‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 610 sur 1284 · LE MÉDECIN MALGRE LUI, ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN MALGRE LUI, ACTE II, SCÈNE VII

OEUOiVTE.

Al» ! que ii'ai-je étudié!

JACQUELINE

L'habile homme que v"là !

LUCAS

Oui , ça est si biau que je n'y entends goutte.

SGANABELLE.

Or ces vapeurs dont je vous parle venant à passer, du côté gauche où est le foie, au côté droit où est le creur, il se trouve que le poumon , que nous appelons en latin armyan, ayant communication avec le cerveau , que nous nommons en grec nasmus , par le moyen de la veine cave, que nous appelons en hébreu cuhile • , rencontre en son clicmin lesdites vapeurs qui remplissent les ventricules de l'omoplate; et parce que lesdites vapeurs... comprenez bien ce raisonnement, je vous prie... et parce que lesdites vapeurs ont certaine malignité... écoutez bien ceci, je vous conjure.

GÉRONTE

SOANARELLE.

Ont une certaine malignité qui est causée... soyez attentif, s'il vous plaît.

OÉBONTE.

Je le suis.

SGANABELLE.

Qui est causée par l'âcreté des humeurs engendrées dans la concavité du diaphragme, il arrive que ces vapeurs. . . Ossabandus^ nequeis, nequei-, potarin um , qnipsa «n'fas'.Voilà justement ce qui fait que votre tille est muette.

JACQUELINE

Ah ! que ça est bian dit , notre homme !

LUCAS

Que n'ai-jc la langue aussi bian pendue!

GÉRONTE

On ne peut pas mieux raisonner, sans doute. Il n'y a qu'une seule chose qui m'a choqué : c'est l'endroit du foie et du cœur. 11 me semble que vous les placez autrement qu'ils ne sont; que le cœur est du côté gauche, et le foie du côté droit.

SGANABELLE.

Oui, cela était autrefois ainsi : mais nous avons changé tout cela , et nous faisons maintenant la médecine d'une méthode toute nouvelle.

' /^rniyntt n'est ir.iucunelanpuc ; «rK»iHS non plus. Quanta ci(!ii7i;, iiiothibrpu.suiiant SsanarfUc, il est latin, clsiRnilie lit ou Imiière. ( A. )

» Voilà encore six moti forgés qui ne sont pa.s tous de l'invenlion de Molière : ou trouve 1rs trois premiers dans la Siciir, comédie de Rotrou, où ils sont écrits de cetti' manière, itssnsiindu, iicquei , nrqiict. Dans ta Saur, ils sont donnés pour mots lures; ils ne sont pas plus turcs fiue latins. ( A. )

GBBONTE.

C'est ce que je ne savais pas , et je vous demande pardon de mon ignorance.

SGANABELLE.

Il n'y a pas de mal ; et vous n'êtes pas obligé d'être aussi habile que nous.

GÉRONTE

Assurément. Mais, monsieur, que croyez-vous qu'il faille faire à cette maladie ?

SGANABELLE.

Ce que je crois qu'il faille faire?

GÉRONTE

Oui.

SGANABELLE.

Mon avis est qu'on la reinette sur son lit , et qu'on lui fasse [irendre pour remède quantité de pain trempé dans du vin.

GÉRONTE

Pourquoi cela, monsieur?

SGANABELLE.

Parce qu'il y a dans le vin et le pain , mêlés ensemble, une vertu sympathique qui fait parler. Ke voyezvous pas bien qu'on ne donne autre chose aux perroquets, et qu'ils apprennent à parler en mangeant de cela ?

GÉRONTE

Cela est vrai. Ah! le grand homme! Vite, quantité de pain et de vin.

SGANABELLE.

.le reviendrai voir sur le soir en quel état elle sera.

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