‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 26 sur 1284 · PANDOLFE, ANSELME · texte numérisé non relu

PANDOLFE, ANSELME

ANSELME

r- ■ .,' -^- Ah ! bon Dieu! je frémi ! Piyidolfe (iui>evi.çjjt ! Fût-il bien endormi ' ! Comme depuis sa mort sa face est amaigrie ! Las ! ne m'approchez pas de plus près, je vous prie ! J'ai trop de répugnance à coudoyer un mort.

PANDOLFE

D'où peut donc provenir ce bizarre transport?

ANSEL.ME.

Dites-moi de bien loin quel sujet vous amène. Si pour me dire adieu vous prenez tant de peine , C'est trop de courtoisie ; et véritablement Je me serais passé de votre compliment. Si votre âme est en peine, et cherche des prières, Las ! je vous en promets ; et ne m'effrayez guères ! Foi d'homme épouvanté , je vais faire à l'instant Prier tant Dieu pour vous que vous serez content.

Disparaissez donc , je vous prie ,

Et que le ciel , par sa bonté ,

Comble de joie et de santé

Votre défunte seigneurie !

PANDOLFE, rianl.

Malgré tout mon dépit , il m'y faut prendre part.

ANSELME

Las ! pour un trépassé vous êtes bien gaillard.

PANDOLFE

Est-ce jeu, dites-nous , ou bien si c'est folie , i^ Qui traite de défunt une personne en vie ?

ANSELME

Hélas ! vous êtes mort , et je viens de vous voir.

PANDOLFE

Quoi ! j'aurais trépassé sans m'en apercevoir?

ANSELME

Sitôt que Mascarille en a dit la nouvelle , J'en ai senti dans l'Ame une douleur mortelle.

PANDOLFE

Mais enfin , dormez-vous ? êtes-vous éveillé? Me connaissez-vous pas ?

Vous êtes habillé D'un corps aérien qui contrefait le vôtre , Mais qui dans un moment peut devenir tout autre. Je crains fort de vous voir comme un géant grandir , Et tout votre visage affreusement laidir. Pour Dieu ! ne prenez point de vilaine figure ; J'ai prpu de ma frayeur en cette conjoncture '.

' Ce di>mi-vcrs est obscur. Anselme veat dire sans doute : Plût à Dieu i|u'il dormit on p.-Ux! que rion ne troublât le repos de son àme! car 11 ne doute pas un seul instant que son ami ne soit mort , comme le prouve le vers suivant. , , . ,

> Prou , vieux mol qui signilie assc:, beaucoup. Il D est plu»

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