‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 5 sur 98 · XX · texte numérisé non relu

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raitrait piquant de la cai'iot»Ilc que par ses cliarines. Les grâces sont si nécessaires à un être dont le véritable empire est fondé sur l'amour , que ni la morale ni la politique n'cnipccheront les femmes d'attacher un grand prix à ce frivole avantage ; on n'en trouverait peut-être pa> une seule de vingt ans qui , possédant une éclatante beauté , consentît , si l'écliani^e était possible, à la perdre, pour acquérir un trône.

Le cœur de madame Cottin avait conservé ce besoin de cliarité et de bienfaisance qu'elle ne pouvait plus satisfaire qu'avec le produit de ses ouvrages. Personne n'a su rendre avec plus dcncrgie et de vérité que madame Cottin les sentimens divers qui agitent une âme livrée à une grande passion. On trouve dans ses romans peu de détails de mœurs, peu de portraits; elle ne parait pas même avoir essayé de peindre la société et ses ridicules. Son talent , quelque flexible qu'il fût, ne s'y serait peut-être pas prêté. Nous avons dit qu'elle vivait retirée en elle-même : c'était dans son âme qu'elle puisait les sentimens qu'elle savait si bien développer. Nous l'avons vue redouter et fuir le monde : elle n'avait jamai^^

cherché à en étudier les iravcrs. Sa idplaiicoîie , son aversion pour la sociélé, n'avaient point en taelié son caractère de cette mi>antLropie qui repousse toute affection tendre. Elle éprouvait le besoin d'aimer et d'être aimée.

Ponvait-elle donner son admiration à des philosophes citadins qui ne connaissent de besoin que celui de parler ; qui s'acharnent au bien public sans intérêt ; qui ne font sentir Je mal que par leur» réflexions ; enfin qui , devant toute leur fxistence aux tro\ibles de i'Elat, ne les fomentent ni ne les approuvent, et restent neutres pour avoir plus d'opinions?

Ce pnblicisle bénévole élail jadis inconnu, ne respirant que dans un café ou au coin d'un arbre ; aujourd'hui c'est un personnage important , dont l'existence est si bien élablie , qu'elle tient à n'en avoir aucune, et qui , sous mille formes et mille caraclcrcs, s'introduit éloquemmcnt dans toutes les classes de la société. Madame Cottin n'aurait pas pu se défendre de sourire de pitié en voyant ce politique qui envisage tout en grand , qui voit l'Europe agitée dans le renvoi d'un commis, qui lève paisiblement Ics-guerres les plus sanglantes, et d'un coup de langue raccom-

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