acte II, SCÈNE VIII
luros. Il vous en faudra pour le rapport des substituts, pour les épices de conclusion ‘, pour renrogistrement du greffier, façon d’appointement, sentences et arrêts, contrôles, signatures et expéditions de leurs clercs , sans parler de tous les présents qu’il vous faudra faire. Donnez cet argent-la a cet honime-ci, vous voilà hors d’affaire.
An G ANTE.
Comment! deux cents pistolcs !
SCAPIN
Oui. Vous y gagnerez-. .l’ai fait un petit calcul, en moimême, de tous les frais de la justice ; et j’ai trouvé qu’en donnant deux cents pistoles à votre homme vous en aurez de reste , pour le moins, cent cinquante , sans compter les soins, les pas et les chagrins que \ous vous épargnerez. Quand il n’y auroit à essuyer que les sottises que disent devant tout le monde de méchants plaisants d avocats, j aimerois mieux donner trois cents pistoles que de plaider.
ARGANTE
Je me moque de cela, et je défie les avocats de rien diie de moi.
SCAPlN.
Vous ferez ce qu’il vous plaira; mais, si j élois que de vous, je fuirois les procès.
ARGANTE
Je ne donnerai point deux cents pistoles.
SCAPIN
Voici l’homme dont il s’agit 2
' Anciennement, les plaideurs donnaient aux juges des dragées cl des coi.liturcs, pour les remercier do gam d’un procès; cl cela s’appelait des e/>icW) parce fiu'avant la découverte des Indes on employait, dans ces friandise?, les epiccs au lien de sucre; les épices du palais, (|ui n'éuicnl d abord qu un présent volontaire, devinrent par la suite une %érilable taxe qui se payait en aigcni, cl n’en conservait pas moios le nom iVcpices. . lAuger.)
’ Le fond de celle scène appartient à Tcrcnce. Dans sa pièce, le parasite, faisant le calcul «le ce qu'il lui fallait d’urgent, a dcmautlc d abord dix mines pour dégager une petite terre, puis dix antres mine? pour dégager une pente maison, puis encore dix antres mines pour aclicier une petite esclave i\ sa femme, pour se procurer querqucsTîetifs meubles, et pour payer les frais de la noce. On reconnaU tout le sujet, toute la marche de la scène française. (Auger.)
LES FOURBERIES DE SCAPIN