‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 300 sur 593 · SCÈNE 111. - PSYCHÉ, soûle · texte numérisé non relu

SCÈNE 111. - PSYCHÉ, soûle

Enfin, seule et toute à moi-même.

Je puis envisager cet affreux changement Qui , du haut d’une gloire extrême ,

-Me précipite au monument.

Cette gloire étoit sans seconde ;

L’éclat s’en répandoit jusqu’aux deux bouts du monde. Tout ce qu’il a de rois scmbloient faits pour m’aimer ; Tous leurs sujets, me prenant pour déesse, ni.

PSYCHÉ

Commençoient à m’accoutumer

Aux encens qu’ils m’offroient sans cesse;

Leurs soupirs me suivoient, sans qu’il m’en coûtât rien Mon ame restoit libre en captivant tant d’ames;

Et j’étois, parmi tant de flammes,

Reine de tous les coeurs et maîtresse du mien *.

O ciel ! m’auriez-vous fait un crime De cette insensibilité ?

Déployez-vous sur moi tant de sévérité,

Pour n’avoir à leurs vœux rendu que de l’estime?

Si vous m’imposiez cette loi ,

Qu’il fallût faire un choix pour ne pas vous déplaire. Puisque je ne pouvois le faire,.

Que ne le faisiez-vous pour moi?

Que ne m’inspiriez-vous ce qu’inspire à tant d’autres Le mérite, l’amour, et... Mais que vois-je ici?

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