‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 51 sur 98 · XCIV · texte numérisé non relu

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dilions, qu'avec des travaux infinis on pourrait parvenir à écrire connne BufFon. Mais celte perfection de style, qui demande beaucoup de calculs et de combinaisons , ne pourra jamais se trouver , fin moins continue, dans les ouvrages d'imagination , ou dans ceux dont la clia- Itiir , le mouvement et l'énergie ^ ou seulement la grâce et le naturel, doivent faire le principal mérite ; elle y serait jiiêmeun défaut, parce qu'elle y jetterait 1 écessairement de la froideur. Un auteur î:e doit jamais écrire incorrectement et avec négligence \ mais dans les ouvrages dii sentiment, il faut, quand il s'agit d'émouvoir , laisser là tous les calculs et ne consulter que son cœur. La méditation ])put produire, comme dans les écrits d« BiifTon, de grands résultats^ des réflexions i 1 appanles , et ce sont là de belles pensées ; mais l'inspiration seule produit les jnots sublimes, et c'est au fond de son iime qu'il faut chcrclier l'expression et le développement des passsons et des senti inens.

L'autre prétention , qui ne peut jamais c tre heureuse, et qui est aussi commune que celle dont on vient de parler est rare, Cunsistt' à vouloir placer constamment ,

à cloaque page^ deux ou trois pen'ee.s neuves et brillantes , et deux ou troia comparaisons ingénieuses. Quand cette surprenante ambition pourrait re'ussir , il n'en résulterait qu'un ouvrage fatigant ( de quelque genre qu'il fût ) , qu'il serait impossible délire de suite, puisqu'il faudrait réfléchir à chaque ligne ; et cet ouvrage serait certainement dénué de vérl'é dans toutes les choses qui demanderaient une profonde sensibilité. L'esprit veut du repos ; nous cherchons toujours un peu de délassement dans la lecture, et nous I ne voulons pas qu'un livre d'imagination, I ou même de morale , nous applique au- I lant que le pourrait faire un livre sur les i sciences abstraites. Entraîner doucement j le lecteur et l'étonner quelquefois , tel I est l'eflPct de tout bon ouvrage : piquer, I tourmenter , harceler sans cesse celui I dont on désire captiver l'attention , est un fEauvais moyen de le tenir éveillé. La fatigue endort , et plus profondément que l'inaction : alors on ne cède point au t sommeil, on y succombe. IMais il est absolumi nt impossible de réussir dans l'cxtravaganle pre'lcntion de remplir toutes les pages d'un livre de traits brillans , de comparaisons et de pensées nouvelles,.

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