UN JOUR DE BOSHEUR
A l'aide de quelques guinées , IMilvina obtint aisément du cocher qui la conduisait, de la mener sur-le-champ à Falkirk. Elle y arriva au milieu de la nuit, descendit à la meilleure auberge, et aussitôt qu'elle eut couche son enfant, sentant bien que les souvenirs de la veille et l'attente du lendemain éloigneraient tout-à-fait le sommeil de ses yeux, elle ouvrit une fenêtre qui donnait sur la campagne; et là, s'abandonnant à toutes ses réflexions , elle vit naître le jour qui allait décider sans doute du sort de toute sa vie.
Il était plus de onze heures , la petite Fanny dormait encore. IMalvina, émue, agitée, prêtait l'oreille au moindre bruit, craignant plus encore de ne pas l'entendre , contemplait en soupirant le paisible sommeil de son enfant, et enviait un repos qu'elle était si loin de partager, lorsque sir Edmond se présenta tout-àcoup devant elle. « J'arrive bien tard , lui dit-il ; mais la crainte de vous compromettre m'ayant engagé à venir seul ici , j'ai fait une partie de la route à pied ; et, quoique j'aie marché très-vite, je vois avec douleur que j'ai perdu plusieurs heures de l'inestimable jour que vous avez consenti à me donner. — Il est loin d'être fini, répliqua-t-elle, attendrie de voir sir Ednn nd couvert de sueur et de poussière, et plus encore du motif qui en était cause ; nous avons le temps d'être ensemble : cette course a dû vous fatiguer beaucoup; vous devriez aller prendre quelques instants de repos, je vous reverrai après. — Malvina , lui dit-il en s'asseyant près d'elle et pressant sa main entre les siennes, quand, je vous vois , quand je suis avec vous , non par l'effet du hasard , mais par votre consentement; quand je ne crains point que des mécliants ni des importuns viennent troubler de si doux instants, croyez-vous qu'il soit possible que j'en veuille perdre un seuj ? Ah ! laissez-moi
MALVINA
jouir sans interruption de l'inexprimable plaisir de contempler la maîtresse de mon cœur, la confidente de mes pensées, l'arbitre de mon destin , celle dont la douce pitié s'est émue en ma faveur, et dont la i^iénéreuse bonté me formera aux vertus qui peuvent lui plaire. — Arrêtez , sir Edmond , interrompit Malvina en détournant la tête pour cacher son émotion , ces titres ne peuvent m'appai-tenir : le respect dû aux mânes de mon amie, les dernières promesses qu'elle reçut de moi, me font un devoir de renoncer à vous ; n'espérez pas me la faire oublier : d'ailleurs, est-ce là le seul obstacle qui nous sépare ? Ne saisje pas qu'ayant disposé généreusement de votre fortune en faveur de votre sœur, celle de mistriss Birton vous est réservée? e*^^ voudrais-je consentir à être la cause qui vous en prive ? — Écoutez , Malvina, reprit-il avec une vivacité qu'il tâchait de modérer, lorsqu'il s'agit du bonheur de toute notre vie, écartons les superstitions , les exaltations et les fausses délicatesses : tachons de n'écouter que la vérité, et de ne pas aller audelà des devoirs. Il est vrai , j'ai cédé une partie de ma fortune à ma sœur, et ce sacrifice, dont je me suis toujours félicité, puisqu'il avait fait son i onheur, je m'en glorifie , je m'en enorgueillis maintenant , si je lui dois une partie de votre estime. Cependant ne l'appréciez pas plus qu'il ne faut ; il m'a été moins pénible qu'à tout autre , par le peu de prix que j'ai toujours attaché à la fortune. Quant à celle de mistriss Birton , je n'ai jamais dû y compter ; car, lorsqu'il fallait, pour l'obtenir, flatter ses goûts et s'asservir à ses lois, j'espère que Malvina m'estime assez pour croire que je n'avais pas besoin de l'amour qu'elle m'inspire pour avoir renoncé, depuis long-temps, à des avantages qui ne pouvaient s'acquérir qu'aux dépens de la vérité et de l'honneur. — Ah ! sir Edmond , répondit Malvina , pénétrée de ce qu'elle entendait, je voulais aussi vous parler des erreurs d'une jeunesse trop ardente, de ces volages
amours dont le souvenir doit effrayer toute femme qui oserait vous aimer ; mais quelles fautes ne sont pas effacées par les nobles sentiments que vous avez su conserver dans le monde! Cependant, sans leur porter atteinte, vous pouniez, sans moi , conserver la faveur de mistriss Birton ; elle vous aime, vous craint, entend de vous la vérité sans s'en offenser, et ne demande, pour prix de ses bontés, que de vous unir à une femme belle, opulente, et dont les puissantes protections vous élèveraient aux premières dignités du royaume. — Ce n'est pas vous qui parlez, Malvina, repartit gravement sir Edmond ; ce n'est pas vous qui me conseillez de sacrifier la femme que j'aime à celle que je n'aime pas , pour un peu d'or et quelques vains honneurs. Osez le dire : à ma place, de pareils motifs vous détermineraient-ils?
et, si votre cœur les repoussait avec dédain , pourquoi ai -je mérité que vous croyiez le mien capable d'y céder? — J'ai tort , sir Edmond; j'ai tort d'avoir voulu vous convaincre par les arguments qui conviennent aux hommes ordinaires , répondit Malvina. Hélas! pourquoi ai-je songé à eux ? il en est d'autres si puissants!.... — Il n'en est point, interrompit-il avec ardeur, qui puissent me séparer de ma bien-aimée Malvina; il n'en est aucun qui puisse l'engager à éloigner d'elle un honmie dont elle est adorée.
Écoutez mes projets, Malvina, et souriez à l'image de bonheur qu'ils me présentent. Je possède, à quelques lieues de Glascow, sur le bord de la Clyd , dans la situation la plus riante et la plus fertile , un château que je tiens de mes pères ; il est vaste , commode , et d'un revenu suffisant à tous les besoins de la vie : venez l'habiter avec moi , Malvina , venez y unir votre sort au mien; devenez ma femme, mon amie, la souveraine de mon existence : c'est là qu'oublié du monde , et ne regrettant point de vains plaisirs dont j'ai trop connu le vide , je n'aurai plus de désir que pour vous plaire, d'ambition que pour vous imiter, de sentiment que
MALVINA
pour vous chérir : c'est là que , guidé par vous, la vertu me deviendra facile; que, visitant ensemble la chaumière du pauvre, nous ne nous disputerons que le plaisir de leur faire plus de bien, nous ne rivaliserons que de vertus , afin de nous aimer davantai^e ; c'est là qu'absorbé par mon amour, enivré par mon bonheur, ne connaissant, ne voyant, n'adorant que vous seule au monde, trouvant en vous la source de mes affections, le mobile de mes pensées et le but de toutes mes actions , vous deviendrez pour moi la cause d'où tout part , comme le centre où tout aboutit. 0 iMalvina ! ne rejetez pas mes vœux , ayez pitié de mes larmes : il n'est plus de bonheur pour moi que dans celui que je tiendrai de vous, plus de vie que dans celle que vous partagerez. » En parlant ainsi, sa voix était émue, des pleurs d'amour inondaient son visage, et le feu de sa passion prétait à ses discours et à ses regards une éloquence qui allait subjuguer ÎMalvina , lorsque , s'arrachant d'auprès de lui , elle s'é ança vers le berceau de F. nny, et la prenant dans ses bras : « Viens, mon enfant, lui ditelle, viens me défendre contre la plus puissante des séductions; viens, que ta vue raffermisse mon courage , rappellemoi ce que je promis à ta mère, ferme mon cœur à mes propres désirs , et endurcis-le, s'il est possible, contre les instances d'un objet trop aimé. — Non, Fanny, non, s'écria sir Edmond; viens plutôt me prêter ton innocente voix, et m'aider à toucher cette fe i.me insensible : dis-lui que sa conscience l'égaré et la trompe; dis lui qu'elle ne promit à ta mère de rester libre, qu'afin de te rendre heureuse, et que, si tu dois l'être davantage entre nous deux , son devoir même lui prescrit de me donner sa main; dis-lui que tu deviendras l'objet de tous mes soins , Tenfant de mon cœur et de mon adoption , et que tous mes jours te seront consacrés comme à elle. Et vous, milady Sheridan, ajouta-t-il en mettant un genou en terre et élevant ses mains vers le ciel , si du
haut des régions éthérées vous pouvez lire dans les cœurs, soyez témoin de la sincérité de mes serments ; déposez en leur faveur auprès de votre amie, et, si jamais elle vous fut chère, inspirezlui de se rendre à des vœux dont le bonheur de votre enfant sera le gage; et puisse votre ombre sacrée , en les marquant du sceau de votre céleste puissance, poursuivre et tourmenter à jamais celui de nous qui serait assez lâche pour les trahir !....— O ma bonne maman , s'écria la petite Fanny, qu'a-t-ii donc à pleurer ainsi.? est-ce que tu l'as grondé.? Mais, vois comme il a l'air fâché ! vois donc comme il te prie ! Je t'en prie , oh ! je t'en prie aussi , toi qui es si bonne, donne -lui bien vite ce qu'il demande ! — Ah ! qu'ai-je entendu? s'écria IMalvina hors d'elle-même : Clara, ma tendre Clara ! ta fille est-elle ton organe.? et suis-je libre en effet de me donner.? Et vous, ajouta-t-elle en abandonnant sa main à sir Edmond, vous, dont le pouvoir sur moi est sans bornes, je ne sais si Tillusion m'entoure, si une aveugle superstition m'égare , ou si mon cœur m'abuse, mais je ne résiste plus; et dussé-je être coupable en vous cédant, je consens à l'être pour vous.
— Elle est donc à moi, s'écria-t-il avec transport, cette femme idolâtrée, dont le premier regard me subjugua, et la rendit l'arbitre de mon sort ! elle est donc à moi cette divinité révéï'ée, doux objet de mon culte, et qui seule m'apprit à connaître l'amour ! Je la vois , je la presse sur mon cœur; elle m'aime , elle m'appartient, et je n'expire pas sous le poids d'un tel bonheur! « Et, tout en parlant ainsi, la têtedeMalvina reposait sur son épaule; il voyait son sein agité de la même passion qui embrasait son ame , et tous deux , unissant leurs larmes, ne trouvaient plus d'expressions pour ce qu'ils éprouvaient.
Il est une volupté que tous les êtres de la nature sont appelés à connaître ; mais celle-là, toujours mêlée de honte et souvent de regrets, n'est point le terme du plus haut période de bonheur
^5(j MALVINA.
où l'homme puisse atteindre : il ne doit comment avez-vous mérité un pareil ce bonheur suprême que goûtaient alors
sir Edmond et IVIalvina qu'a^ cette volupté de rame, chef-d'œuvre d'amour et d'intelligence, fruit de l'union intime de deux cœurs qui s'aiment, s'entendent et se répondent; à cette volupté divine, que nulle langue ne peut décrire, nulle pensée concevoir, que ceux-là même qui l'ont sentie s'étonnent d'avoir connue; à cette volupté enfin que l'homme semble avoir dérobée aux anges, ou que la Divinité jeta plutôt sur la terre pour donner une idée de la félicité qu'elle réserve à la vertu dans le ciel.
Sir Edmond ne voulait plus quitter Malvina, il la suppliait de nommer le jour, l'instant où elle se donnerait à lui; mais elle résista d'un ton qui marquait qu'elle voulait être obéie. « J'exige, lui dit-elle, que pendant un mois encore, vous vous livriez à tous les plaisirs, à toutes les jouissances que le monde peut offrir; s'ils ne vous laissent pas un regret, si vous n'êtes pas effrayé de l'idée de les fuir pour toujours, vous mêle direz, Edmond, et Malvina vous croira; elle sait que vous n'abuserez pas de sa confiance, et que la facilité que vous auriez à la tromper sera un motif de plus pour vous en détourner; mais ce n'est qu'après cette épreuve qu'elle osera se donner à vous : autant pour l'intérêt de votre bonheur que pour le sien, elle ne veut pas devoir le sacrifice que vous voulez lui faire à l'émotion du moment, mais à votre détermination mûrie par le temps, et éprouvée par l'absence. — Je me rends, IMalvina, répondit Edmond, non que je doute de penser dans tous les moments comme dans celui-ci, mais pour acheter par un sacrifice l'inexprimable prix auquel j'aspire : sans doute je n'en suis pas digne encore, et j'en jouirai mieux quand je l'aurai plus mérité; mais pendant ce mois éternel, déjà si pénible par votre absence , vous allez être auprès de mistriss Clare, qui me hait, qui vous inspirera contre moi les plus odieuses préventions — Et pourquoi vous hait-elle? demanda Malvina,
sentiment de cette femme intéressante?
— Hélas! ma Malvina, reprit sir Edmond , il ne m'est pas permis de vous le dire : mes torts avec elle furent grands, non pas inexcusables; mais ils le deviendraient sans doute si je dévoilais un secret que j'ai juré de garder, et dont mistriss Clare seule a droit de disposer. Cependant, Malvina, comme elle ignore tous les motifs qui atténuent ma faute , en vous révélant ce mystère elle me perdra dans votre esprit, au lieu qu'en vous l'apprenant moi-même, je pourrais compter sur votre indulgence Mais n'importe , je me tairai ; et l'amant de Malvina saura préférer la crainte d'être jugé coupable à la honte de l'être en effet. — ]Ne craignez rien, Edmond, reprit IMalvina, je ne donne point ma confiance à demi , et je m'engage à écarter tous les éclaircissements que mistriss Clare voudrait me donner sur vos rapports avec elle, afin de ne les jamais connaître que par vous. — Bonne, excellent? Malvina, reprit-il avec attendrissement, quel être assez méprisable pourrait abuser d'une confiance dont l'abandon ne tient point à la faiblesse, mais à la pureté de ton cœur ? C'est là que tu puises la certitude que je n'oserais user d'aucun artifice envers toi, même pour t'obtenir; mais va, sois tranquille, elle ne sera pas trompée : en m'élevant jusqu'à toi , Malvina , tu m'as placé à une hauteur dont je ne saurais plus descendre sans m'avilir, et sur cet autel que je t'élève dans mon cœur, je jure de te communiquer toutes mes pensées, afin de n'en former jamais aucune dont je puisse avoir à rougir. Mais, Malvina , ajouta-t-il avec un peu d'embarras, puisque je vous ouvre ainsi toute mon ame, vous cacherai-je qu'il est encore une chose que je crains de vous demander, quoique je brûle de l'obtenir? Vous cacherai-je que votre correspondance avec M. Prior m'inquiète, me tourmente, et que je n'aurai pas un moment de pure joie jusqu'à ce que vous l'ayez rompue entièrement ? » Cet aveu parut surprendre Malvina; mais, tirant une
MALVINA
lettre de sa poche, et regardant fixement sir Edmond : « Voyons, lui dit-elle, si je vous ai bien connu. » Et . ouvrant le papier, elle lut l'article qui suit :
" Ma situation devient de plus en plus affreuse; la détresse qui pèse sur mes parents déchire mon cœur : en vain j'ai employé tous les moyens pour les soulager, rien de ce que j'entreprends ne me réussit ; il n'y a que les impies qui prospèrent, ils augmentent en richesses ; et cependant j'ai gardé mon cœur pur en vain ; en vain j'ai lavé mes main,s parmi les innocents , je me sens agité de trouble et d'angoisses, mes jours glissent comme la navette d'un tisserand , et passent sans espérances , car mes yeux ne verront plus de bonheur. Hélas ! je veille seul comme le passereau solitaire ', tandis que le désespoir et la misère semblent se disputer notre asile; et je succomberais bientôt sous leurs efforts réunis, si les lettres de IMalvina ne venaient
vous que je doute, un tel soupçon ne peut arriver jusqu'à moi; mais savoir qu'un homme au monde ose vous aimer, que son imagination le transporte peutêtre auprès de vous , qu'elle dévore vos charmes, s'enflamme à leur aspect, et que, néanmoins, vous ne l'écartez pas
loin de vous INIalvina, pardonnez,
mais je vous tromperais en vous taisant que cette affreuse idée me poursuit, m'empoisonne et me tue. — Peut-être, répondit -Alalvina, ai-je été imprudente en acceptant l'amitié de M. Prior; peutêtre aurais-je dû penser que, malgré sa religion, son état et ses vertus, ilsuffisait de son sexe seul pour m'interdire toute liaison avec lui ; mais à présent est-ce le moment de la rompre, Edmond ? dans le déplorable état où il est, peut-être ne faut-il qu'une peine de plus pour le porter aux dernières extrémités : en cessant de lui écrire tout-à-coup, je persuade à ce malheureux qu'il est tout-
par moments me rattacher à la vie à-fait effacé de mon souvenir; et peut
Ainsi, interrompit sir Edmond en s'animant à mesure qu'il parlait, cet homme ne tient que de vous le bonheur dont il jouit, seule vous faites sa destinée ; il reçoit vos lettres avec émotion , il vous appelle sa chère Malvina : peutêtre, tout pur qu'il se croit, son cœur forme-t-il des désirs, conçoit-il des espérances que les marques de votre amitié ne peuvent qu'entretenir, et cependant vous les donnez toujours! —
Arrêtez , sir Edmond , reprit vivement Malvina , et revenez à vous : voyez cet infortuné ; dans sa misère , il n'a que le cœur de ses amis pour asile , et on l'en chasserait! O vous qui êtes désormais ma loi , ma volonté et mon ame , ne me rendez pas ingrate et dure ! usez généreusement de votre pouvoir ; dites que je vous satisfais en adressant des expressions amicales aux malheureux qu'elles consolent; et n'outragez ni moi, ni vous-même, en supposant qu'elles puissent avoir quelque rapport avec ce que vous inspirez. — Malvina, répondit aussitôt sir Edmond, ce n'est pas de
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être deviendrons-nous responsables tous deux de la plus funeste catastrophe
— Vous me faites frémir, Malvina , s'écria sir Edmond, et je ne voudrais pas, assurément, réduire cet honnête homme
au désespoir mais dès demain, à
Edimbourg, je vais m'occuper de lui trouver une place, un emploi qui le mette, ainsi que sa famille, à l'abri du besoin, et quand il y sera, Malvina
— Je vous entends, interrompit-elle, et je vous promets que, dès cet instant, je romprai toutes mes relations avec lui; mais, en attendant, voyez, lisez toutes mes lettres et les siennes. — Non, répondit-il, si j'avais des soupçons, je le ferais; mais ma seule peine étant causée par les expressions tendres qu'il ose vous adresser, en les remettant sans cesse sous mes yeux , je ne ferais qu'irriter mon inquiétude. Malvina, je ne vous demande plus rien ; je me repose sur votre seule tendresse du soin de ni'épargner, aussitôt que vous le croirez possible, une image que ni la raison ni la pitié ne peuvent me faire supporter.
Croyez, Edmond, reprit-elle, que
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cette généreuse confiance me rendra bien pénible chaque ligne, chaque mot que l'hunianité me forcera encore à écrire à W, Prior, et me fera hâter, de tous mes vœux , l'instant où je me croirai libre de garder le silence avec lui. »
Ce fut dans ces dispositions qu'ils se séparèrent; mais Malvina ne prit le chemin de chez mistriss Clare, et sir Edjnond celui d'Edimbourg, qu'après s'être promis mutuellementde s'écrire et même de se voir, si quelque circonstance imprévue rendait un entretien nécessaire au repos de tous deux.