PROLOGUE
he tliéâtre représente un jardin orné de termes et de plosieui-s jets d'eau.
UNE NAJLVDE, sortant des eaux dans une coquille.
Pour voir en ces beaux lieux le plus grand roi du monde ,
Mortels, je viens à vous de ma grotte profonde.
Faul-il, en sa faveur, que la terre ou que l'eau
Produisent à vos yeux un spectacle nouveau ?
Qu'il parle ou qu'il souhaite, il n'est rien d'impossible.
Lui-même o'est-il pas un miracle visible?
Son règne , si fertile en miracles divers ,
N'en demande-t-il pas à tout cet univers?
Jeune , victorieux , sage , vaillant , auguste ,
Aussi doux que sévère , aussi puissant que juste ;
Régler et ses états et ses propres désirs ;
Joindre aux nobles travaux les plus nobles plaisirs ;
En ses justes projets jamais ne se méprendre ;
Agir incessamment , tout voir et tout entendre ,
Qui peut cela peut tout : il n'a qu'à tout oser.
Et le ciel à ses vœux ne peut rien refuser.
Ces termes marcheront , et, si Louis l'ordonne.
Ces arbres parleront mieux que ceux de Dodone.
Hôtesses de leurs troncs, moindres divinités.
C'est Lous qui le veut, sortez. Nymphes , sortez ;
Je vous montre l'exemple , il s'agit de lui plaire.
Quittez pour quelque temps votre forme ordinaire ,
Et paraissons ensemble au.x yeux des spectateurs ,
Pour ce nouveau théâtre , autant de vrais acteurs.
Plusieurs Dryades, accompagnées de Faunes et de Satyres, sortent des arbres et des termes.
' On voit, par ce passage, que Molière est l'inventeur de la comédie-ballet , et que les Fâcheux eu sont le premier exemple. (A.)
■ Celle agréalile Naïade était la Béjarl, que MoUére épousa peu de temps après.
Vous, soin de ses sqjets, sa plus charmante étude. Héroïque souci , royale inquiétude.
Laissez-le respirer, et souffrez qu'un moment Son grand cœur s'abandonne au divertissement : Vous le verrez demain , d'une force nouvelle , Sous le fardeau pénible oii votie voix l'appelle , Faire obéir les lois , partager les bienfaits , Par ses propres conseils prévenir nos souhaits. Maintenir l'univers dans une paix profonde , Et s'oter le repos pour le donner au monde. Qu'aujourd'hui tout lui plaise , et semble consentir A l'unique dessem de le bien divertir ! Fâcheux, retirez-vous, ou, s'il faulqall vous voie. Que ce soit seulement pour exciter sa joie.
La Naïade emmène avec elle, pour la comédie , une partie des gens qu'elle a fait paraître, pendant que le reste se meta danser au son des hautbois, qui se joignent uujc violons.
PERSOÎSNAGES. Acteues.
DAJIIS , tuteur d'Orphise. LT.SPY.
ORPHISE. MUe Molière.
ErASTE, amoureux d'Orphise. Molière.
ALCIDOR,
Ll-SA^DRE . 1 La Grange.
ALCANDRE
ALCIPPE
ORA>TE
CLnrÈNE,
DOR.\NTE ,
CARITIDÈS,
ORMIN,
FILINTE,
LA MONTAGNE, valet d'Eraste
L'ÉPINE , valet de Damis.
LA RTNTÈRE, et deux autres valets d'Eraste.
t fâcheux.
Mlle DCPABC Mlle DE Brie.