CLAIRE A FRÉDÉRIC
Votre lettre m'a fait pitié; si ce n'était celle d un malheureux qu il faut guérir , ce serait celle d'un insensé que je devrais chasser de chrz moi; le délire de votre raison peut seul vousavtui^lcr sur 1rs contradictions dont elle est remplie. Ce mot que je ds- vrais désavouer, ce mot qui seul vous a rattaché à la vie , n'est-il pas le même qui rendrait Claire niéprisai^le à vos yeux , si elle osait le prononcer ? Et jamais
amour cbasle fut-il dévoré de désirs , et déroba-t'il de coupables faveurs ?
Malheureux ! rentrez en vous-même ; votre cœur vous apprendra qu'il n'est point d'amour sans espoir, et que vous nourrissez le criminel dcsir de séduire la fojume de votre bienfaiteur : il se peut que la faiblesse que j'ai eue de vous écouter , de vous répondre, celle que
I'ai de tolérer votre présence après 'inconcevable serment que vous faites de m'aimer toujours , autorise votre téméraire espoir; maissachezquequand même mon cœur m'échapperait, vous n'en seriez pas plus heureux , et que Claire serait morte avant d être coupable.
Je répondrai dans un autre moment a votre lettre , je ne le puis à présent.
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