LES FACHEUX
C'est Dainis , le tuteur de celle que j'adore, Qui rompt ce qu'à mes vœux elle donne d'espoir, Kt fait qu'en sa présence elle n'ose me voir. Je crains d'avoir déjà passé l'heure promise. Et c'est dans cette allée oiî devait être Orphise.
LA MOJiTAGNE.
L'heure d'un rendez-vous d'ordinaire s'étend , Et n'est pas resserrée aux bornes d'un instant.
ÉRASTE
II est vrai ; mais je tremble, et mon amour extrême D'un rien se fait un crime envers celle que j'aime.
LA MONTAGNE
Si ce parfait amour, que vous prouvez si bien, Se fait vers votre objet un grand crime de rien , Ce que son cœur pour vous sent de feux légitimes , En revanche, lui fait un rien de tous vos crimes.
ÉKASTE.
Mais , tout de bon , crois-tu que je sois d'elle aimé.'
LA MONTAGNE
Quoi ! vous doutez encor d'un amour confirmé.'
ÉBASTE.
Ah ! c'est malaisément qu'en pareille matière Un cœur bien enflammé prend assurance entière ; Il craint de se flatter ; et dans ses divers soins , Ce que plus il souhaite est ce qu'il croit le moins. Mais songeons à trouver une beauté si rare.
LA MONTAGNE
Monsieur, votre rabat par devant se sépare.
ÉRASTE
N'importe.
LA MONTAGNE
Laissez-moi rajuster, s'il vous plaît.
ÉRASTE
Ouf! tu m'étrangles ! fat , laisse-le comme il est.
LA MONTAGNE
Souffrez qu'on peigne un peu...
ÉRASTE
Sottise sans pareille!
Tu ni'asd'uncoupde dent presqueemporté l'oreille".
LA MONTAGNE
Vos canons...
Laisse-les , tu prends trop de souci.
LA MONTAGNE
Ils sont tout cliiffonnés.
ÉRASTE
Je veux qu'ils soient ainsi.
LA MONTAGNE
Aceordez-moi du moins, par grâce singulière,