LXIII
nait en sons-œnvre ceux que la masique avait fatigués ou laissés sans enthousiasme, ou achevait des conquêtes que l'art avait ébauchées. Si tous les deux échotiaient , le cœur s'en mêlait , et il s'exprimait comme s'il eut senti. La nature donne d'ailleurs des oiganes officieux qui parlent son lanijage, et an besoin remplacent les grandes facultés de l'àme. Comme femme, madame de Genlis a une teinte de pédanterie qui lui enlève un des premiers charmes de son sexe , l^abandon. Une femme en efifet est précieuse , parce que sa sévérité est toujours une complaisance, parce que ses vertus touchent presque à la faiblesse, puisque le milieu, qui est la douceur, n'est qu'une faiblesse commencée. Madame de Genlis abjura ces ressources, et revêtit un caractère d'autorité qui souleva les prudes , en imposa aux sots , amusa les connaisseurs , et surprit ceux qui n'ont pas le tems d'examiner.
Comme écrivain , madame de Genlis a une mesure qu'elle ne peut outrepasser.
Ses vues ne sont pas larges , ses conceptions ne sont pas lorles , ses efforts pour s'élever ne portent qu'à une certaine hauteur. La monotonie de la médiocrifé est insupportable dans les longs ouvrages.
( ^'XTY ) Mille comédies comme celles de ma^me de Genlis ne dontioraient pas une bonne scène ; ses préceptes se lépèLenl ; elle n'est au-dessus d'elle-même que lorsqu'elle se loue elle-même, ou qu'elle dit du mal d'autrui. Alors son imagination se féconde. Quand elle se loue , c'est en révélant une à une ses qualités, avec lesquelles il faut insensiblement familiariser l'envie. C'est une manière de se supposer des talens, que d'annoncer que l'on excite dans Autrui ce sentiment pénible. Cela est si incroyablement ridicule, que prouver à <[uelqu' un qu'il ne peut pas exciter l'en- Tie, c'est l'aire une satire amère.
Il y a certaincnu nt une sortp de mérite, à composer certains ouvrages, à raconter des histoires , h dialoguer la morale , à esquisser q^aelques tableaux de moeurs ; mais cela ne peut exciter l'envie que de ceux qu'on n'enviera pas. Toute censure, admet presque toujours deux opinions.
Il faut beaucoup de force pour détrôner celle qui règne, beaucoup d'artifice pour enlever les admirateurs , sauB leur faire apercevoir qu'ils passent d'une erreur , qui était leur ouvrage , à une meilleure manière de voir, qui est l'ouvrage du censeur. C'est un secret que madame do
(ixy ) GenlU n'a jamais i encontre , malgrô qu'elle ait essayé de lititrcKluiie dans la plupart de ses ouvrages. Un individu qui îi'est pas au timon des affaires ne peut jamais faire beaucoup de mal à beaucoup de personnes. S adonnàt-on au passelems de nuire , il ne peut jamais s'exercer que sur le petit nombre. D'où Vient donc que certaines personnes ont tant d'ennemis? Le succès irrite la multitude, et l'on ne veut louer que les malheureux Il e;t. vrai aussi que ce qu on appelle des. ennemis est une plaisante espèce de gens. Ils disent du mal , mais sans effet. Pour que du mal en produise , il faut avoir de î'iniluence, il laut être reconnu bomme d'un jugement sain et d'un esprit éclairé j pour s'être acq.iis cette réputation , il faut ce que n'ont point ceux qui disent (\a mal.
Il semble que madame de Gcnlis a't pris à cœur de justifier les vers m.alins quij aes inconcevables prétentions ont plus d'une fois inspires à l'un de nos poètvs les plus distingués de ces derniers tems.
NoD loin 'Te ces frelons nourris dar.srarr tic nuirp , Et coironipaol le miel qifi's n'ont pas ?ii [iroduire , J .ipercois le nlienix «les Ifimni-s bciuT-fsprits. Çcii iiÉr»ir« lai seul concûit tous les écr.ts