LE MALADE IMAGINAIRE, SECOND INTERMEDE
ARGAN
Et quoi encore?
LOUISON
II lui disait tout-ci, tout-rà, qu'il l'aimait bien, et qu'elle était la plus belle du monde.
ABGAN.
Et puis après ?
LOUISON
Et puis après , il se mettait à genoux devant elle.
ARGAN
Et puis après?
LOUISON
Et puis après, il lui baisait les mains.
Et puis après?
LOUISON
Et puis après, ma belle-maman est venue à la porte , et il s'est enfui.
ARGAN
Il n'y a point autre chose ?
LOUISON
Non, mon papa.
ABGAN.
Voilà mon petit doigt pourtant qui gronde quelque chose, {mettant son doigt à son oreille. ) Attendez. Hé! Ah, ail! Oui? Oh, oh! Voilà mon petit doigt qui me dit quelque chose que vous avez vu , et que vous ne m'avez pas dit.
LOUISON
Ah ! mon papa , votre petit doigt est un menteur.
ARGAN
Prenez garde.
LOUISON
Non , mon papa , ne le croyez pas : il ment , je vous assure.
ABGAN.
Oh bien , bien , nous verrons cela. Allez-vous-en , et prenez bien garde à tout : allez, [seul.) Ah! il n'y a plus d'enfants ! Ah! que d'affaires ! Je n'ai pas seulement le loisir de songer à ma maladie. En vérité , je n'en puis plus.
( // se laisse tomber dans une chaise. )