‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 385 sur 593 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

SCAPIN

Vous vous niocjucz! la Iranquillilé en auiour est un calme désagréable. Un bonheur tout uni nous devient ennuyeux ; il faut du haut et du bas dans la vie; et les difficultés qui se mcleut aux choses réveillent les ardeurs, augmentent les plaisirs.

ZEUBINETTE.

Mou Dieu , Scapin , fais-nous un peu ce récit , qu’on m’a dit qui est si plaisant, du stratagème dont tu t’es avisé pour tirer de l’argent de ton vieillard avare. Tu sais qu’on ne perd point sa peine lorsqu’on me fait un conte, et que je le paie assez bien, par la joie qu’on m’y voit prendre.

SCAPIN

Voilà Sylvestre, qui s’en acquittera aussi bien que moi. J’ai daus la tète certaine petite vengeance dont je vais goûter le plaisir.

SYLVESTRE

Pourquoi , de gaieté de cœur, veux-tu chercher à t’attirer de méchantes affaires?

SCAPIN

Je me plais à tenter des entreprises hasardeuses.

SYLVESTRE

Je te l’ai déjà dit, tu quitterais le dessein que tu as, si tu m’en voulois croire.

SCAPIN

Oui; mais c’est moi que j’en croirai.

SYLVESTRE

A quoi diable le vas-tu amuser?

SCAPIN

De quoi diable te mets-tu en peine?

SYLVESTRE

C’est que je vois que, sans nécessité, lu vas courir risque de t’attirer une venue de coups de bâton ‘.

SCAPIN

lié bien! c’est aux dépens de mon dos, et non pas du tien.

Il est vrai que tu es maître de tes épaules, et tu en disposeras comme il te plaira.

'i'eiiue, dans le sens de récollt, bonne récolte, parce que le grain de l’aniiéo C l bien verni. Nient, an mol renir, donne pour exemple : < Grande venue do Irrclirj et abondante, tonus pîoani(««. » [F. Gcuin.)

LES FOUHBERIES DE SCAPIN

SCAPIN

Ces soi les de périls ne m’ont jamais ai rêté; et je hais ceg cœurs pusillanimes qui , pour trop prévoir les suites des choses, n’osent rien entreprendre.

ZEKBINETTE , à Scapiii.

Nous aurons besoin de tes soins.

SCAPIN

Allez. Je vous irai bientôt rejoindre. Il ne sera pas dit (|n’impunément on m’ait mis en état de me trahir moimême, et de découvrir des secrets qu’il étoit bon qu’on ne sût pas.

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