‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 26 sur 98 · XLVII · texte numérisé non relu

XLVII

Cœur-de-Lion , rivaux de gloire et de puissance, suivis de tout ce que la France et l'Angleterre comptaient de plus noble et de plus vaillant. Les croisés avaient à combattre le fameux Saladin, ennemi digne d'eux par sa bravoure et sa générosité. De beaux caractères historiques, de hauts faits d'armes, de grandes actions, dont l'éclat est relevé par ces idées clicvaleresqurs toujours si séduisantes : le contraste des mœurs des cliréliens et des Arabes , le luxe de l'Occident opposé à celui de l'Orient , la pompe de la religion , l'enthousiasme qu'elle inspire, tels sont les accessoires dont l'auteur a enrichi son suiet. Voulant faire un roman héroïque, madame Cotlin ne I s'est servie de Ihistoire que comme d'ua I point d'appui • elle a profité des beautés qui lui étaient ofîbrtcs, sans s'astreindre à Texactitude des faits et des dates. Les deux principaux personnages pris dans riiisloire où ils ne sont qu'indiqués, laissaient à madame Col tin la liberté de leur donner le caractère et le germe des passions qu'elle se proposait de développer. La physionomie de ces deux personnages est tracée avec une vigueur et une per-

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fection qui lionoreiaient le talent le J)l us cousoiunic (i ,.

Il IV V avait qu'un an que le roman de Matinide cLiit publié quanti Elisabeth parut en 1806. Vivant isolée, et liabilucllemcnt plongée dans la raéditalion, madame COLlin préparait tt miirissait les sujcls qu'elle se proposait de traiter; mais lorsqu'elle prenait la plume, elle écrivait avec une prodigieuse iacilité, et son travail n'était jamais arrêté par l'embarras de rendre ses idées. Si cette rapi* dite de composion donnait de la chaleur et du mouvement à son style ^ elle ne lui permettait pas d'y mettre cett. pureté et ce fini qui caractérisent nos ;jrands écrivains. On remarque dans si s oux rages des incorrections, d.s tournures forcées, quelquefois même l'expressi )n est hasardée et bizarre; mais quelquefois aussi cette bizarrerie ajoute à l'énergie de l'expression ; une expression moins basai dée eut peut-êlr« été moins forte. Dans Claire d' Albe , dans Malvina , dan-î Amélie Matisfield , dans MathilJe, c'étaient ks agitations du cœur, les égaremens eu les

(i) Notic hUioriiine iur la vie de madame Cottin, par M. A. 1».

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