CHAPITRE XL
Le plus court est le plus heureux.
« Je voudrais parler tout de suite à votre maîtresse , dit sir Edmond à la servante qui vint lui ouvrir la porte.
— Je vais l'avertir, milord , répondit celle-ci respectueusement : voulez-vous entrer dans la salle ? — Y trouveraije mistriss Moody ? — Non , milord y elle est en haut , répliqua-t-elle en le considérant attentivement , et comme plus occupée de le regarder que de ce qu'il demandait; mais je vais l'aller chercher , elle sera bientôt descendue.
— Je l'aurai plutôt trouvée que vous, interrompit-il , impatienté de sa lenteur ; » et montant rapidement l'escalier : il ouvre la première porte qui se présente ■ la plus profonde obscurité régnait dans cet appartement, mais
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cependant , à la lueur de la lampe qui éclairait l'escalier , il distingue une femme qui , assise près de la fenêtre 9 le dos tourné et le coude appuyé sur une table, paraissait dans la plus profonde rêverie. « Mistriss Moody estelle là ? dcmanda-t-ii doucement. » A sa voix , cette femme jette un cri perçant, se lève, renverse la table , et tombant aussitôt à genoux , s'écrie en élevant ses bras vers le ciel : « Ah ! Dieu! Dieu! j'ai cru que c'était lui. » A cet accent si cher , Edmond éperdu a reconnu Malvina; il se précipite à ses pieds, il la serre avec transport contre son cœur en répétant mille fois :
« C'est elle ! c'est Malvina ! ma tendre, ma bien-aimée Malvina ! » Elle ne s'arrache point à ses caresses , ua même sentiment les entraîne ; soupçons , reproches , chagrins, tout est eclairci, tout est oublié; sans s'être parlé, ils se sont entendus : qu'ont-ils besoin de s'expliquer ? ils s'aiment, ils en sont sûrs, et cela leur suffit; leurs larmes se confondent, l'amour les enveloppe , le