‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 721 sur 1284 · ORGON, MADAME J'EUNELLE, ELMIRE · texte numérisé non relu

ORGON, MADAME J'EUNELLE, ELMIRE

MARIAKE, CLÉ.VNTE, DAMIS,

DORLNE, M. LOYAL.

.M. i.ovAL, à Dorine, dans lefonddu théâtre. Bonjour, ma ehèresœur; faites, je vous supplie, Que je parle à monsieur.

DORINE

Il est en compagnie, Et je doute qu'il puisse à présent voir quelqu'un.

M. LOYAL

Je ne suis pas pour être en ces lieu,x importun. Mon abord n'aura rien , je crois , qui lui déplaise ; Et je viens pour un fait dont il sera bien aise.

DOBINE.

Votre nom ?

M. LOVAL.

Dites-lui seulement que je vien De la part de monsieur Tartuffe , pour son bien.

DORINE , à Orgon.

C'est un homme qui vient , avec douce manière. De la part de monsieur Tartuffe, pour affaire Dont vous serez , dit-il , bien aise.

CLÉANIE, à Orgon.

Il vous faut voir Ce que c'est que cet homme , et ce qu'il peut vouloir.

ORGON , à Cléante.

Pour nous raccommoder il vient ici peut-être : Quels sentiments aurai-je à lui faire paraître?

CLÉANTE

Votre ressentiment ne doit point éclater ; Et s'il parle d'accord , il le faut écouter.

M. LOYAL, à Orgon.

Salut, monsieur! Le ciel perde qui vous veut nuire. Et vous soit favorable autant que je désire!

OBGON, bas, à Cléante.

Ce doux début s'accorde avec mon jugement, Et présage déjà quelque accommodement.

M. LOYAL

Toute votre maison m'a toujours été chère. Et j'étais serviteur de monsieur votre père.

ORGON

Monsieur, j'ai grande honte et demande pardon D'être sans vous connaître ou savoir votre nom.

M. LOYAL

le m'appelle Loyal , natif de Normandie,

Et suis huissier à verge, en dépit de l'envie.

J'ai , depuis quarante ans, grâce au ciel , le bonheur

D'en exercer la charge avec beaucoup d'honneur; Et je vous viens , monsieur, avec votre licence , Signifier l'exploit de certaine ordonnance...

OBGO.N.

Quoi! vous êtes ici...

M. LOYAL

Monsieur, sans passion.

Ce n'est rien seulement qu'une sommation , Un ordre de vider d'ici , vous et les vôtres , Mettre vos meubles hors, et faire place à d'autres , Sans délai ni remise, ainsi que besoin est.

ORGON

Moi ! sortir de céans ?

M. LOYAL

Oui , monsieur, s'il vous plaît.

La maison à présent , comme savez de reste , Au bon monsieur Tartuffe appartient sans conteste. De vos biens désormais il est maître et seigneur. En vertu d'un contrat duquel je suis porteur. H est en bonne forme, et l'on n'y peut rien dire.

DAMIS, à V. Loyal.

Certes, cette impudence est grande, et je l'admire!

M. LOYAL, a Damis.

Monsieur, je ne dois point avoir affaire h vous ;

[montrant Orgon.) C'est à monsieur; il est et raisonnable et doux, Et d'un homme de bien il sait trop bien l'office, Pour se vouloir du tout opposer à justice.

OBGON.

Mais...

M. LOYAL

Oui , monsieur, je sais que pour un million Vous ne voudriez pas faire rébellion , Et que vous souffrirez en honnête personne Que j'exécute ici les ordres qu'on me donne.

Vous pourriez bien ici sur votre noir jupon. Monsieur l'huissier à verge, attirer le bâton.

M. LOYAL, o Orgon.

Faites que votre fds se taise ou se retire, .Monsieur. J'aurais regret d'être obligé d'écrire. Et de vous voir couché dans mon procès-verbal.

DOBIXE, à part.

Ce monsieur Loyal porte un air bien déloyal.

M. LOYAL

Pour tous les gens de bien j'ai de grandes tendresses,

Et ne me suis voulu , monsieur, charger des pièces

Que pour vous obliger et vous faire plaisir;

Que pour ôter par là le moyen d'en choisir

Qui , n'ayant pas pour vous le zèle qui me pousse

Auraient pu procéder d'une façon moins douce.

OBGON.

Et que peut-on de pis que d'ordonner aux gens De sortir de chez eux.'

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