d'effroi , l'image d'un trop grand bonheur nous trouble ; et il semble que, se défiant de la faiblesse de nos organes , notre ame se détourne des jouissances trop exquises , comme nos yeux de la lumière du soleil.
]\L Prior hâtait donc, de tous ses vœux, la journée du lendemain : ainsi, dans notre téméraire ignorance , nous appelons souvent à grands cris l'instant qui va commencer la chaîne de nos malheurs.
Levé avec le jour, il s'était présenté chez IMalvina à l'heure où elle descendait ordinairement; mais le plus profond silence régnait dans son appartement , et il fut obligé de revenir chez lui. Enfin l'horloge avait sonné midi , lorsque, repassant pour la sept ou huitième fois devant cette porte , que ses désirs ouvraient depuis si long-temps, il trouva miss Tomkins qui sortait; il lui demanda aussitôt « si madame de Sorcy était levée , et s'il pouvait entrer. — Ah ! bon Dieu ! répondit-elle , depuis le jour je l'ai entendue marcher dans sa chambre; elle dort si peu , qu'elle finira par se rendre malade : depuis deux soirs elle
m'oblige de me coucher, et veille
Dieu sait jusqu'à quelle heure ! Elle ne cesse pas de pleurer : aussi elle est d'un changement! Teniez, mon bon Monsieur, s'il faut que je la voie toujours
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aussi triste et abattue , il n'y aura plus de joie pour moi dans le monde..... »
M. Prior ne lui répondit pas , et entra chez Malvina. Elle était assise , la tête penchée , dans une triste mélancolie , le coude appuyé sur un genou , et le front couvert de sa main ; elle se leva aussitôt en le voyant , et vint au-devant de lui : ses yeux rouges et cernés attestaient la triste insomnie de la nuit. « Vous êtes malade , mon amie ; vous êtes affligée , lui dit-il : votre cœur ne confiera-t-il pas au mien tout ce qui l'oppresse ? — Il est vrai , répondit-elle , je suis un peu indisposée ; c'est ce qui m'a décidée hier à ne pas quitter ma chambre , et à ne recevoir personne, quoique je craignisse qu'on ne trouvât ma conduite extraordinaire , ou du moins impolie. — Qui donc l'aurait trouvée ? répliqua M. Prior ; ' sir Edmond tout au plus. « Et ce tout au plus était pour Malvina; mais, de peur de le laisser voir , elle n'osa ni ajouter un mot ni faire une question. « J'ai bien souffert hier, lui dit M. Prior après un moment de silence ; la crainte de vous déranger m'a empêché de monter chez vous, j'ai passé tout le jour sans vous voir : qu'il m'a semblé long ! Mais du moins , chère Malvina , avezvous plaint votre ami privé de votre présence ? — Il faut que je vous ouvre mon cœur, M. Prior, répondit-elle :
assurément votre amitié m'est chère , et vous avez dû voir le plaisir que je prenais dans vos entretiens ; mais ne craignez-vous point qu'ils ne soient marinterprétés, et qu'on ne s'étonne de nous voir si souvent ensemble ? — Bon Dieu ! d'où peuvent vous être nées de pareilles idées ? s'écria M. Prior en la regardant avec surprise. — Mais de la nature même des choses , répliquat-eile en rougissant ; des visites si assidues dans mon appartement peuvent paraître singulières.— Mais qui y songe.? — On l'a remarqué. — Qui donc vous l'a dit ? « Cette question directe déconcerta Malvina ; mais , comme il fallait faire un mensonge , ou nommer sir Edmond , elle n'hésita pas. A ce nom ,
M. Prior, frappé d'un coup inattendu, s'écria vivement : « Eh ! de quel droit sir Edmond fait-il des remarques sur votre conduite ? comment ose t-il vous les communiquer? et par quel inconcevable motit mon amitié sera-t-elle sacrifiée au conseil d'un homme comme lui? « L'air de mépris qu'il mit dans cette dernière phrase donna à Malvina le courage de la relever, et elle répondit vivement : « Quelle que soit l'opinion que vous ayez de sir Edmond , le croyezvous donc incapable de faire une remarque juste ? et est-on coupable pour l'écoutev et y avoir égard ? — Mais , reprit-il avec agitation, un semblable conseil suppose de l'intimité, et vous ne m'aviez pas dit qu'il en existât entre vous et lui. — Je ne crois pas qu'il en existe non plus , reprit-elle avec embarras. — Vous ne le croyez pas ! 0 Malvina ! vous n'en êtes donc pas sûre? Que
dois-je penser? que dois-je croire?
Se pourrait-il que votre tristesse le
trouble où je vous vois ? Malvina !
vous ne répondez point : quel affreux trait de lumière ! O Malvina ! chère et malheureuse amie , prenez garde à vous, défiez-vous de cet homme perfide : actif et ingénieux pour tout ce qu'il désire , il sait déconcerter les mesures les plus sages, ruiner la vertu la mieux établie, car sa langue distille le miel, et il charme roreille. A présent je vois , je pénètre la cause de sa bizarre et mystérieuse conduite ; il voulait vous plaire , yous séduire, sans consentir pourtant à perdre miss Melmor. Se peut-il que, quand on a vu Malvina, on puisse s'occuper d'une autre ? se peut-il que, quand vous êtes là, le reste du monde soit encore quelque chose? Et cependant jamais il n'a été aussi empressé auprès de miss Melmor que depuis qu'il vous voyait plus souvent. Je sais bien que , quand vous étiez présente, ses manières changeaient tout-à-coup ; mais , loin de vous , il était tout à elle , il lui prodiguait des soins si passionnés, de l'adoration ! M A ces mots, Malvina devint si pâle , que M. Prior en fut effrayé.
« 0 mon amie ! lui dit-i asseoir, ne croyez point que la crainte de perdre votre amitié me fasse calomnier sir Edmond ; s'il n'était pas léger, faux , indigne d'un cœur comme le vôtre, s'il pouvait faire votre bonheur, ou seulement vous apprécier, je voudrais moimême l'amener à vos pieds , dussiezvous m'oublier après « A cet instant , M. Prior fut interrompu par le bruit d'une personne qui ouvrait la porte , et mistriss Birton parut devant eux : toute autre qu'elle , en voyant le trouble de M. Prior et l'agitation de Malvina, aurait pu concevoir des soupçons sur leur intimité; qu'on juge donc si en cet instant les siens durent se confirmer. Elle s'arrêta un moment en silence, comme n'ayant pas de termes pour sa surprise, et, après les avoir considérés long-temps , elle s'écria : « On me l'avait dit, et je refusais de le croire; mais je le vois, on ne m'a point trompée. — Et que vous a-t-on dit, madame?
interrompit vivement M. Prior ; sur quoi ne vous a-t-on pas trompée ? quels soupçons osez -vous former? — Des soupçons? reprit dédaigneusement mistriss Birton , m'est-il permis d'en avoir encore? et l'état où je vous trouve l'un et l'autre peut-il me laisser aucun doute sur le sujet qui vous occupait? — Prenez garde, madame, répondit ]\r. Prior avec un accent un peu appuyé, prenez garde de vous laisser égarer par de lâches passions ; car alors le jugement se pervertit, la conscience s'aveugle, et la lumière qui est dans le cœur se change en ténèbres. — D'où vous vient tant de présomption, ^I. Prior? répliqua mistriss Birton en le regardant avec mépris de la tête aux pieds , et depuis quand vous croyez-vous permis de me réprimander? D'ailleurs , c'est assez de vous défendre; j'imagine que vous ne vous chargerez pas du soin de répondre pour madame. — A mon égard , reprit-il aussitôt , il m'importe peu d'être jugé par vous ou par quelque jugement humain , à Dieu seul appartient ce droit; mon témoin est au ciel , et mon appui est le
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en la faisant Tout-Puissant : mais , quant à cette angélique créature, qui , par son sexe, est asservie au jugement des hommes , si je n'ai pas le pouvoir de la défendre contre ceux qui ont aiguisé leur langue comme le dard du serpent, et qui portent le poison des vipères sous leurs lèvres , ô mon Dieu ! tu seras son recours , et tu la délivreras du méchant qui médite le
mal dans son cœur — Sortez d'ici,
monsieur, interrompit mistriss Birton, pâle et tremblante de colère ; sortez à l'instant de cet appartement , si vous ne voulez me faire croire que vous avez plus de droits que moi pour y rester. » A cet ordre , M. Prior hésitait encore , lorsque IMalvina , s'avançant avec ce calme qui vient de la conscience, et cette dignité qui naît de la vertu, lui dit : « Pvetirez-vous , M. Prior, vous voyez que ma cousine veut être seule avec moi; retirez-vous sans inquiétude ; il est des reproches qui n'embarrassent point. »
Il est aussi un ton qui persuade plus que les discours; celui de Malvina venait de produire cet effet sur mistriss Birton : elle pouvait bien feindre de douter encore, mais dans le fond de son ame elle ne doutait plus. Ce changement n'échappa point à ^I. Prior; et, satisfait du triomphe de IMalvina , il sortit de la chambre sans ajouter un mot.
A peine Malvina se vit-elle seule avec sa cousine , qu'elle la pria de s'expliquer sur les étranges idées qu'elle paraissait avoir conçues sur son compte. Mistriss Birton , un peu déconcertée , lui dit : « Croyez, ma chère, que je n'ai point adopté tous les soupçons qu'on a jetés dans mon esprit contre vous , et que je n'ai jamais voulu croire qu'une femme de ma famille, de mon sang , vécût dans
le désordre » A ce mot de désordre,
le visage de Malvina se couvrit du rouge de l'indignation ; et interrompant mistriss Birton d'une voix émue : « Malgré tout l'honneur qu'il peut y avoir à vous appartenir, madame, je serais bien tombée à mes propres yeux si je ne tenais que de lui l'estime que vous me devez : expliquez-vous donc, ma-
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dame , et sur les doutes que vous avez formés , et sur les personnes qui les ont fait naître, afin que je puisse détruire les uns et confon(lre les autres. »
L'accent de iNlalvina , quoique grave et modeste, avait quelque chose de pressant auquel mistriss Birton ne put résister; et, quoique venue avec l'intention de rejeter toute espèce d'interrogation , elle se vit comme forcée de faire l'aveu de l'accusation de mistriss Melmor; et de plus , subjuguée par l'ascendant que l'innocence donnait à Malvina, elle se défendit d'avoir ajouté foi à cette calomnie, et assura qu'elle ne lui en parlait que pour lui donner les moyens de ne pas s'exposer aux malignes interprétations du monde. « Je ne croyais pas être ici dans le monde, reprit Malvina, et sans doute j'aurais donné plus d'attention aux apparences si j'avais pu prévoir que dans votre maison je ne devais être jugée que par elles. — On n'est nulle part à l'abri de la médisance , ma cbère, répliqua mistriss Birton. .le me trompe fort si les observations de mistriss Alelmor n'ont pas inspiré à Edmond une forte prévention contre vous : et qui peut répondre qu'il ne s'amusera pas à vos dépens dans le monde? — L'en supposez-vous capable, madame? répondit Malvina en rougissant. Pour moi , quelle que soit votre opinion s:r son compte, je lui crois trop d'esprit pour avoir adopté les idées de votre amie, et trop de loyauté pour les répandre. — Pour moi, ma chère, interrompit mistriss Birton, je vous crois beaucoup plus d'indulgence pour lui qu'il n'en a pour vous, et vous me permettrez de vous dire qu'il i'aut avoir les yeux extrêmement fascinés pour tenter de l'excuser dans cette occasion-ci; car, lorsqu'on ose faire de ma maison un lieu de débauche , et avoir sous mes propres yeux une intrigue avec une jeune fille que je protégeais — Peut-être, interrompit vivement Malvina , la condamnation de miss Melmor a-t-clle été prononcée aussi sur les apparences jçX pour avoir été imprudente, on la regarde
comme criminelle. Qui donc l'accuse ?
— Sa mère. Dupe des artifices de sa fille, elle la croit encore innocente; mais, quand elle convient de ses fréquents rendez-vous chez Edmond , qui pourra penser comme elle ? — S'il la savait accusée , il la défendrait sans doute, reprit timidement Malvina. ~ C'est devant lui que j'ai accusé miss Melmor d'être perdue, et il ne l'a pas nié. — Il ne l'a pas nié ? s'écria Malvina indignée; mais du moins n'a-t-il pas promis de réparer ses torts en épousant celle qu'il a séduite? — Il est coupable sans doute, mais bien moins que miss Melmor : je croirais encourager le vice en récompensant cette méprisable fille par un mariage au-dessus de ses espérances : et , si je tais sa honteuse faiblesse, c'est bien plus par respect pour moi que par aucun sentiment de pitié pour elle. — Ainsi, repartit vivement Malvina, votre profond mépris sera son partage , tandis que vous conserverez votre bienveillance à l'homme pervers qui l'a perdue? Jeune, sans expérience, elle n'a pas prévu une défaite dont elle gémira toute sa vie, et le monde la rejettera de son sein, tandis qu'il accueillera le séducteur qui a médité sa chute, et qui se rejouit de son deshonneur
— Vous prenez vivement le parti des femmes coupables, interrompit mistriss Birton. — Dites des infortunées, s'écria IMalvina. — Enfin, ma cousine, quel que soit le motif d'une si généreuse défense, reprit l'autre avec ironie, apprenez que votre protégée, sans obtenir la récompense que vous lui désirez, ne sera pas dévouée à la honte qu'elle mérite : dans peu de jours elle sera mariée — Mariée à un autre, et sir
Edmond le souffrira? — Il se résoudra d'autant plus facilement à voir passer en d'autres mains une si méprisable conquête , que lui - même n'est retourné à Edimbourg que pour presser son mariage avec lady Sumerhill ; et je compte l'y aller joindre avant peu , afin d'assister à une union qui doit approcher mon neveu d'une des premières di-
gnités du royaume, et lui mériter enfin les biens que je veux répandre sur lui. » Tant de coups venaient de frapper successivement sur le cœur de iMalvina, qu'elle n'avait plus de force pour répondre; il ne lui en restait que pour souffrir. .Mistriss Birton s'aperçut de son altération, et lui dit : « Je vois que celte conversation vous fatigue; mais, avant de la terminer, je vous préviendrai que mon intention est de ne pas garder plus long-temps M. Prior dans ma maison : quoique persuadée qu'il n'y a rien de suspect dans vos liaisons, néanmoins la morgue insolente que lui a donnée votre amitié l'a rendu intolérable , et je ne pense pas que vous vous opposiez à son départ. — ÎNloi . madame, reprit Malvina étonnée, n'êtes-vous pas seule maîtresse ici? Personne a-t-il le droit de résister à vos volontés.^ Mais, au reste, l'eussé-je, ce n'est pas dans cette occasion que j'en userais , » continua-t-elle, en se souvenant que, dans le commencement de sa liaison avec IM. Prior, il lui avait dit que c'était maigré lui qu'il restait chez mistriss Birton. Celle-ci parut satisfaite de la réponse de sa cousine; et, l'embrassant avec toutes les marques d'une réconciliation sincère, elle la quitta.