‹ Œuvres complètes de Mme. CottinChapitre 80 sur 188 · LA · texte numérisé non relu

LA

tu n'as pas besoin d'ornement pour être belle : viens, l'Éternel Ta dit; il n'est pas bon que l'Iiomnie soit seul : consens donc à être mon épouse. — O (ils d'Israël ! répondit Rahabémue, le murmure subit d'une fontaine est moins doux à l'oreille du voyageur altéré que tes discours ne le sont à mon cœur; et depuis loug-tem|)S je soupirais après t^i, comme l'enfant nouveau-né après le sein de sa mère ; mais, je te l'ai dit, je n'abandonnerai point pour ton amour ceux de qui je tiens la vie. Pars cependant sans inquiétude, et confie-toi au Tout-Puissant:

il veillera sur nous, et saura bien me sauver de la main de l'impie. — Assurément , s'écria Horam , l'Kternel ne délaissera pas celle dont la foi est si vive et si sincère. Mais nous , Issachar , partons sans différer; notre présence accroît les dangers de notre libératrice ; et, en nous livrant comme elle à la bonté du Seigneur, nous mériterons d'être sauvés comme elle. »

Horam, ayant parlé ainsi , se glissa le long de la corde , et descendit dans la campagne. Issacbar le suivit à regret.

«Adieu, Rahab, dit-il, je cède à la crainte de nuire à ta sûreté ; mais dans trois jours tu viendras me rendre la vie dans la vallée de Janoé. J'irai au-devant de tes pas ; je t' écouterai venir ; ta vue sera pour moi comme l'berbe tendre à l'agneau affamé. IN'e tarde pas à nous rejoindre ; si je ne te voyais pas venir , je croirais que les infidèles ont attenté à ta vie, et je reviendrais mcurir avec toi. — Généreux Issacbar , reprit-elle en lui tendant les bras , qui suis-je pour mériter un pareil sacrifice? Non, quoi qu'il m'a: rive, je t'ordonne de rejoindre tes frères et de respecter tes jours : ils appartiennent au Seigneur. — Adieu , adieu , s'écria-t-il de loin en s'agenouillant devant Rabab , adieu , ma bien-aimée; mon ame ne te quitte pas, elle reste attacbée aux lieux où tu es ; et, si l'Éternel entend ces vœux, il veillera bien plus à ton salut qu'au mien. » Rahab auvo't voulu répondre , mais la douleur affaiblis.sait sa voix, dont le son

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