LXXXVIII
laire de toutes les gloires célestes? Qu'ils sont nombreux les disciples de ce nouveau maître! La langue du raisonnement est devenue trop sèche et trop aride; on ne parle jîlus que par image : on ne doit plus exprimer les idées ^ il faut les peindre : le papier est devenu une toile , le pinceau a pris la place de la plume. Mais pourquoi faut-il que toutes ces images si sublimes ne soient peintes qu'en détrempe? Un fol amour de la nouveauté les a cré^s, un talent factice les a exécutées, la raison les efface.
Pour expliquer pourquoi les gens d'esprit écrivent quelquefois sans succès, il faut nécessairement recourir à la distinction de l'esprit et du talent. Tous les hommes, sans exception, présentent deux aspects- l'un par lequel ils se ressemblent, et l'autre par lequel ils diffèrent. Or, c'est ce que les hommes ont de commun entre eux qui est important; ce qu'ils ont de différent est peu de chose, car ils ont en commun le miracle de la vie et de la pensée y ils ne diffèrnit que par des nuances très-fines d'organisati:)n et d'('ducation. La différence entre un grand homme et lin porte-faix n'est presque rien aux yeux ile la nature- mais ce rien e^t tout aux