‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 891 sur 1284 · PREMIER MÉDECIN, SBRIGANI · texte numérisé non relu

PREMIER MÉDECIN, SBRIGANI

PBEMIEB MÉDECIN.

Il a forcé tous les obstacles que j'avais mis , et s'est dérobé aux remèdes que je commençais de lui faire.

SBBIGANI.

C'est être bien ennemi de soi-même , que de fuir des remèdes aussi salutaires que les vôtres.

PBEMIEK MÉDECIN.

Marque d'un cerveau démonté, et d'une raison dépravée, que de ne vouloir pas guérir.

SBBIGANI.

Vous l'auriez guéri haut la main.

PREMIEB MÉDECIN.

Sans doute , quand il y aurait eu complication de douze maladies.

SBRIGANI

Cependant voilà cinquante pistoles bien acquises qu'il vous fait perdre.

PBEMIEB MÉDECIN.

Moi, je n'entends point les perdre, et prétends le guérir en dépit qu'il en ait. Il est lié et engagé à mes remèdes, et je veux le faire saisir oîi je le trouverai , comme déserteur de la médecine et infracteur de mes ordonnances.

SBBIGANI.

Vous avez raison. Vos remèdes étaient un coup sûr, et c'est de l'argent qu'il vous vole.

PBEMIEB MÉDECIN.

OÙ puis-je en avoir des nouvelles ?

Chez le bonhomme Oronte, assurément, dont il vient épouser la fille, et qui, ne sachant rien de l'infirmité de son gendre futur, voudra peut-être se liâter de conclure le mariage.

PBEMIEB MÉDECIN.

Je vais lui parler tout à l'heure.

SBBIOANI.

Vous ne ferez point mal.

PBEMIEB MÉDECIN.

Il est hypothéqué à mes consultations , et un malade ne se moquera pas d'un médecin.

SBBIGANI.

C'est fort bien dit à vous ; et , si vous m'en croyez , vous ne souffrirez point qu'il se marie que vous ne l'ayez pansé tout votre soûl.

PBEMIEB MÉDECIW.

Laissez-moi faire.

SBBIGANI , rt part, en s'en allant.

Je vais , de mon côté , dresser une autre batterie ; et le beau-père est aussi dupe que le gendre.

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