‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 305 sur 593 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

Aux yeux qui m’imposent des lois,

J’ai pris la forme que tu vois.

ZÉPHYRE

En tout vous êtes un grand maiire;

C’est ici que je le connois.

Sous des déguisements de diverse naluro,

On a vu les dieux amoureux Chercher à soulager cette douce blessure Que reçoivent les cœurs de vos traits pleins de feux ; Mais en hon sens vous l’emportez sur eux ;

Et voilà la bonne figure Pour avoir uii succès heureux Prés de l’aimable sexe où l’on porte ses vœux.

Oui, de ces formes-là l’assistance est bien forte;

Et, sans parler ni de rang ni d’esprit,

Qui peut trouver moyen d’être fait de la sorte Ne soupire guère à crédit.

i/amodr.

J’ai résolu, mon cher Zéphyre,

De demeurer ainsi toujoui’s ;

Et l’on ne peut le trouver à redire

A l’aîné de tous les Amours. ,

Il est temps do sortir de cette longue enfance Qui fatigue ma patience;

Il est temps désormais que je devienne grand.

ZÉPHYRE

Port bien. Vous ne pouvez mieux faire;

Et vous entrez dans un mystère Qui ne demande rien d’enfant.

. L’.MIOtR.

Ce changement, sans doute, irritera ma mère.

ZLPIIYRE.

Je prévois là-dessus quelque peu de colère.

Bien que les disputes des ans Ne doivent point régner parmi les immortelles,

Votre mère Vénus est de l’humeur des belles, ’

Qui n’aiment point de grands enfants.

^ Mais où je la trouve oulragée.

C’est dans le procédé que l’on vous voit tenir;

Et c’est l’avoir étrangement vengée.

Que d’aimer la beauté qu’elle vouloit punir!

PSYCHE

Cette haine où ses vœux prétendent que réponde Ca puissance d’un fils que redoutent les dieux...

l’amouh.

Laissons cela, Zéphyre, et me dis si tes yeux Ne trouvent pas Psyché la plus belle du monde. Est-il rien sur la terre, est-il rien dans les deux Qui puisse lui ravir le titre p[lorieux De beauté sans seconde?

Mais je la vois, mon cher Zéphyre,

Qui demeure surprise à l’éclat de ces lieux.

ZÉl’HYRE.

Vous pouvez vous montrer pour finir son martyre. Lui découvrir son destin glorieux.

Et vous dire, entre vous, tout ce que peuvent dire Les soupirs, la bouche et les jeux.

Eu confident discret, je sais ce qu’il faut faire Pour ne pas interrompre un amoureux mystère L

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