‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 298 sur 593 · SCÈNE II. - PSYCHÉ, AGLAURE, CIDIPPE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. - PSYCHÉ, AGLAURE, CIDIPPE

Suivez le roi, mes sœurs : vous essuierez ses larmes ,

Vous adoucirez ses douleurs ;

Et vous l’accableriez d’alarmes,

Si vous vous exposiez encore à mes malheurs.

Conservez-lui ce qui lui reste ;

Le serpent que j’attends peut vous être funeste ,

Vous envelopper dans mon sort.

Et me porter en vous une seconde mort.

Le ciel m’a seule condamnée A son haleine empoisonnée ;

Rien ne sauroit me secourir ;

Et je n’ai pas besoin d’exemple pour mourir*.

AGLAÜRE,

Ne nous enviez pas ce cruel avantage ,

De confondre nos pleurs avec vos déplaisirs ,

De mêler nos soupirs à vos derniers soupirs :

D’une tendre amitié souffrez ce dernier gage.

PSYCHÉ

C’est vous perdre inutilement.

CIDIPPE.

C’est en votre faveur espérer un miracle ,

Ou vous accompagner jusques au monument.

Que peut-on se promettre après un tel oracle?

AGLAURE

Un oracle jamais n’est sans obscurité :

On l’entend d’autant moins, que mieux on croit l’entendre®; Et peut-être, après tout, n’en devez-vous attendre Que gloire et que félicité.

Laissez-nous voir, ma sœur, par une digne issue.

Cette frayeur mortelle heureusement dé^ue ,

Ou mourir du moins avec vous ,

Si le ciel à nos vœux ne se montre plus doux.

' Quand on ne sérail pas averti par nne noie que Corneille vient de prendre la plume, il semble que ce vers,

El je n'ai pas besoin d’exemple pour mourir,

aunirail pour décolcr sa main. (Auger.)

• Co vers et le precedent se trouvent dans Uoraet, acte 111, scene Ht.

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