XLIII
par la position et le caractère (3es person-» iiageâ.
En examinant les romans de madame Cottin , on aime à suivre la marche progressive de ce beau talent, qui s'annonça d'une manière si brillante dans Claire d'Allé. Ce roman fut publié en 1798, et malgré que les esprits fussent encore tout agités des inquiétudes révolutionnaires , tout le monde applaudit à la simplicité de l'action , tellement dégagée d'événemens accessoires et de personnages épisodiques, qu'un auteur ordinaire y aurait à peine trouvé le sujet d'une nouvelle. Elle ne s'est attachée à peindre dans cet ouvrage que la naissance et les progrès involontaires d'une passion funeste et criminelle dans deux jeunes cœurs qui semblaient nés pour la vertu-, mais élit a su tirer d'une combinaison qui paraissait d'abord si peu féconde, un parti qui atteste toute l'étendue de son rare talent k peindre les affections de l'âme. L'action est b;cn conduite, les situations se lient entr'ellei sans gêneî et sans eSfort-, elles sont habilement graduées; mais la partie essentielle, la partie la plus estimable de l'ouvrage,, est le tableau des progrès successifs de cetle pa'^rion qui s'empare des deux aman^ ,