‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 2 sur 593 · SCÈNE I. - VALÈRE, ÉLISE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. - VALÈRE, ÉLISE

VALÙRE.

Hé quoi! charmanle Élise, vous devenez mélancolique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre foi ! Je vous vois soupirer, hélas ! au milieu de ma joie! Est-ce du regret, dites-moi, de m’avoir fait heureux? et vous repentez-vous de cet engagement où mes feux ont pu vous contraindre?

ÉLISE

Non, Valère, je ne puis pas me repentir de tout ce que je fais pour vous. Je m’y sens entraîner par une trop douce puissance, et je n’ai pas même la force de souhaiter que les choses ne fussent pas. Mais, à vous dire vrai, le succès me donne de l’inquiétude ; et je crains fort de vous amier un peu plus que je ne devrois.

VALÈRE

Hé ! que pouvez-vous craindre , Élise, dans les bontés que vous avez pour moi?

ÉLISE

Hélas ! cent choses à la fois : l’emportement d’un père , les reproches d’une famille, les censures du monde; mais plus que tout, Valère, le changement de votre co'ur, et cotte froideur criminelle dont ceux de votre sexe paient le plus souvent les témoignages trop ardents d’une innocente amour.

VALÈRE

.Ah! ne me faites pas ce tort, déjuger de moi par les aulres! Soupçonnez-moi de tout. Élise, plulôt que de man- (pier à ce que je vous dois. Je vous aime trop |xnir cela , et mon amour pour vous durera autant que ma vie.

ÉLISE

Ah! Valère, chacun lient les mêmes discours! Tous les hommes sont semblables par les paroles; et ce n’est que les aciions <|ui les découvrent différents.

VALÈRE

Puisque les seules nclious font counoître ce que nous

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