PANDOLFE, ANSELME
ANSELME
r- ■ .,' -^- Ah ! bon Dieu! je frémi ! Piyidolfe (iui>evi.çjjt ! Fût-il bien endormi ' ! Comme depuis sa mort sa face est amaigrie ! Las ! ne m'approchez pas de plus près, je vous prie ! J'ai trop de répugnance à coudoyer un mort.
PANDOLFE
D'où peut donc provenir ce bizarre transport?
ANSEL.ME.
Dites-moi de bien loin quel sujet vous amène. Si pour me dire adieu vous prenez tant de peine , C'est trop de courtoisie ; et véritablement Je me serais passé de votre compliment. Si votre âme est en peine, et cherche des prières, Las ! je vous en promets ; et ne m'effrayez guères ! Foi d'homme épouvanté , je vais faire à l'instant Prier tant Dieu pour vous que vous serez content.
Disparaissez donc , je vous prie ,
Et que le ciel , par sa bonté ,
Comble de joie et de santé
Votre défunte seigneurie !
PANDOLFE, rianl.
Malgré tout mon dépit , il m'y faut prendre part.
ANSELME
Las ! pour un trépassé vous êtes bien gaillard.
PANDOLFE
Est-ce jeu, dites-nous , ou bien si c'est folie , i^ Qui traite de défunt une personne en vie ?
ANSELME
Hélas ! vous êtes mort , et je viens de vous voir.
PANDOLFE
Quoi ! j'aurais trépassé sans m'en apercevoir?
ANSELME
Sitôt que Mascarille en a dit la nouvelle , J'en ai senti dans l'Ame une douleur mortelle.
PANDOLFE
Mais enfin , dormez-vous ? êtes-vous éveillé? Me connaissez-vous pas ?
Vous êtes habillé D'un corps aérien qui contrefait le vôtre , Mais qui dans un moment peut devenir tout autre. Je crains fort de vous voir comme un géant grandir , Et tout votre visage affreusement laidir. Pour Dieu ! ne prenez point de vilaine figure ; J'ai prpu de ma frayeur en cette conjoncture '.
' Ce di>mi-vcrs est obscur. Anselme veat dire sans doute : Plût à Dieu i|u'il dormit on p.-Ux! que rion ne troublât le repos de son àme! car 11 ne doute pas un seul instant que son ami ne soit mort , comme le prouve le vers suivant. , , . ,
> Prou , vieux mol qui signilie assc:, beaucoup. Il D est plu»