‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1058 sur 1284 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PSYCHÉ

Enûn , seule et toute à moi-même , Je puis envisager cet affreux changement

Qui , du haut d'une gloire extrême,

Me précipite au monument.

Cette gloire était sans seconde; L'éclat s'en répandait jusqu'aux deux bouts du monde ; Tout ce qu'il a de rois semblaient faits pour m'aimer; Tous leurs sujets , me prenant pour déesse.

Commençaient à m'accoutumer

Aux encens qu'ils m'offraient sans cesse ; Leurssoupirs me suivaient sans qu'il m'en coûtât rien ; Mon âme restait libre en captivant tant d'âmes;

Et j'étais , parmi tant de flammes , Reine de tous les cœurs et maîtresse du mien.

O ciel ! m'auriez-vous fait un crime

De cette insensibilité? Déployez-vous sur moi tant de sévérité.

Pour n'avoir à leurs vœux rendu que de l'estime ?

Si vous m'imposiez cette loi , Qu'il faillit faire un choix pour ue pas vous déplaire.

Puisque je ne pouvais le faire.

Que ne le faisiez-vous pour moi .' Que ne m'inspiriez-vous ce qu'inspire à tant d'autres Le mérite, l'amour, et... Mais que vois-je ici?

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