‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 458 sur 1284 · LA PRINCESSE, IPHITAS, EURYALE, AGLANTE, CYNTHIE, MORON · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE, IPHITAS, EURYALE, AGLANTE, CYNTHIE, MORON

O ciel ! que vois-je ici ?

IPHITAS, à Euryale.

Oui, l'honneur de votre alliance m'est d'un prix très-considérable, et je souscris aisément de tous mes suffrages à la demande que vous me faites. LA PRINCESSE , à Iphitas.

Seigneur, je me jette à vos pieds pour vous demander une grâce. Vous m'avez toujours témoigné une tendresse extrême, et je crois vous devoir bien plus par les bontés que vous m'avez fait voir , que par le jour que vous m'avez donné. Mais , si jamais vous avez eu de l'amitié pour moi , je vous en demande aujourd'hui la plus sensible preuve que vous me puissiez accorder : c'est de n'écouter point , seigneur , la demande de ce prince , et de ne pas souffrir que la princesse Aglante soit unie avec lui.

' Expression proverbiale , pour s'enfuir, ([uitter uu lieu à la

hite. ( RlCHELET. )

IPHITAS.

Et par quelle raison, ma fille, voudrais-tu t'opposer à cette union ?

LA PRINCESSE

Par la raison que je hais ce prince , et ^ue je veux , si je puis , traverser ses desseins.

IPHITAS.

Tu le hais , ma fille !

LA PRINCESSE

Oui , de tout mon cœur, je vous l'avoue.

IPHITAS.

Et que t'a-t-il fait ?

LA PRINCESSE

11 m'a méprisée.

IPHITAS.

Et comment ?

LA PRINCESSE

Il ne m'a pas trouvée assez bien faite pour m'adresser ses vœux.

IPHITAS.

Et quelle offense te fait cela? Tu ne veux accepter personne.

LA PRINCESSE

N'importe. Il me devait aimer comme les autres, et me laisser au moins la gloire de le refuser. Sa déclaration me fait un affront ; et ce m'est une honte sensible qu'à mes yeux , et au milieu de votre cour, il a recherché une autre que moi.

IPHITAS.

Mais quel intérêt dois-tu prendre à lui ?

LA PRINCESSE

J'en prends , seigneur , à me venger de son mépris ; et, comme je sais bien qu'il aime Aglante avec beaucoup d'ardeur, je veux empêcher, s'il vous plaît, qu'il ne soit heureux avec elle.

IPHITAS.

Cela te tient donc bien au cœur?

Oui , seigneur, sans doute ; et, s'il obtient ce qu'il demande, vous me verrez expirer à vos yeux.

IPHITAS.

Va, va, ma fille , avoue franchement la chose. Le mérite de ce prince t'a fait ouvrir les yeux , et tu l'aimes enfin , quoi que tu puisses dire.

LA PRINCESSE

Moi , seigneur?

IPHITAS.

Oui , tu l'aimes.

LA PRINCESSE

Je l'aime , dites-vous ? et vous m'imputez cette lâcheté ! O ciel ! quelle est mon infortune ! Puis-je bien, sans mourir, entendre ces paroles? Et faut-il que ji; sois si malheureuse, qu'on me soupçonne de l'aimer ? Ah! si c'était un autre que vous, seigneur , qui m*

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