ACTE IV, SCÈNE IV
Vos volontés sont satisfaites ;
Vous avez su qui vous aimiez;
Vous connoissez l’amant que vous charmiez;
Psyché , voyez où vous en êtes.
Vous me forcez vous-même à vous quitter ;
Vous me forcez vous-même à vous ôter Tout l’effet de votre victoire.
Peut-être vos beaux yeux ne me reverront plus.
Ce palais , ces jardins , avec moi disparus ,
Vont faire évanouir votre naissante gloire.
Vous n’avez pas voulu m’en croire ;
Et, pour tout fruit de ce doute éclairci,
Le Deslin, sous qui le ciel tremble,
Plus fort que mou amour, que tous les dieux ensemble , Vous va montrer sa haine, et me chasse d’ici.
L’Amour disparoît; et dans l’instant qu’il s’envole, le superbe jardin s’évanouit ; Psyché demeure seule au milieu d’une vaste campagne, et sur le bord sauvage d’un grand fleuve où elle veut se précipiter. Le dieu du fleuve paroît assis sur un amas de joncs et de roseaux, et appuyé sur une grande urne d’ou sort une grosse source d’eau.