‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 25 sur 98 · XLV · texte numérisé non relu

XLV

àe Claire d'Albe, s'était exclusivement bornée à cîccrire les progrès d'une passion funeste, et qui n'y avait fait entrer aucun délail de mœurs , a fort bien peint dans jyialvina la vie du château. Celte peinture plaît d'autant plus qu'elle est mise en action.

Amélie Mansfieldj sujet plus difBcile à traiter, dont madame Cottin s'occupait depuis plusieurs çinnces , fut publié en 1802 pour la première lois. Ce troisième ouvrage se recommande par des conceptions plus f<;rles encore , par des caractères plus p»ononcés : c'est l'amour, comme dans les deux premiers, qui en fait presque tous les frais > mais les personnages se trouvent placés dans des situations absolument neuves et qui commandent un vif intérêt. Après avoir déployé tout ce que son talent a de gràre et de charme dans le tableau délicieux des amours de ses deux principaux personnages , soudain elle rembrunit ses couleurs pour d( crire des scènes pathétiques et déchirantes; et ces deux parties si différentes de l'ouvrage, donnent une nouvelle preuve de l'heureuse fécondité ffe son imagination.

Trois ans entiers furent contactés à ta composion de Mathilde; la première cdir

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tion parut en i8o5. Il semblait difficile que l'auteur pi\t trouver tles couleurs nouvelles pour peindre encore l'amour, et pourtant dans Mathilde, non-seulement les tableaux sont entièrement neufs, mais ils ont encore plus d'énergie et de fraîclieur. Jusque-là madame Col tin avait iprésentë les effets de l'amour dans les classes moyennes de la société; dans Mathilde ^ elle s'élève au genre béroïque, et son imagination prenant un essor plus étendu, n'est point au-dessous du sujet qu'elle veut traiter. La conception du roman de Mathilde est grande et forte ; ce n'est plus une passion ordinaire, trayeisée par la jalousie ou par dos convenances de famille; c'est l'amour le plus Ïmr et le plus ardent , luttant contre toute a puissance de la religion; c'est une vierge consacrée à Dieu, qui clierclie en vain à bannir de son cœur l'image d'un ennemi de la foi : et cet ennemi de la foi est le plus noble, le plus généreux, le plus beau , le plus amoureux des bommes. 1/actii.n se ratfaclieà l'un des événemcns les plus mémorables des annales du monde, à celte Croisade, à la lèle de laquelle se' trouvaient Pbilippe-Auguste et Kichard-

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