‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 37 sur 98 · LXXVI · texte numérisé non relu

LXXVI

gronde sur sa tète. Seule au milieu des convulsions de la nature, elle porte un pas tremblant ; aux prises à chaque instant avec un nouvel obstacle, elle ne triomphe d'un pr'eniier danger que pour se précipiter dans un second : perdue au milieu d'un va te désert qu'habite seule la tempête inflexible, elle s'avance , battue par les vents acharnés après elle; tantôt emportée dans un tourbillon de neige, elle roule au milieu des frimats : tantôt attachée aux flancs d'un roc décharné, elle demande aux antres les plus sombres un abri contre les courroux des autans et des frimats : ce n^est qu'en pressant avec force contre son sein meurtri les pic» aigus de la roche escarpée, qu'en se faisant un lien de ses bras ensanglantés, qu'en attachant la vie à la moj t , qu'elle résiste au souffle irrésistible qui la chassait devant lui comme une ombre légère. Qu'elle €5t immense , pour une jeune fille qui la traverse ainsi, la distance qui sépare de Moscou les extrémités de la Sibérie ! Qu'elle est bel ie, qu'elle est intéressante la vierge qui la parcourt, ayant pour guide la piété filiale, pour arme son in- j ïiocencc, pour espoir la fjrâce de son père 1 roallKurtux! Comment arrivera-t-cUc au

Page 1