ACTE II, SCÈNE III
PSYCHÉ
Ma sœur , écoutez mieux la voix de la nature ,
Qui vous appelle auprès du roi.
Vous m’aimez trop ; le devoir en murmure ;
Vous en savez l’indispensable loi.
Un père vous doit être encor plus cher que moi. Rendez-vous toutes deux l’appui de sa vieillesse ;
Vous lui devez chacune un gendre et des neveux ;
Mille rois, à l’envi, vous gardent leur tendresse;
Mille rois, à l’envi, vous offriront leurs vœux.
L’oracle me veut seule ; et seule aussi je veux Mourir, si je puis, sans foiblesse.
Ou ne vous avoir pas pour témoins toutes deux De ce que, malgré moi, la nature m’en laisse-.
AGLAÜRE.
Partager vos malheurs, c’est vous importuner.
CIDIPPE.
J’ose dire un peu plus, ma sœur, c’est vous déplaire.
PSYCHÉ
Nou ; mais enfin c’est me gêner.
Et peut-être du ciel redoubler la colère.
AGLACUE.
Vous le voulez, et nous partons,.
Daigne ce même ciel, plus juste et moins sévère.
Vous envoyer le sort que nous vous souhaitons.
Et que notre amitié sincère.
En dépit de l’oracle et malgré vous, espère.
PSYCHÉ
Adieu. C’est un espoir, ma sœur, et des souhaits Qu’aucun des dieux ne remplira jamais.