‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 267 sur 1284 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Jamais entreprise au théâtre ne fut si précipitée (pie ceUe-ci , et c'est une chose , je crois , toute nouvelle , qu'une comédie ait été conçue, faite, apprise, et représentée en quinze jours. Je ne dis pas cela pour me piquer de l'inil>romptu, et en prétendre de la gloire, mais seulement pour prévenir certaines gens, qui pourraient trouver à redire que je n'aie pas mis ici toutes les espèces de fà< lieux qui se trouvent. Je sais que le nombre en est grand , et à la cour et dans la ville; et que, sans épisodes , j'eusse bien pu en composer une comédie de cin([ actes bien fournis, et avoir encore de la matière de reste. Mais dans le peu de temps qui me fut donné, il m'était impossible de faire un grand dessein, et de rêver beaucoup sur le choix de mes personnages, et sur la disposition de mon sujet. Je me réduisis donc à ne toucher qu'un petit nombre d'importuns; et je pris ceux qui s'offrirent d'abord à mon esprit, et que je crus les plus propres à réjouir les augustes personnes devant qui j'avais à paraître; et pour lier proniptemenl toutes ces choses ensemble, je me servis du premier nœud que je pus trouver. Ce n'est pas mon dessem d'examiner maintenant si tout cela pouvait être mieux , et si tous ceux qui s'y sont divertis ont ri selon les règles. Le temps viendra de faire imprimer mes remarques sur les pièces que j'aurai faites, et je ne désespère pas de faire voir un jour, en grand auteur, que je puis citer Aristote et Horace. En attendant cet examen, qui peut-être ne viendra point, je m'en remets assez aux décisions de la multitude , et je tiens aussi difficile de combattre un ouvrage que le public approuve, que d'en défendre un qu'il condamne.

11 n'y a personne qui ne sache pour quelle réjouissance la pièce fut composée; et cette fêle a fait un tel éclat, ipi'il n'est pas nécessaire d'en parler : mais il ne sera pas hors de pro])os de dire deux paroles des orneiuents «ju'on a mêles avec la comédie.

Le dessein était de donner un ballet aussi; et comme il n'y avait qu'un petit nombre choisi de danseurs excellents, on fut contramt de séparer les entrées de ce ballet, et l'avis fut de les jeter dans les entr'acles de la comédie, afin que ces intervalles donnassent temps aux mêmes baladins de rr venir sous d'autres habits; de sorte que, pour ne point rompre aussi le fJ de la pièce par ces manières d'inlermè-

vcrbe est ainsi employé activement. Les éditeurs de I(i82 sont les premiers qui aient altéré le texte en corrigeant cette faute, qui n'en était point mie à l'époque où Mohère écrivait-

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