‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 272 sur 1284 · LES FACHEUX · texte numérisé non relu

LES FACHEUX

C'est Dainis , le tuteur de celle que j'adore, Qui rompt ce qu'à mes vœux elle donne d'espoir, Kt fait qu'en sa présence elle n'ose me voir. Je crains d'avoir déjà passé l'heure promise. Et c'est dans cette allée oiî devait être Orphise.

LA MOJiTAGNE.

L'heure d'un rendez-vous d'ordinaire s'étend , Et n'est pas resserrée aux bornes d'un instant.

ÉRASTE

II est vrai ; mais je tremble, et mon amour extrême D'un rien se fait un crime envers celle que j'aime.

LA MONTAGNE

Si ce parfait amour, que vous prouvez si bien, Se fait vers votre objet un grand crime de rien , Ce que son cœur pour vous sent de feux légitimes , En revanche, lui fait un rien de tous vos crimes.

ÉKASTE.

Mais , tout de bon , crois-tu que je sois d'elle aimé.'

LA MONTAGNE

Quoi ! vous doutez encor d'un amour confirmé.'

ÉBASTE.

Ah ! c'est malaisément qu'en pareille matière Un cœur bien enflammé prend assurance entière ; Il craint de se flatter ; et dans ses divers soins , Ce que plus il souhaite est ce qu'il croit le moins. Mais songeons à trouver une beauté si rare.

LA MONTAGNE

Monsieur, votre rabat par devant se sépare.

ÉRASTE

N'importe.

LA MONTAGNE

Laissez-moi rajuster, s'il vous plaît.

ÉRASTE

Ouf! tu m'étrangles ! fat , laisse-le comme il est.

LA MONTAGNE

Souffrez qu'on peigne un peu...

ÉRASTE

Sottise sans pareille!

Tu ni'asd'uncoupde dent presqueemporté l'oreille".

LA MONTAGNE

Vos canons...

Laisse-les , tu prends trop de souci.

LA MONTAGNE

Ils sont tout cliiffonnés.

ÉRASTE

Je veux qu'ils soient ainsi.

LA MONTAGNE

Aceordez-moi du moins, par grâce singulière,

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