‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 375 sur 593 · SCÈNE IX. — AllGANTE, 'SCAPIN, SYLVESTRE, déguisé · texte numérisé non relu

SCÈNE IX. — AllGANTE, 'SCAPIN, SYLVESTRE, déguisé

spadassin.

SYLVESTRE

Scapin, faites-moi connoître un peu cet Argante qui est père d’Octave.

SCAPIN

Pourquoi, monsieur ?

SYLVESTRE

Je viens d’apprendre qu’il veut memiettre en procès, et faire rompre par justice le mariage de ma sœur.

^ SCAPIN

Je ne sais pas s’il a celle pensée; mais il ne veut point consentir aux deux cents pistoles que vous voulez; et il dit que c’est trop.

SYLVESTRE

Par la mort! par la tête! par le ventre! si je le trouve, je le veux échiner, dussé-je être roué tout vif.

(Arganle, pour n’èlrc point vu, se tient en tremblant derrière Scapin.)

SCAPm.

Monsieur, ce père d’Octave a du cœur, et peut-être ne vous craindra-t-il point.

SYLVESTRE

Lui, lui? Par le sang! par la tête! s’il éloit là, je lui donnerois tout à l’heure de l’épée dans le ventre. (Apercevant Argante.) Qui est cet homme-là ?

SCAPIN

Ce n’est pas lui, monsieur; ce n’est pas lui.

SYLVESTRE

N’est-ce point quelqu’un de ses amis?

SCAPIN

Non, monsieur; au contraire, c’est sou ennemi capital.

SYLVESTRE

Son ennemi capital ?

SCAPIN

Oui.

SYLVESTRE

Ah ! parbleu, j’en suis ravi. (A Argante.) Vous êtes ennemi, monsieur, de ce faquin d’ Arganle? Hé?

SCAPIN

Oui, oui ; je vous en réponds.

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